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NHL : la refonte du hockey-sur-glace

Fortement impacté par le réchauffement climatique, le hockey-sur-glace et la NHL ont entamé depuis 15 ans une profonde mutation qui devrait encore s’accélérer dans les prochaines années.

182 355 tonnes de carbone par an ! Voilà l’impact carbone calculé entre 2012 et 2014 par la NHL, la ligue nationale de hockey outre-Atlantique. C’est l’équivalent de l’émission annuelle de 19 000 québécois ! Ce bilan, alarmant, s’explique à 70% par des arénas énergivores (réfrigération des patinoires) qui n’appartiennent pas aux équipes.

Autre problème – et de taille – le réchauffement climatique met en danger la pratique du hockey sur glace en extérieur : 9 des 10 années les plus chaudes recensées au Québec ont été observées depuis 1998.
Conséquence : les piscines ont remplacé les patinoires dans les parcs québécois. Le sport n°1 au Québec risque de perdre de nombreux jeunes patineurs et donc sa popularité à moyen terme.

Comment alors s’y prendre pour rendre ce sport traditionnel pérenne sur le plan de l’environnement ?


Depuis janvier 2018, la célèbre patinoire naturelle du lac aux Castors, qui datait des années 1930, a été définitivement fermée.

La NHL brise la glace

La NHL est la seule ligue des sports américains à assumer son bilan carbone et à agir pour modifier les comportements. Dès 2010, elle lance le “NHL green”, un programme de compensation des émissions de GES générées par la Coupe Stanley, en investissant dans les énergies renouvelables et la reforestation. Un engagement qui ne correspond qu’à la partie immergée de l’iceberg, mais qui a le mérite d’exister pour Omar Mitchell, en charge du développement durable de la NHL : “Nous sommes encore au commencement d’un long voyage de développement durable, cela ne va pas se régler dans 5 ou même 10 ans, mais on y travaille fort. Et les équipes comme les Canadiens vont montrer l’exemple aux autres.”

Les Canadiens de Montréal en précurseur

La franchise des Canadiens de Montréal a été la première a dégainé, à travers le programme “Vert le but”, lancé dès 2007. La cible ? Son arena, le Centre Bell.

Ces mesures font passer un vent de fraicheur sur le hockey: remplacement de 25 000 lampes par des LED basse consommation, redistribution de 130 000 repas invendus par an, installation de 940 bacs de tri, remplacement des plastiques jetables par 90% des contenants compostables, fermeture du parking souterrain (pour éviter la production de chaleur sous la patinoire), eau des 587 sanitaires coupée après chaque match, 10 000 arbres plantés, etc.

D’une capacité de 21 500 places, le Centre Bell accueille au moins 40 matchs des Canadiens de Montréal chaque saison

Au total, la franchise de Montréal estime avoir réduit de 28% ses GES en 10 ans. Un bel espoir pour un sport qui engrange des millions en revenus, notamment grâce aux publicités de marques énergivores. « C’est un peu comme si les équipes de la ligue se retrouvaient à avoir une politique pour contrer l’obésité infantile et qu’elles se faisaient commanditer par McDonald’s. D’ailleurs, elles sont commanditées par McDonald’s ! » déclarait Karel Mayrand, directeur général de la section Québec et Atlantique.

Le hockey est un symbole de ce qui pourrait disparaître avec le dérèglement climatique, mais la NHL et la franchise des Canadiens de Montréal prouvent au reste du monde du sport qu’il est toujours possible d’agir !

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Théo Fleurance
Contributeur pour Écolosport, je suis un grand passionné de sport et de ses valeurs. Fort de plusieurs expériences chez différents acteurs du monde du sport, je suis persuadé que la transition écologique est une formidable opportunité pour offrir un meilleur avenir au sport et à notre planète.

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