La saison 14 de Pékin Express touche à sa fin ce soir (sur M6 à 21h00). La finale sera suivie, comme chaque semaine, de l’émission Itinéraire Bis, dans laquelle les téléspectateurs retrouvent un duo iconique des dernières saisons : Fabrice et Briac. Binôme d’inconnus de la saison 12 en Amérique Latine, les deux aventuriers sont devenus inséparables et se sont lancés dans un tour de France des rencontres au profit de la Ligue contre le cancer. Pour Écolosport, ils évoquent leur action caritative, leur rapport à l’écologie et reviennent sur les moments marquants de leurs Pékin Express.

Fabrice, Briac, vous vous êtes lancés dans le Fabriactour, un tour de France des rencontres à vélo, pour la Ligue contre le cancer. Comment vous est venue cette idée ?

Briac : Nous avons eu l’idée de ce projet de A à Z. Notre réflexion a vraiment mûrie sur Itinéraire Bis, en Turquie. On s’est dit que nous voulions partir à la rencontre de nos abonnés, mettre un visage sur tous ces messages d’amitié, d’amour et de sympathie que nous recevons. Cela nous tenait à cœur de les rencontrer.

Fabrice : Briac m’a annoncé qu’il allait quitter son travail. Avec la Covid, je suis aussi à l’arrêt. On s’est dit que c’était l’occasion de partir sur les routes pour mettre un terme à cette belle aventure. Forcément il y aura une fin à tout. C’était maintenant ou jamais.

Briac : Le partenariat avec la Ligue contre le cancer, c’est parce que nous souhaitions ajouter une dimension associative à notre projet. Notre parole a un poids auprès des nombreux suiveurs de l’émission désormais. Lever des fonds pour cette belle cause était important pour nous, même si ce n’est pas une action qui va changer à elle seule le cours de la lutte contre le cancer. Mais, au moins, on va faire parler de la Ligue pendant 6 mois.

Fabrice : Comme le dit Briac, ce n’est pas tellement l’argent que l’on va récolter qui va le plus les aider. Ils manquaient cruellement de visibilité ces derniers mois. Avec la pandémie de coronavirus, la Ligue a pris un coup sur la tête, ils avaient besoin de sang neuf pour relancer la machine. Pédaler sur les routes sans vraiment de but, on peut le faire mais ce n’est pas le plus intéressant. Se battre pour cet objectif rajoute de la motivation et le sentiment d’être utiles.

Vous avez conservé le concept de Pékin Express, en dormant chez l’habitant. Avez-vous eu des difficultés à trouver des hébergements ?

Briac : Oui, nous voulions intégrer des références à Pékin Express dans notre aventure. On a aussi gardé l’idée des 10 000 kilomètres à parcourir. Sauf que cette fois, on les fait à vélo. Dormir chez l’habitant, cela nous correspond, on adore faire des rencontres. Le but du projet, c’est aussi de voir du monde.

Fabrice : De nombreuses personnes voulaient nous accueillir, on aurait pu dormir chez plusieurs familles. On n’y aurait pas cru, d’autant plus que le contact peut faire craindre des contaminations. On s’est fait tester régulièrement pour ne pas les mettre en danger. Se retrouver à l’hôtel, ce n’est pas du tout pareil que de passer une nuit dans une famille, avec qui nous pouvons partager nos vies. La première étape a été grandiose. On a dormi dans un château, on a dormi dans un petit studio, dans un monastère du Mont Saint-Michel, on s’est fait masser… C’est ce que nous recherchions avec cette aventure.

Briac : On a eu la chance de pouvoir rouler quelques kilomètres avec Thomas Voeckler, c’était magique.

Fabrice : D’autres cyclistes anonymes se joignent à nous. On ne voulait pas rouler bêtement, la tête dans le guidon, sans que rien ne se passe et sans objectif derrière.

« On ne se rendait pas compte que nous représentions quelque chose pour les gens »

Fabrice et Briac sont impatients de reprendre les routes de France au profit de la Ligue contre le cancer. @ Louise Thomann – Radio France

Avez-vous été surpris par l’accueil qui vous a été réservé jusqu’à présent ?

Briac : À chaque fois que nous arrivions dans une ville, il y avait une trentaine ou une quarantaine de personnes à nous attendre. On donnait les horaires sur nos stories Instagram. Avec les aléas de la route, nous avons eu quelques retards mais ils ont patienté pendant 1 ou 2 heures. Arriver dans les villages et voir qu’il y a des habitants, des fans de l’émission, des journalistes qui nous attendent pour partager un instant avec nous, c’est génial.

Fabrice : Nous aurions pu nous préparer davantage encore avant de partir sur les routes mais partir dans l’inconnu, c’est ce qui nous correspond aussi. On a construit le projet en 3 mois, il faut peut-être 2 ans d’organisation. On ne se rendait pas compte que nous représentions quelque chose pour les gens. Le Fabriactour répond à une attente de tous ces gens. Ils ont envie de rigoler, de partager avec nous et c’est une grande surprise. Jamais je n’aurai cru que des automobilistes nous klaxonnent sur la route, s’arrêtent pour nous saluer…

Briac : En reconnaissant notre véhicule, certains stoppent même totalement leurs occupations et nous suivent pendant 2 jours (rires). C’est fou, ça change tout le temps, il y a des découvertes chaque jour.

Fabrice : Ces personnes ont même été hébergées avec nous. On expliquait qu’ils suivaient nos aventures sur la route. Les familles ont été admirables, elles nous ont répondu que s’il y en avait pour 2, il y en avait pour 5. Ces moments sont incroyables. C’est difficile de dire non parce que ces personnes sont heureuses de nous accueillir.

Quels sont les objectifs que vous vous êtes fixés à destination de la Ligue contre le cancer avec votre tour de France des rencontres ? 

Fabrice : Nous voulons apporter un chèque assez important à la Ligue en fin de saison, ce serait avec le plus grand des plaisirs. Mais surtout, ils ont besoin de nous pour faire une opération de visibilité. Plus personne ne pousse leur porte. Nous sommes là pour apporter du sang neuf à cette belle cause.

Briac : Nous nous sommes fixés l’objectif de 10 000 euros, parce que nous aimerions rapporter un euro du kilomètre. En une seule étape, nous avons collecté 3 500 euros grâce à la générosité des gens dans les villages et sur notre cagnotte en ligne. On rend la cause visible sur Youtube avec des vidéos cadrées et montées par Maxime Koch, qui nous accompagne bénévolement.

Fabrice : Nous avons loupé une grosse arrivée aux Sables d’Olonnes. Il y avait des inscriptions à 5 euros par centaines pour un Madison géant, une course en paddle… Cela a été annulé au dernier moment au vu du contexte sanitaire. On espère que cela se fera dans d’autres villes après la reprise.

Sur quel site pouvons-nous soutenir votre projet ?

Briac : Nous avons une cagnotte en ligne sur le site Globe Dreamers. Le don minimum est de 5 euros et nous proposons des contreparties : un partenariat Instagram, nous proposer un défi, boire l’apéro avec nous… Il nous reste de la place pour des sponsors, afin de boucler le tour de France des rencontres si des entreprises sont motivées pour nous soutenir.

Fabrice : Un couple nous a donné 100 euros pour que nous leur fassions une petite vidéo en dansant la Macarena. C’est très drôle à faire et les gens participent à leur manière.  À la fin de notre parcours, nous mettrons aux enchères plusieurs lots comme des maillots de foot offerts par les clubs, une amulette gagnée lors de notre Pékin Express… L’argent sera reversé à la Ligue contre le cancer.

Connaissant votre duo, il y a toujours des petits imprévus dans vos aventures. Nous l’avons vu sur Itinéraire Bis cette saison avec des scènes devenues cultes comme la chute dans un port du Péloponnèse ou la dégustation de moussaka. Avez-vous une anecdote croustillante à nous partager sur votre Fabriactour ?

Fabrice : C’est la chute de Briac juste après le départ ! Nous sommes partis à 13h00 le 15 mars de Lille et à peine un quart d’heure plus tard, Briac s’amusait avec son téléphone sur son vélo, il a percuté une voiture… Il a eu un gros choc. On a même dû faire un constat parce que la voiture portait les stigmates du duel (rires). Briac peut aller brûler un cierge parce qu’il n’a rien eu. Il aurait pu se casser une clavicule ou détruire son vélo. Mais il est reparti de plus belle (rires).

Briac : La chute a eu lieu devant un collège, au moment de la pause de midi. À ce moment-là, il y avait une centaine d’élèves sur le trottoir qui ont pu admirer ma chute, un beau soleil (rires).

Fabrice : Tu y as été de bon cœur, une chute bien généreuse (rires).

« On en a pris plein les yeux au Guatemala »

Le passage au Castillo San Felipe de Lara, au Guatemala, est un souvenir marquant de leur première aventure Pékin Express, lors de la saison 12. @ Peters Extreme Event

Ensemble, vous avez participé deux fois à Pékin Express (binôme d’inconnus de la saison 12 et duo d’itinéraire bis cette année). Avez-vous souvenir de paysages qui vous ont époustouflés ?

Briac : Si je devais en retenir un, ce serait le Castillo San Filipe de Lara, à la confluence du Rio Dulce et de la mer des Caraïbes. On en a pris plein les yeux au Guatemala.

Fabrice : C’est vrai. Quand tu arrives à Livingstone, ce ne sont que des endroits accessibles par barque ou par hydravion. Forcément, ça se mérite. Ce sont des endroits magiques, très peu fréquentés par le tourisme. Le Guatemala est à part.

Briac : Sur Itinéraire Bis, je dirais que c’est la Cappadoce, en Turquie. C’est incroyable avec toutes ces cheminées de feu. On a l’impression que c’est taillé dans la roche… Juste incroyable.

Fabrice : En plus, il fait bon, on mange bien, les Turcs sont très accueillants… La Turquie, ce n’est pas une destination que l’on coche en priorité quand on veut voyager, mais c’est très surprenant ! Ce n’est pas loin de la France, le voyage ne coûte pas très cher et les lieux sont grandioses. Plein de pays sont à visiter.

Avez-vous remarqué des conséquences du réchauffement climatique ou de la pollution sur ces lieux entre deux missions ou pendant l’auto-stop ?

Briac : Les pays d’Amérique Latine ne sont pas véritablement sensibilisés à l’écologie. On pourrait y croire mais non. Même dans les coins les plus reculés par lesquels nous sommes passés pendant la course, les fossés étaient remplis de déchets plastiques. Il n’y a pas de recyclage. Cela mériterait d’être une cause beaucoup plus exposée auprès de la population.

Fabrice : Nous avons ressenti une attention portée au tourisme vert au Costa Rica uniquement. Des efforts sont faits en ce sens. Dans les autres pays que nous avons visités, nous n’avons pas été marqués par les mesures écologiques. Même en France. Briac a été courir et il a trouvé des déchets au fin fond de la campagne ardéchoise. Des amis vont se lancer dans un tour de France en tandem pour ramasser des masques dans la nature. Ils se sont rendus compte dès maintenant qu’il y en avait partout. Nous n’avons pas besoin d’aller dans d’autres pays pour le constater. En France, malheureusement, la nature n’est pas toujours respectée non plus.

À votre niveau, l’aventure vous a-t-elle fait prendre conscience des risques du réchauffement climatique sur les lieux que vous avez adorés fréquenter pendant l’émission ?

Briac : Pour ma part, oui. Avant, je n’y prêtais pas particulièrement attention. Après Pékin Express, j’ai modifié quelques habitudes, je fais plus attention à mon impact sur la planète, notamment à travers la réduction et le tri de mes déchets.

Fabrice : Nos actions individuelles peuvent paraître qu’une petite goutte dans un vaste océan. La prise de conscience écologique, je l’avais avant de partir au Guatemala. À notre niveau c’est difficile d’avoir un réel impact positif sur la planète si nous ne sommes pas suivis par d’autres personnes ou organisations dans une démarche collective.

Les dernières missions du binôme se dérouleront à Istanbul, la capitale turque, ce soir. La saison d’Itinéraire Bis est d’ores et déjà mémorable. “Il y a eu des séquences cultes” avoue Fabrice. © Patrick Robert / M6

Quelle étape  de cette saison 2021 allez-vous garder en mémoire ?

Fabrice : Il y a eu des séquences cultes. Nous avons aimé faire toutes les étapes et tous les défis. Nos moments préférés, c’est surtout dans les familles, le soir. Comme avec la famille de Çiçek, où une douceur de vivre régnait dans l’atmosphère. Pékin Express, ce n’est pas que du stress et du sport avec des défis qui font mal aux jambes. Ces moments de partage laissent des traces. Ce n’est pas spectaculaire à raconter, mais le partage avec les habitants sur cette aventure marque nos vies.

Briac : Pour moi, ce sera une soirée en Ouganda. Une dame nous a gentiment hébergé. J’ai joué avec les enfants pendant une heure ou deux. Je n’arrivais pas à m’arrêter, ils étaient super contents de jouer avec moi alors qu’ils ne me connaissaient pas 3 heures auparavant.

Fabrice : On reçoit beaucoup de questions comme celle-là. Les gens nous demandent après l’aventure, les épreuves. Mais ce qui se passe chez l’habitant, c’est ce qui se passe aussi sur notre Tour de France des rencontres. Pékin Express, c’est pour ça qu’on l’a fait et qu’on l’a refait cette année.

Quel lieu qui vous est cher souhaiteriez-vous préserver à tout prix ?

Briac : Je n’y suis jamais allé, mais je souhaiterais préserver la forêt amazonienne. Je rêve d’y aller. Il y a des incendies, de la déforestation massive…

Fabrice : La déforestation au Brésil détruit l’équivalent de 10 stades de football par jour. C’est inconcevable.

Briac : Me lancer dans un projet d’écologie pour la forêt amazonienne pourrait me plaire. Je n’ai pas réfléchi à l’idée mais si cela peut permettre de la préserver et de replanter des arbres…

Fabrice : Pour moi, ce ne serait pas un endroit bien précis. Je veux protéger la mer. Avec les dégazages de bateaux, les détritus mangés par les poissons, la surpêche… Si je pouvais faire quelque chose à mon niveau, je serais solidaire pour partir en mer et agir sur ces phénomènes. Je ne serais pas Greenpeace mais si je peux aider à mon niveau, par le nettoyage de plages, du bord de mer… La mer est devenue un dépotoir et j’aimerais que ça change. La pêche avec des filets surdimensionnés, qui détruisent les fonds marins, les coraux… Ça me gêne.

À l’avenir, seriez-vous partants pour repartir en mission en faveur de causes sociétales ?

Fabrice : Bien sûr !

Briac : Déjà Fab, on va quand même terminer notre projet actuel (rires).

Fabrice : Oui c’est vrai que c’est un gros chantier. Si nous avions su toute l’ampleur de ce projet, je ne sais pas si nous serions partis. Je ne vais pas dire que cela se fait au jour le jour mais pas loin. Une fois terminé, si nous pouvons repartir pour une autre cause, même l’écologie, c’est demain ! J’ai toujours deux valises prêtes à partir (rires).

Briac : On va sûrement faire une petite pause, avec un voyage tous les deux pour se reposer. On a enchainé Itinéraire Bis et le Fabriactour. Quand ce sera fait, pourquoi pas repartir sur des défis alliant écologie et missions sportives. Il nous faut un but. Nous voulons nous battre pour quelque chose, une cause, sinon notre motivation n’est pas la même.

Fabrice : Lors de la première semaine du Fabriactour, nous avons fait face à des conditions climatiques dantesques entre le vent, la grêle et la pluie. Jamais nous l’aurions fait si nous ne nous battions pas pour la Ligue contre le cancer. On ne se bat pas pour nous mais pour d’autres et c’est ce qui nous donne une force supplémentaire.

Quand pensez-vous reprendre votre Tour de France des rencontres ?

Briac : Cela dépendra des annonces gouvernementales mais peut-être le 3 mai, avec un bel événement à organiser sur Paris, avec les 100 kilomètres contre le cancer.

Fabrice : À Poitiers, il y aura une belle arrivée avec des animations, si tout se passe bien. À Bordeaux également. Ce sera une belle étape. Nous avons prévu un trajet pour quadriller un peu toute la France et rencontrer le maximum d’entre vous.

Informations utiles 

Retrouvez Fabrice et Briac dans Itinéraire Bis, ce soir, après la finale de Pékin Express sur M6.

Si vous souhaitez aider la Ligue contre le cancer et le fabriactour, une cagnotte en ligne est ouverte ici

Suivez le Fabriactour en vidéo sur Youtube

Pour ne rien manquer des coulisses de leur Tour de France des rencontres, vous pouvez les suivre sur leurs comptes Instagram briac_pekin_express & fabrice_pekin_express_12_13_14

Photo à la Une : Patrick Robert / M6

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Antonin Delmas
Engagé auprès des clubs de football depuis plusieurs années, principalement autour des thématiques de communication, le sujet de la RSE est devenu central à la suite de la réalisation de mon mémoire de recherche de Master 2 sur ce thème. Devenu rédacteur pour Écolosport, j'espère vous informer au mieux des actualités RSE et écologiques du monde du sport pour que nous agissions ensemble en faveur de la planète.

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