ActualitésBonnes pratiquesCollectivitésFootball

Football : les pelouses en noyaux d’olives ont la cote !

Après la Ciotat en début d’année, c’est la ville de Guichen, en Bretagne, qui a opté pour une pelouse écoresponsable à base de noyaux d’olives. Cette formule 100% naturelle séduit de plus en plus de villes et de clubs en France.

L’idée peut paraitre saugrenue, mais ces terrains à base de noyaux d’olives offrent de sérieuses solutions aux problèmes écologiques et de santé que posent les pelouses artificielles à base de plastique.

En effet, le noyau d’olive présente de nombreux avantages : c’est un matériau complètement naturel, sans conséquence sur la santé, non polluant et qui procure aux joueurs des sensations plus proches d’un gazon naturel.

🎙I Interview I 📻Merci à Radio Laser pour ce reportage ! Notre radio locale toujours présente pour vous relayer l'info de votre ville 😉#Guichen #PontRéan #radiolaser #reportage #radiolocale

Posted by Ville de Guichen Pont-Réan on Wednesday, September 9, 2020

Le maire de Guichen (35) est déjà conquis : “C’est plus rassurant pour nous, pour le club et pour les parents. Parce que cette pelouse a été conçu pour l’école de football.” En toute transparence, la ville a même communiqué les contours financiers qui ont permis l’acquisition de ce terrain écoresponsable : 940.000€ ont été investis par la ville, dont 120.000€ pris en charge par l’État à travers une subvention. Ce qui a amené la Ligue de Football bretonne amateur à réfléchir à de nouvelles subventions à hauteur de 50.000€ pour des terrains plus respectueux de l’environnement.

Les résultats sont déjà probants puisque dans l’Ouest, d’autres devraient suivre, à l’image de Baud (Morbihan) qui doit inaugurer le sien dans quelques semaines ou encore de Cholet (Maine-et-Loire) !

La ville de Guichen a sollicité la société Sportingsols, spécialisée dans les terrains de sport, pour la pose de son nouveau terrain

Les pelouses à base de plastique trop dangereuses

En 2013, Amy Griffin, entraîneuse de foot dans des universités américaines avait lancé l’alerte après avoir constaté une augmentation de cancers chez des étudiants jouant sur terrains synthétiques à base de billes plastiques, notamment les gardiens qui sont plus souvent au sol.

Les ONG, réseaux sociaux et médias se sont par la suite chargé de relayer ces inquiétudes, amenant notamment l’ANSES (rapport publié en 2018), le magazine « Envoyé Spécial » diffusé sur France 2 le 22 février 2018 ou encore SoFoot (enquête réalisée en 2017) à s’interroger.

« Sur les cigarettes, il est écrit “fumer tue” : il faut faire pareil sur les synthétiques » Catherine Bassanit-Pillot, élue EELV à Nantes

Le rapport publié par l’ANSES faisait déjà part de “quelques incertitudes” quant à un risque pour la santé des pratiquants dans des lieux fermés ou des aires de jeu pour enfants. Un élément en particulier fait grincer des dents les experts : la teneur des granulés en HAP (hydrocarbures aromatiques polycycliques) qui sont des substances cancérogènes ont été détectées. S’il reste difficile de déterminer à quel niveau ces substances deviennent dangereuses, le risque est, selon ces experts, bien réel.

Les terrains synthétiques en billes de pneus recyclés en intérieur sont ceux qui présentent le plus de risques selon l’ANSES

Tensions et guerres de lobbys au plus haut niveau

Suite à ces enquêtes, Catherine Bassani-Pillot, élue municipale EELV déléguée à la santé environnementale à Nantes, a tenu à réagir. “Ces pelouses viennent d’industriels du pneu et de la chimie qui veulent recycler leurs produits. […] Ce sont des sociétés commerciales, ce n’est pas condamnable en soi bien sûr. […]  On espère remplacer ces terrains par des alternatives plus respectueuses.

Comme le relayait le journal l’Équipe récemment, l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) agit de son côté pour réduire considérablement les terrains synthétiques à base de plastique. L’ECHA a même proposé de les supprimer dès janvier 2019 mais s’est heurté à la ferme opposition de l’UEFA et des ligues espagnole et anglaise. L’UEFA s’inquiéterait “du nombre considérable de pratiquants qui seraient privés d’activités footballistiques, en particulier en Europe du Nord.”

Espérons que ces premiers exemples montreront à tous qu’il est possible de jouer au foot sur des pelouses respectueuses de l’environnement sans risquer sa santé !

Réagissez !

Bravo !
3
J'adore !
0
Wow !
0
Mouais...
1
Théo Fleurance
Contributeur pour Écolosport, je suis un grand passionné de sport et de ses valeurs. Fort de plusieurs expériences chez différents acteurs du monde du sport, je suis persuadé que la transition écologique est une formidable opportunité pour offrir un meilleur avenir au sport et à notre planète.

    Laisser un commentaire

    Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

    0 %