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L’impact carbone du football et du rugby détaillé par le Shift Project

L'impact carbone du football et du rugby détaillé par le Shift Project
© Howard Bouchevereau/Unsplash
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1,7 millions de tonnes de CO2eq. C’est le poids des matchs de football et de rugby amateurs et professionnels en France. Ce chiffre est issu du dernier rapport « Décarbonons le sport » du Shift Project, qui énonce aussi 3 leviers de décarbonation.

Après une première publication intermédiaire du programme « Décarbonons le sport » en mars 2024, l’équipe Sport du Shift Project a présenté hier soir, en compagnie de Jean-Marc Jancovici et de son partenaire-financeur MAIF, les résultats consolidés de l’empreinte carbone des matchs de football et rugby professionnels, les premiers résultats sur les leviers de décarbonation ainsi que la première estimation de l’empreinte CO2 du milieu du football et du rugby amateurs. Ce rapport permet de connaitre le poids des émissions associées au football et au rugby amateurs et professionnels dans les stades.

> Lire aussi : The Shift Project veut décarboner le sport

« Notre analyse est basée sur les flux physiques liés aux activités dans les stades (kWh consommés, km parcourus par spectateurs et joueurs, nombre de burgers vendus, etc.) » explique en préambule le Shift Project. Les matchs de football et de rugby amateurs représentent 1,37 millions de tonnes de CO2eq. Pour les matchs professionnels, l’empreinte carbone est de 310 000 tonnes de CO2eq. Au total, les matchs de football et de rugby représentent 1,7 millions de tonnes de CO2eq.

Figure 1 – Impact climatique du football et du rugby en France en émissions de gaz à effet de serre (GES) – Source : Calculs intermédiaires The Shift Project, 2024

Sans surprise, les transports représentent la majeure partie des émissions. Il est d’environ 70% pour le professionnel et 50% pour l’amateur. Cette part importante des mobilités dans le bilan carbone des événements sportifs soulève une inquiétude au sein du Shift Project : la forte dépendance du football et du rugby au pétrole. « Cette dépendance aux énergies fossiles, couplée à la fragilité économique des acteurs du sport, soulève de sérieuses préoccupations quant à la capacité du secteur à faire face aux chocs énergétiques et climatiques à venir » détaille l’association.

L’accroissement du nombre de matchs et de compétitions aggrave les problématiques énoncées. L’augmentation des kilomètres parcourus en est un autre. « Un spectateur visiteur émettra 4 fois plus de GES pour un match européen que pour un match national, et 40 fois plus dans le cas d’un match impliquant une équipe non européenne. » Au regard de la Figure 2 ci-dessous, le constat est sans appel : l’internationalisation du sport est une mauvaise nouvelle pour la planète.

Figure 2 – Empreinte carbone par spectateur et par match (en kgCO2e) – Source : Calculs intermédiaires The Shift Project, 2024 – Lecture : Le volume des carrés représente la quantité d’émissions par match et par spectateur.

Trois solutions de décarbonation

Dès lors, quels leviers pour décarboner les événements de football et de rugby et réaliser les objectifs généraux de la Stratégie Nationale Bas-Carbone, à savoir une baisse de 83% des émissions ? « Nous considérons comme un pari très risqué de miser sur une décarbonation trop renforcée des industries automobiles et surtout du secteur de l’aérien d’ici 2050 » avertit le Shift Project, qui recommande donc aux organisateurs d’événements d’agir sur les secteurs où ils ont une emprise et, in fine, aux décideurs d’adopter une logique de décroissance plutôt qu’une logique de croissance verte.

C’est le sens des leviers apportés par le Shift Project, qui en énonce trois premiers dans ce rapport : la réduction du nombre de spectateurs dans les stades, la relocalisation ou régionalisation des matchs, et la diminution du nombre de matchs internationaux. Tous auraient un impact sérieux sur l’économie de ces deux sports, qui ont tout intérêt à anticiper les risques climatiques et énergétiques.

> Lire aussi : « Sport et décroissance » : acte 2 pour la conférence du Master Management du Sport de Poitiers

Dans le rapport, les leviers mis en avant dans ce rapport nécessitent quelques pré-requis : améliorer la coordination entre les acteurs du secteur et flécher les financements, planifier la décarbonation, former les professionnels du secteur aux enjeux environnementaux et sensibiliser et accompagner les acteurs.

Figure 4 – Variantes envisagées et potentiel de décarbonation d’ici 2050 identifié pour le football et le rugby professionnel – Source : Graphique intermédiaire The Shift Project, 2024

« Comme le montre la Figure 4, l’objectif de la SNBC de -83% des émissions d’ici 2050, qui vise à respecter l’Accord de Paris, n’est pas atteint dans le cas d’une décarbonation moyenne du secteur aérien et des industries automobiles si l’on ne réduit pas les distances parcourues » abonde le Shift Project. Son rapport final sera publié en 2025 et détaillera les leviers de décarbonation possibles – les 3 cités plus haut et d’autres.

« Aucun joueur ne gagne ni ne perd un match seul : chacun avec ses spécificités va devoir jouer collectif dans le match éliminatoire contre le changement climatique et la déplétion des ressources fossiles. » C’est en effet le sens de l’histoire : c’est collectivement que nous arriverons à décarboner le sport, et ainsi à le sauvegarder.

> Découvrez le rapport du Shift Project

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