Dans son rapport “Le pari végétarien des Jeux Olympiques de Paris : analyse d’un succès commercial et environnemental” édité en fin d’année 2025, le cabinet Re.Events s’est penché sur l’offre végétarienne ambitieuse des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024.
Au pays du bœuf bourguignon et du sandwich jambon-beurre, il peut paraître (très) osé de proposer une offre végétarienne ambitieuse aux spectateur(rice)s sur des compétitions sportives. Avec une consommation moyenne annuelle de 84,9 kg par personne, les Français mangent deux fois plus de viande que la moyenne mondiale. Les organisateurs des Jeux Olympiques et Paralympique 2024 ont tout de même tenté le pari du végétarien en proposant entre 50% et 60% de plats et de repas végétalisés, pour le grand public et le personnel (volontaires, salarié.(e)s et prestataires).
Pour aller plus loin dans l’innovation, le site de la Concorde accueillant les épreuves urbaines de basket 3×3, BMX freestyle, skateboard street et de breakdance, disposait d’une carte entièrement sans viande ni poisson. Sur le plan écologique, ces décisions ont participé à la réduction de l’empreinte carbone de l’événement, mais qu’en est-il d’un point de vue économique ? Le cabinet d’analyse de données Re.Events s’est donc penché sur le sujet.
> Lire le rapport : « Le pari végétarien des Jeux Olympiques de Paris : analyse d’un succès commercial et environnemental ».
Hot-dog classique ou végétarien sur le site de Roland-Garros ?
Dans un premier temps, les équipes de Re.Events ont spécifiquement comparé les ventes de hot-dog végétariens des JOP avec la version carnée proposée lors du tournoi de Roland-Garros 2022 sur le site éponyme. Pour tenter d’être le plus juste possible avec les quelques données disponibles et les spécificités propres aux deux événements, c’est le taux de prise (nombre d’unités vendues rapporté au nombre de spectateurs présents) qui a été retenu pour cette étude.
Qu’en ressort-il ? Le hot-dog végétarien a rencontré 2 fois moins de succès que celui avec une saucisse à base de viande, malgré des ventes par spectateur sur les stands de Paris 2024 légèrement supérieures à celles du tournoi de tennis (0,90 transaction par spectateur contre 0,83 pour Roland Garros), toutes offres confondues. Est-ce par réticence des produits simili-carnés que le public a préféré se tourner vers les autres offres alimentaires des points de vente ? D’autres facteurs, non pris en compte par cette étude, ont également pu influencer les choix des spectateurs.
Quoi qu’il en soit, cette décision a le mérite d’acculturer, de démocratiser et même de normaliser une alimentation plus végétale, en plus de participer à la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Comme souligné par Tom Bry-Chevalier, doctorant en économie de l’environnement à l’Université de Lorraine, dans un article du site neorestauration.com, « les substituts à la viande à base de plantes ont en moyenne un impact environnemental 50 % plus faible que la viande conventionnelle ». Ces engagements audacieux ont le mérite de faire la promotion d’une alimentation durable, d’autant plus sur le site de la Concorde où était proposée une offre 100 % végétarienne – une petite révolution dans l’univers du sport français que nous avions testé lors des Jeux (voir lien ci-dessous).
> Lire aussi : Chroniques olympiques – J4 : “Que continue de briller la flamme olympique !”
L’offre 100 % végétarienne du Parc Urbain de la Concorde
Accessible aux spectateur(rice)s des épreuves de basket 3×3, BMX freestyle, skateboard et de breakdance, le Parc Urbain était également ouvert, en partie, aux visiteur(se)s non détenteur(rice)s d’un billet. Ces dernier(e)s pouvait donc vivre une expérience olympique dans l’espace central du site et notamment découvrir l’offre culinaire uniquement végétale.

Même s’il faut garder certaines réserves sur la comparaison avec les autres lieux de compétition, la carte de restauration ne semble pas avoir eu une influence négative sur les consommations du public, le taux de prise restant dans la moyenne. Cependant, l’étude révèle que les confiseries et le snacking type frites représentent une part plus importante dans les ventes sur le site de la Concorde. Est-ce que ce sont les repas sans viande ni poisson qui ont influencé ces achats, ou alors les horaires de fréquentation, la proximité avec plusieurs restaurants dans les environs ou encore la typologie des publics ? Les raisons semblent floues.
Pour mieux comprendre, les auteurs du rapport ont donc souhaité comparer le Parc Urbain avec deux enceintes aux configurations assez similaires : Le Grand Palais et l’Arena Paris Sud. Ils ont, entre autres, pu en conclure que l’offre 100 % végétarienne n’a pas eu d’impact négatif sur le volume des ventes ou sur le chiffre d’affaires. De plus, ce positionnement a permis de réduire de 36 % l’empreinte carbone de l’offre alimentaire (63 tonnes eCO2 contre 99 tonnes eCO2 avec des repas carnés).
En parcourant cette étude, les fervents opposants à une alimentation plus végétalisée verront probablement le verre à moitié vide et diront que le pari de l’offre alimentaire durable des JOP 2024 n’a pas été un vif succès. Nous ne pouvons pourtant que nous réjouir d’une telle initiative sur un des plus grands événements sportifs à l’échelle internationale, tant les impacts de la viande et de la pêche industrielle sont importantes pour l’environnement et la santé (fortes émissions de gaz à effet de serre, empreinte hydrique importante, destruction d’habitats naturels…).
Les organisateurs de Paris 2024 ont joué la carte éducative du sport en révolutionnant l’expérience client sans pour autant impacter le chiffre d’affaires des points de vente, et c’est à souligner. En ce sens, cette étude vient conforter les résultats du rapport « Durabilité et Héritage de Paris 2024 », selon lequel 80% des personnes interrogées avait salué l’initiative de Paris 2024 de végétaliser l’offre, et 65% étaient favorables à ce que d’autres événements sportifs suivent cette tendance. Espérons que cette expérimentation deviennent très prochainement la norme dans le secteur événementiel.
> Lire aussi : Série « En Jeux » – Offres végétariennes, provenance, emballages : la Food Vision de Paris 2024
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