Implanté à Paris, le Sneakers Atelier est notamment spécialisé dans la réparation de basket, permettant à ces chaussures de perdurer, et donc d’en réduire leur consommation.
Rien ne se jette, tout se répare ! Alors que le marché de la sneakers bat son plein et que son taux de croissance annuel devrait frôler les +6,89% entre 2023 et 2027, à grand coup de campagne d’influence et de marketing, le Sneakers Atelier montre qu’une autre voie est possible, celle de la circularité et de la durabilité. Mise en avant récemment par le média Brut, David Monteiro, son fondateur, nous a accordé un instant entre une réparation et une customisation pour répondre à nos questions.
La passion de la chaussure
Passionné de chaussures et après avoir travaillé durant plusieurs années dans la création de modèles, David s’est spécialisé dans la customisation de basket en 2013. En 2015, il entame une reconversion professionnelle en qualité de cordonnier afin d’accroître ses connaissances et compétences. C’est durant ces formations qu’il prend conscience que la fabrication d’une basket peut se faire de façon artisanale, loin des usines et des chaînes de production de masse. CAP de cordonnier puis de bottier en poche, il collabore durant 6 ans avec des marques de luxe.
Mais très vite, sa passion pour les chaussures de sport « lifestyle » le rattrape. Il lance alors le Sneakers Atelier en septembre 2023 à Paris. Son idée première est d’embellir et faire de la fabrication sur-mesure mais il se rend vite compte qu’il y a une forte demande de réparation sans une réelle offre en face. Ainsi, le service de réparation rencontre un vif succès puisque 90% des chaussures sont amenées à cet effet. « On peut faire beaucoup d’intervention pour prolonger la vie d‘une chaussure » nous explique David. Ce dernier fait tout de même le constat que bon nombre de consommateur(rice)s voient encore les baskets comme des produits qu’on achète, qu’on utilise puis qu’on jette.

La durabilité, un bon geste pour l’environnement
Initialement, David n’était pas vraiment sensible aux enjeux écologiques liés au marché des sneakers, mais petit à petit, il a pris conscience des impacts environnementaux et sociétaux de la fabrication d’une basket. « Clairement, j’ai baissé ma consommation et j’achète en seconde main désormais ».
Ce n’est pas encore forcément applicable sur le matériel trop technique mais généralement, il est possible de tout refaire sur les baskets de running, que ce soit la maille ou le ressemelage bien qu’encore un peu limité. Il compte aussi sur ses étagères des crampons de football et de rugby prêtes pour une seconde vie. D’ailleurs, beaucoup de chaussures déposées ont uniquement la semelle usée. Pour leur réparation, David privilégie la qualité en utilisant la marque Vibram. « Actuellement, j’essaye de conclure un partenariat avec eux mais leurs closes commerciales sont assez contraignantes. Je garde bon espoir. »
Faire réparer plutôt qu’acheter
Question budget, tout dépend du nombre d’interventions à réaliser sur une même paire. Cependant, même si le prix dépasse parfois celui du neuf, certain(e)s client(e)s préfèrent prolonger la durée de vie de leurs chaussures, que ce soit par conscience écologique ou tout simplement parce qu’elles sont confortables. Bien entendu, tous les modèles ne sont pas réparables, notamment pour des baskets bas de gamme, mais 80% des références disponibles sur le marché peuvent avoir un second souffle. Comparées à de très bonnes paires de chaussures que l’on peut garder à vie si on les entretient bien, les sneakers ne sont pas conçues pour durer, le « faux cuir » utilisé y est pour quelque chose… L’obsolescence programmée permet de développer la surconsommation. « C’est dommage car il faut souligner qu’avant 2005, Nike faisait des baskets en vrai cuir, ce qui n’est plus le cas désormais. Si on prend le modèle mythique Air Force One d’il y a 20 ans, le cuir ne bouge pas » précise David.
Faire durer et moins consommer, deux gestes impactant pour l’environnement et auxquels participe le Sneakers Atelier via son service de réparation.