Véritable ambassadeur de la transition écologique en milieu montagnard, Mountain Riders vient d’achever sa tournée des Rencontres Nationales Montagne Zéro Déchet par une étape pyrénéenne qui se tenait à Foix ce lundi 31 mars.
Bourg-Saint-Maurice, Gap puis Foix étaient les 3 étapes des Rencontres Nationales Montagne Zéro Déchet organisées par l’association Mountain Riders. Une occasion de réunir les acteurs clés du milieu montagnard (collectivités, Parc Naturels Régionaux, sociétés en charge de l’exploitation des domaines skiables, professionnels du tourisme…) pour insuffler une véritable dynamique autour de la préservation de nos sommets.
Entre bilan des actions 2024, témoignages et présentation de divers projets, ces événements ont pour objectif de mobiliser le maximum de structures pour créer la montagne de demain : propre, qui invite à l’émerveillement et accessible à tout les publics.
Des déchets sauvages en hausse en 2024
Zéro déchet sauvage d’ici 2030. C’est l’objectif ambitieux que s’est fixé Moutain Riders. Cette dynamique devait débuter par une réduction de 10 % des détritus sauvages ramassés en montagne en 2024. Malheureusement, lors des 38 ramassages organisés dans l’année et réellement comparables avec 2023, une hausse de 3,3 % de déchets collectés a été constatée. Elle est due aux volumineux issus principalement des déchets de chantiers.
Ces derniers font partie du peu honorifique Top 10 des déchets les plus retrouvés dans ces espaces naturels. En tête de classement, on retrouve les mégots de cigarettes, suivi des emballages alimentaires puis des fragments de plastique dur. Des ordures qui se retrouveront, à terme, dans les océans car comme le rappelle l’ONG Merterre, partenaire de Mountain Riders sur différents projets, 80 % de la pollution des mers et des océans provient des terres.
Sur les 82 ramassages organisés en 2024 dans les massifs français, ce sont 18 tonnes de déchets qui ont été collectées, soit 142 tonnes à l’année après extrapolation ! Bien entendu, gardons en tête qu’il y a de nombreuses disparités entre les territoires et que la prise de conscience est tout de même majoritaire.
Plusieurs programmes proposés pour préserver les montagnes
En plus de l’aide à l’organisation de ramassage de déchets, Mountain Riders a déployé une campagne de sensibilisation à destination du grand public, et notamment des pratiquants d’activités de pleine nature, mêlant message positif et valorisation des bons comportements, le tout avec un brin d’humour. Des kits de caractérisation des déchets pour mieux analyser et évaluer la pollution en montagne sont aussi déployés dans une quinzaine de territoires.
Dans la même lignée, le programme Adopt 1 Spot, une démarche de science collaborative, permet de réaliser le diagnostic de la pollution sauvage d’une zone restreinte et stratégique. Plus concrètement, les structures participantes s’engagent à réaliser 2 ramassages annuels avec caractérisation sur une même zone, avec le même nombre de personnes et aux mêmes dates, durant 3 années consécutives. S’ajoute à ces programmes la charte nationale Montagne Zéro Déchet qui compte déjà plus de 150 signataires et les plans d’actions qui en découlent. À noter que 11 plans d’actions-types existent, dont ceux à destination des domaines skiables alpins, des domaines nordiques et des écoles de ski.
Enfin, pour les destinations qui veulent s’inscrire dans une démarche durable et innovante, rappelons que Mountain Riders a développé le label Flocon Vert qui compte déjà 30 stations labellisées.
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Zéro déchet, avant le zéro voiture ?
Pour revenir aux Rencontres Nationales Montagne Zéro Déchet, coorganisées à Foix avec l’Agence des Pyrénées et ISTHIA (Université Toulouse Jean Jaurès) -, plusieurs initiatives très inspirantes ont été mises en avant à l’image de la sensibilisation aux écogestes à destination des randonneurs ou encore de la gestion des flux et déchets lors de l’étape 2024 du Tour de France, proposée par Cauterets.
Avec un objectif de réduction de 40 % de déchets d’ici 2026, Mountain Riders a donc mis la barre haute pour préserver les milieux montagnards. Mais dans ce contexte de dérèglement climatique, où la montagne est plus impactée que d’autres zones, il est urgent de se montrer ambitieux pour préserver ces espaces naturels. S’ajoute à cet objectif la nécessité de viser à court et moyen termes, notamment pour les touristes et pratiquants d’activités de pleine nature, une montagne « zéro voiture », qui ferait la part belle aux transports en commun et autres mobilités douces et partagées.