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La Coupe du Monde 2030 sur 3 continents ou la fuite en avant de la FIFA

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© FIFA / Gianni Infantino
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Il y a des jours, comme ça, où l’actualité nous offre de malheureuses analogies. Alors que l’observatoire Copernicus a annoncé ce matin que de janvier à septembre 2023, « la température moyenne mondiale est 1,40°C au-dessus de la moyenne préindustrielle (1850-1900) », Gianni Infantino et la FIFA nous ont révélé le pays hôte de la Coupe du Monde 2030. Pardon, les pays hôtes. Pardon, les continents hôtes. Oui, c’est désespérant. Le Mondial de football 2030 aura lieu dans 6 pays et sur 3 continents : l’Espagne et le Portugal pour l’Europe, le Maroc pour l’Afrique, l’Uruguay, le Paraguay et l’Argentine pour l’Amérique du Sud. Cette Coupe du Monde suivra celle de 2026, organisée sur les 3 pays du continent nord-américain : les États-Unis, le Canada et le Mexique.

Rien ne va, donc, sur la planète football. La FIFA enchaine les éditions controversées depuis la Russie en 2018, puis le Qatar en 2022, sans trembler, faisant fi des considérations sociales et environnementales. En 2030, les émissions de CO2 autour de la compétition vont exploser : joueurs, supporters et dirigeants voyageront sans cesse par les airs, pendant un mois, traversant soit l’Atlantique soit la Méditerranée. Dans L’Equipe, Mael Besson s’inquiète aussi de la sécheresse autour de l’événement : « Il est fort à parier que la disponibilité en eau sera alors encore plus restreinte. Et on va donc augmenter la quantité d’eau nécessaire pour l’entretien des terrains dans des pays où il y en aura de moins en moins. C’est une aberration écologique. »

> Lire aussi : Coupe du Monde au Qatar : la FIFA reconnue coupable de greenwashing

Si nous n’attendions rien de la fédération internationale de football ou de son président, la déception est quand même là. Les interrogations se multiplient : que ne comprennent-ils pas ? Manquent-ils de formation ou d’informations sur les enjeux environnementaux ? La puissance d’attraction du pouvoir, de l’argent et du court-termisme est en train de tuer notre avenir et celui de nos enfants, mais qu’importe, ces dirigeants ne seront plus là pour le constater. S’ils ne comprennent pas, peut-on dès lors s’appuyer sur les parties prenantes ? Et si les sponsors rejetaient cette organisation ? Et si les joueurs se mobilisaient, alors qu’ils feront face à d’importants déplacements, mauvais pour leur santé ?

L’ombre de l’Arabie Saoudite

L’attribution de la Coupe du Monde 2030 à ces 6 pays est un coup politique et financier, dont se réjouit son inénarrable président Gianni Infantino. « Je suis très heureux et je dois dire merci aux six confédérations continentales » a t-il écrit sur Linkedin, ajoutant que les nations « se sont unis non seulement dans une célébration du football, mais aussi dans une cohésion sociale et culturelle unique. Quel grand message de paix, de tolérance et d’inclusion. En 2030, nous aurons une empreinte mondiale unique. »

Unique, l’empreinte carbone la sera en effet, par son envergure et sa démesure, alors que la planète enchaine les records de température mondiale. L’observatoire Copernicus explique que « septembre 2023 a été le mois de septembre le plus chaud jamais enregistré au niveau mondial » poursuivant une série de records mensuels mondiaux entamée en juin. Juillet 2023 détient le record absolu, tous mois confondu. La situation en 2030, a fortiori dans les six pays sélectionnés, sera probablement très préoccupante.

Ce non-choix entre tous les candidats, qui accueilleront donc tous un bout de cette Coupe du Monde 2030, laisse entendre une autre musique. Celle jouée par l’Arabie Saoudite, candidate officieuse pendant un temps et désormais officielle à l’organisation du Mondial 2034. Le pays de la péninsule arabique, affiliée à une confédération asiatique pas concernée sur les éditions 2026 et 2030, a le champ libre pour organiser celle de 2034. La FIFA pourra ainsi profiter d’une manne financière gargantuesque. On se demande bien ce qu’il en sera en 2038, dans un monde qui tutoiera possiblement les +2°C de réchauffement. Et si chaque pays participant était pays hôte ?

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