Depuis 2018, le Green Gazelles Rugby Club, basé à Londres, tente de faire évoluer les valeurs du rugby, avec des joueurs et des joueuses entièrement végans. Leur volonté : mettre la lutte contre le changement climatique au coeur de la pratique.
« Ce qui me tarde, c’est de sentir l’odeur des merguez ! », disait Christophe Urios. Le manager de l’ASM Clermont serait déçu s’il se rendait au Green Gazelles Rugby Club, club de rugby basé à Londres, et dont les joueuses et joueurs sont toutes et tous végans. Depuis 2018, l’organisation fondée par Amy et Brendon Bale réunie des sportif(ve)s « de toutes nationalités et genres », s’unissant tou(te)s autour du ballon ovale et de la lutte contre le changement climatique.
Complètement végans, les joueur(se)s sont autant amateur(e)s que professionnel(le)s. Sur leurs différentes plateformes sociales, des publications font la promotion de leur engagement pour la planète mais aussi de leur match caritatif. En 2024, avec plus de 250 athlètes et partenaires, les Green Gazelles s’opposaient à Richmond Rugby, faisant de la rencontre un évènement lucratif pour la lutte écologique. Sasha Acheson, internationale anglaise, et Mirco Bergamasco, ex-joueur international italien notamment passé par le Stade Français Paris, étaient ce jour-là les coachs des Green Gazelles.
Outre l’affrontement des deux équipes, un éco-village a été créé, avec des ateliers pour les petits et les grands, et un sommet « Sport et climat » a été organisé, animé par différent(e)s acteur(rice)s de la cause environnementale. Une deuxième édition est prévue dans le courant de l’année 2026. Des rugby(wo)men qui ne mangent pas de viande, ça parait assez antinomique, tant les habitudes et traditions semblent tenaces dans le rugby. Pourtant, l’intérêt est grand tant le bilan carbone d’un plat carné est important.
Pour la viande, un (très) mauvais bilan carbone
Au-delà des stades, c’est l’ensemble de la population française qui est “viandarde”. Les Français consomment plus de 45 kgs de viande par personne annuellement, selon une étude Statista de 2023, ce qui les place parmi les plus gros consommateurs de viande d’Europe et du monde. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), la consommation de viande rouge devrait augmenter de 50% d’ici à 2050. Pourtant, il est désormais clair que la consommation excessive de produits animaux se veut néfaste pour la santé environnementale : toujours selon l’OMS, la production de viande rouge et de lait contribue à 55% des gaz à effet de serre de l’agriculture mondiale, et 30% de la biodiversité de la flore et de la faune a été affectée par la déforestation liée à l’élevage des bovins.
Sans émettre de conclusion hâtive, l’OMS démontre le lien étroit entre consommation élevée de viande rouge ou transformée, et effets néfastes sur la planète et sur la santé des populations. Sans pour autant mettre en place un régime vegan aussi strict que les Green Gazelles, les politiques encourageant des pratiques agricoles plus respectueuses peuvent avoir de nombreux effets bénéfiques sur l’ensemble de la population mondiale, dont les animaux, et la planète.