Après plus d’un an de travail et 12 000 participants, le Shift Project a édité début avril les résultats de la Grande Consultation du Sport en rapport avec les chocs climatiques énergétiques à venir.
Après la parution du rapport « Décarbonons le sport » en février 2025, les Shifters, avec le soutien du Shift Project, avaient lancé une grande consultation auprès du secteur sportif sur le thème « Climat, énergie : préparer le sport à l’épreuve des chocs du XXIème siècle ». Objectif de cette initiative : comprendre la sensibilité, la vulnérabilité et la capacité d’action du secteur face aux défis liés au dérèglement climatique. Les résultats de cette enquête ont été rendus public début avril et une grande tournée de présentation est également en cours dans l’Hexagone.
Le mouvement sportif conscient des impacts du dérèglement climatique sur les pratiques
En tout, ce sont plus de 12 000 personnes dont 3 800 responsables et encadrants d’associations sportives, 7 500 pratiquant(e)s et 900 représentant(e)s de fédérations, clubs, ligues ou encore athlètes qui ont apporté leur réponse. La première phase dite « qualitative » consistait à mener 100 entretiens auprès de divers membres du mouvement sportif (dirigeant(e)s, licencié(e)s et de haut niveau, entreprises du
secteur privé, représentant(e)s fédéraux, etc). S’en est suivi la mise en ligne d’un questionnaire ouvert à tous les citoyen(ne)s pour une durée de 6 mois. Enfin, des bénévoles des Shifters ont procédé à la phase de restitution qui a permis de déboucher sur le rapport final.
La Grande Consultation du Sport révèle qu’il y a une réelle prise de conscience du dérèglement climatique et de son impact sur la pratique sportive ainsi qu’une grande inquiétude face aux conséquences de cette crise. « 94 % des responsables de clubs se déclarent vulnérables aux chocs climatiques et énergétiques. Plus de 89 % des responsables de clubs disent qu’ils devraient arrêter, réduire ou adapter la pratique sportive en raison de chocs climatiques. ».
L’augmentation des coûts, la baisse des investissements de la part des partenaires publics et privés, les phénomènes météorologiques extrêmes, l’obsolescence des infrastructures nourrissent, entre autres et à juste titre, ces craintes. À titre d’exemple, on apprend que « si le prix de l’essence atteignait 5€/litre, seulement 26 % des répondants déclarent qu’ils maintiendraient leur pratique sportive inchangée ».

Une tendance à minimiser l’impact environnemental du sport
Bien que le réchauffement climatique et ses impacts sur la pratique sportive soient bien conscientisés, un grand nombre de participant(e) ont tendance à ne pas bien prendre la mesure, ou du moins à minimiser, la responsabilité du sport dans cette crise. Ainsi, « une majorité des répondants considèrent que l’impact environnemental de leur discipline est faible ou nul ». Il y a bien entendu des disparités et les pratiquant(e)s d’activités de pleine nature sont plus lucides sur leur participation à la dégradation des écosystèmes et aux pollutions générés.
Aussi, l’étude nous apprend que 98 % des responsables de clubs interrogé(e)s n’ont jamais réalisé de bilan carbone pour leur structure. Ce type d’outil permet pourtant de mieux comprendre ses impacts et les leviers d’action. À titre d’exemple, même si la problématique liée aux transports est bien assimilé, peu de participant(e)s semblent informé(e)s que l’alimentation a une part non négligeable dans l’empreinte carbone du sport. Autre point à souligner, les aspects positifs de la pratique sportive peuvent malheureusement amener certaines personnes à relativiser les effets négatifs sur l’environnement. Malgré cela, toutes et tous ont exprimé leur volonté de réduire leurs émissions de CO2 et plus de 1 700 propositions ont été suggérées.
Le rôle clé des collectivités et fédérations
Le manque de moyens – financiers et humains -, le peu d’accompagnement proposé et les difficultés à faire évoluer les comportements sont les trois freins majeurs identifiés dans ce travail. Ainsi, sont principalement demandés la mise à disposition de plus d’outils pratiques, et ce malgré les nombreuses sources déjà existantes, des formations sur ces enjeux à l’initiative des collectivités et des fédérations, la rénovation thermique et énergétique des infrastructures ainsi que l’émergence d’un « cadre stratégique clair porté par les fédérations et les pouvoirs publics ».
De ces différents constats, les Shifters en tirent la conclusion que « les fédérations sont attendues pour impulser la dynamique en organisant des actions de sensibilisation, et en coordonnant les efforts entre elles, et avec les partenaires publics et privés. Les collectivités ont une influence à la fois financière, et informationnelle et gardent la main sur les infrastructures. » Bien entendu, les clubs et pratiquants sont aussi invités à agir à leur échelle.
Face au dérèglement climatique et comme sur le terrain, ce sont donc le collectif et l’esprit d’équipe qui doivent toutes et tous nous guider pour anticiper et essayer de nous adapter tant que possible aux transformations actuelles et à venir. La crise environnementale n’est pas un point de vue mais une réalité prouvé scientifiquement qui en fait l’affaire de toutes et de tous.
> Pour participer à une soirée de présentation du rapport, consultez l’agenda des événements







