Dans le cadre de notre format “Inspire” et de son troisième numéro “2052”, Azaïs Perronin s’imagine un monde dans lequel les clubs de sport – et plus précisément de basket ici – s’adaptent et sont éco-gérés.
Dans la ville de Bléré, en région Centre, le dernier match de la saison débute avec la lumière du jour. Les U18 de Loches et de Saint-Cyr-sur-Loire font rebondir le ballon au sol, où se dessinent des ombres géométriques. Depuis la rénovation du gymnase municipal, les façades de béton ont disparu au profit de lames de bois qui filtrent les rayons du soleil et les projettent sur le parquet. Lorsque le soir s’installe, les LED prennent le relais, nourries par les panneaux solaires installés sur le toit. À l’heure du crépuscule, c’est aussi le moment idéal pour jouer : l’air circule dans les tribunes grâce à une ventilation repensée, offrant aux jeunes une température stable… du moins jusqu’à un certain point.
Nous ne sommes qu’au début du mois d’avril et le thermomètre franchit déjà les 30 degrés. Les joueurs multiplient les pauses d’hydratation, épongent leur visage et économisent leurs déplacements. Le printemps vient à peine d’arriver, et pourtant la saison touche à sa fin. Face aux vagues de chaleur de plus en plus précoces, la Fédération française de basket-ball a décidé d’allonger la trêve estivale. Un calendrier resserré, pensé pour préserver les organismes mais aussi encourager les jeunes à varier leurs pratiques. Hors saison, beaucoup se tournent vers la natation : un complément idéal pour travailler le cardio, la posture défensive et la stabilité en suspension.
Sur le terrain, le ballon rebondit avec la vivacité d’un neuf. Pourtant, c’est l’un des premiers prototypes de NOLT, l’entreprise spécialisée dans le recyclage d’équipements sportifs. Après des années de tests, l’équipementier a enfin réussi à concevoir des ballons performants à partir de matériaux récupérés. Désormais partenaire national de la FFBB, NOLT a imposé son modèle circulaire comme une évidence. Les vieux maillots deviennent des plots d’entraînement personnalisés : chaque objet porte la mémoire d’un club, d’une saison, d’un match. Un cercle vertueux qui semble presque banal tant il fait désormais partie du paysage. Les joueurs y ont été sensibilisés très tôt. Dans le livret “Mes années Minibasket”, entre l’apprentissage du double pas et les règles fondamentales, se glissent plusieurs pages consacrées à une pratique écoresponsable. Leurs entraîneurs, formés via les modules rénovés du DETB et du BPJEPS intégrant les enjeux climatiques, leur ont répété que protéger leur environnement, c’est protéger leur possibilité de jouer.
Au coup de sifflet final, certains cachent leur visage dans leur maillot, rongés par le regret, tandis que les vainqueurs attendent quelques secondes avant de laisser éclater leur joie. Car le score ne dit plus tout. Il intègre désormais les “points bonus sobriété”. Ce soir, l’équipe de Loches prend la tête : elle a brillé sur le terrain, mais elle s’est aussi déplacée avec un seul minibus électrique du comité, et 78 % de ses supporters ont utilisé l’application de covoiturage du club. La victoire n’est plus uniquement sportive. La performance ne se mesure plus seulement au score, mais peu à peu à la trace qu’on laisse derrière soi.







