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Coupe du Monde 2026 – La santé des joueurs et des fans menacée par les conditions climatiques

© Fauzan Saari / Unsplash
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Dans une lettre ouverte et par le biais d’une étude, des scientifiques alertent sur la mise en danger de la santé des joueurs et des fans face aux conditions climatiques dans lesquelles pourrait se dérouler la Coupe du Monde 2026, qui débute ce jeudi 11 juin.

C’est par le biais d’une lettre ouverte envoyée le 15 mai dernier à la FIFA que 21 scientifiques ont interpellé la FIFA sur le manque de prise en compte des impacts du dérèglement climatique sur la santé des joueurs et supporters dans l’organisation de la Coupe du Monde 2026. Ce document a été édité au lendemain de la parution d’une étude menée par le réseau scientifique World Weather Attribution (WWA) et dont les conclusions sont très claires : un match sur quatre présenterait un risque élevé sur le volet sanitaire.

28 matchs concernés par des conditions climatiques difficiles

Alors que la Coupe du Monde de football 2026 débute ce jeudi 11 juin, l’étude montre que sur les 104 matchs programmés, un tiers exposera les joueurs à un risque de déshydratation et à un stress thermique élevés.

Les chercheurs se sont appuyés sur l’indice Wet Bulb Globe Temperature (WBGT), ou « chaleur humide » en français. Pour ce faire, ils ont pris en compte différentes données en plus des températures : taux d’humidité, ensoleillement, couverture nuageuse, circulation de l’air… Une méthode de calcul qui a été développée par l’US Navy et les Marines pour prévenir les risques lors des entraînements des soldats. Le seuil des 26° WBGT sert notamment de référence car « à ces niveaux, même les athlètes bien préparés et acclimatés à la chaleur sont souvent incapables de maintenir leur équilibre thermique pendant un exercice intermittent de haute intensité », rappellent les auteurs de la lettre.

Pour bien comprendre , 26° WBGT correspond a une chaleur ressentie de 36 à 38°C par air sec, et 28 à 30°C en cas de forte humidité. Ainsi, 28 rencontres devraient débuter alors que ce seuil sera dépassé, dont deux concernant l’équipe de France. Il s’agit de France-Sénégal (16 juin à 15h00 heure de New-York) et France-Irak (22 juin à 17h00 heure de Philadelphie). D’autres rencontres importantes telles qu’un potentiel huitième de finale des Bleus, et la finale du Mondial, sont dans le même cas de figure.

Outre les footballeurs, les scientifiques s’inquiètent également pour la santé des supporte(rice)rs et les conditions d’accueil. D’autres études avaient d’ailleurs alertées sur les conditions climatiques dans lesquelles la compétition va se dérouler, sans que la FIFA ne réagisse.

Les “mesurettes” de la FIFA

Si certains stades seront climatisés – au dépend d’une plus lourde empreinte carbone liée à ce type d’équipement qui aggrave le problème du dérèglement climatique – et des pauses fraîcheurs – et surtout publicitaires – de 3 minutes seront programmées au milieu de chaque mi-temps, c’est loin d’être suffisant. Comme le recommande la FIFPRO, organe mondial de représentation des joueurs et joueuses professionnel(le)s, « les pauses rafraîchissantes devraient durer au moins 6 minutes afin de permettre une réhydratation et une baisse de la température corporelle optimales. » De plus, les scientifiques rappellent qu’aucune étude n’a réellement été menée par la FIFA pour comprendre l’impact de la crise climatique sur le football et la santé des pratiquants.

Aucune directive officielle n’a été mise au jour depuis 2015. Ces scientifiques en ont profité pour exhorter Gianni Infantino et son équipe de tourner le dos aux énergies fossiles et aux financements des compagnies pétrolières, principaux acteurs d’un changement climatique qui sera renforcé par les très nombreux déplacements en avion des équipes et des fans pour rejoindre les différents sites de compétitions répartis entre le Canada, les États-Unis et le Mexique.

Les alertes des sportifs lors de la Coupe du Monde des clubs 2025

Lors de la Coupe du Monde des clubs 2025, qui s’est déroulée l’été dernier aux États-Unis, plusieurs faits avaient déjà été décriés par les participants. Ainsi, le Borussia Dortmund avait indiqué sur les réseaux sociaux que leurs « remplaçants ont regardé la première mi-temps depuis l’intérieur des vestiaires pour éviter le soleil brûlant du TQL Stadium » lors de leur match victorieux face à Mamelodi Sundowns.

Luis Enrique, entraîneur du PSG, avait également vivement critiqué les conditions difficiles et l’horaire de programmation de la rencontre des Parisiens face à l’Atletico Madrid pour qu’elle soit suivi en Europe : « C’était un match conditionné par la chaleur. En matière de jeu, c’est impossible de jouer à un niveau très haut pendant 90 minutes. L’horaire est bien pour que les matchs soient regardés en Europe, mais les équipes le ressentent » . On se souvient aussi de la déclaration de l’international argentin et joueur de Chelsea, Enzo Fernandez, qui appelait au changement. « La chaleur est incroyable. L’autre jour, j’ai eu un léger vertige et j’ai dû m’asseoir par terre. Jouer par ces températures est très dangereux, et évidemment, pour le spectacle, pour ceux qui viennent au stade pour en profiter et pour ceux qui regardent à la maison, le rythme n’est pas le même, ça ralentit tout. »

À ces risques viennent s’ajouter les potentiels risques de report ou d’annulation de match pour des chaleurs trop importantes, des orages ou encore des tornades, comme en 2025, où plusieurs rencontres avaient été reportées ou annulées.

Si la Coupe du Monde de football 2026 va évidemment, une nouvelle fois, fédérer les nations et les populations, elle semble aussi fédérer les experts et scientifiques du monde entier sur son non-sens environnemental. Cette fuite en avant sera, un jour ou l’autre, rattrapée par la réalité. À quel prix ?

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