Mountain Riders Ecolosport

En 2021, Mountain Riders soufflera sa 20ème bougie. 20 ans que cette association basée à Chambéry, au cœur des Alpes du Nord, et présente sur tous les massifs français, œuvre pour la transition écologique des territoires montagnards.

« Initialement, nous organisions des ramassages de déchets mais petit à petit, la question s’est vite posée de savoir quelles étaient les solutions pour enrayer ce problème » nous explique Camille Rey-Gorrez, la directrice de Mountain Riders. Une nouvelle action est alors menée, au début des années 2000, en mettant les déchets collectés dans des boîtes transparentes pour sensibiliser les randonneurs, skieurs et touristes à ces incivilités. Puis très vite, le mouvement s’est rapproché des élus afin que les collectivités concernées intègrent les enjeux climatiques dans leur politique d’aménagement et de gestion des territoires.

Plusieurs pôles d’intervention

Deux décennies plus tard, Mountain Riders a fait son chemin, son équipe a gagné en compétences et son champ d’intervention est désormais élargi à 4 thématiques.

Les animations et projets pédagogiques, d’abord : le but est de sensibiliser les plus jeunes au respect de l’environnement à travers des sorties natures, des ateliers ludiques ou encore des séjours en itinérance. Les Mountain Days – Ramassage de déchets en montagne, ensuite : entre mai et septembre, plusieurs sorties rassemblant des milliers de bénévoles sont organisées partout en France ; à titre d’exemple, 65 ramassages se sont déroulés en 2019 durant lesquels environ 5.000 bénévoles ont récupéré 25 tonnes de déchets ! Troisième thématique, le Label Flocon Vert : grâce à ce label, les destinations touristiques engagées dans une réelle démarche écologique sont valorisées. Les formations, enfin : elles se font au sein d’organismes et centres de formation aux métiers liés à la montagne (moniteurs de ski, pisteurs, skiman, animateurs jeunesse et sport, vendeurs magasin de sport, métiers du tourisme, etc.) Lors de ces sessions, des thèmes variés sont abordés tels que l’écoconception ou encore le développement durable en montagne.

L’association accompagne également les événements dans leur transition écologique, à l’image des éditions 2016 à 2018 du High Five Festival. Au-delà de tenir un stand de sensibilisation, Mountain Riders a surtout aidé les organisateurs de ce rassemblement consacré au ski dans la rédaction d’une charte éco-responsable, le but de ce document étant d’engager toutes les parties prenantes dans cette démarche (exposants, visiteurs, partenaires)

© Photo : Mountain Riders

Sports de montagne, les bons gestes à adopter

Ce dernier point nous amène à poser une question à Camille Rey-Gorrez : quels sont les impacts de la pratique sportive en montagne ?

« On a tendance à croire, à tort, que c’est essentiellement le ski alpin qui génère le plus d’émissions de gaz à effet de serre en milieu montagnard » nous répond-elle. En réalité, il s’avère que ce sont les transports qui ont un très fort impact sur l’environnement (60% des émissions de GES dans les stations). Ainsi, une personne habitant à proximité d’une station de ski polluera bien plus via une pratique régulière en solitaire comparé à une famille parisienne qui vient passer une semaine de vacances. Dans ce cas, leur voiture sera chargée et elle ne sera que très peu – voire pas du tout – utilisée une fois sur place.

Mais alors, quels sont les bons gestes à avoir pour un sport éco-responsable ? Que ce soit en hiver ou en été, 4 bons réflexes sont à adopter pour aller se dépenser en montagne.

Il y a d’abord les transports. Outre les transports en commun, d’autres solutions existent à l’image des plateformes de covoiturage ou des réseaux d’auto-stoppeurs. Il vaut mieux une voiture remplie par 4 personnes que 4 véhicules avec 1 seule personne dedans.

Il y a ensuite le respect de la faune et de la flore. À pied, en VTT, en skis de randonnée ou encore en raquettes, sortir des pistes ou des sentiers balisés peut nuire fortement à la faune et la flore environnantes, souvent très fragiles. Il est donc fortement conseillé de se renseigner auprès de l’Office du Tourisme en amont de sa sortie et de bien respecter les consignes données.

La gestion des déchets est un autre point important ! Avant de faire son sac, il est nécessaire de prendre en compte que l’on doit se gérer en autonomie (absence de poubelle et de toilettes). Comment réduire au maximum ses déchets ? Comment les transporter pour les ramener ensuite ? Ce sont le genre de questions à se poser impérativement au moment des préparatifs.

Enfin, le matériel. Pour le neuf, l’écoconception reste la meilleure solution mais  il est désormais essentiel de penser “durable”. Dans ce cas, le « seconde main » tire son épingle du jeu en alliant réemploi et économies. De nombreuses initiatives existent à l’image des recycleries sportives.

En 2012, Mountain Riders a également publié la 4ème édition de son Eco-Guide du matériel de montagne, et bien que 8 années se soient écoulées, tous les conseils donnés dans ce livret restent pertinents et sont toujours d’actualité !

© Photo : Mountain Riders

Comment définir la station « Flocon Vert » dans l’idéal ?

Une pratique sportive responsable, des mobilités douces… Dans l’idéal, à quoi ressemble la station labellisée « Flocon vert » ?

« Avant tout, c’est une destination où les flux sont répartis sur toute l’année et non plus sur des rythmes saisonniers. Contrairement aux idées reçues, la montagne est un très beau terrain de jeu au printemps et en automne. » nous confie Camille.

Les mobilités douces doivent être optimales (transport en commun, priorité au covoiturage) et jusqu’au dernier kilomètre, qui est souvent la raison principale pour laquelle beaucoup de personnes viennent avec leur propre véhicule (comment se rendre de la station de train à sa location ?). Un agencement idéal peut être la mise à disposition de voitures/vélos électriques en autopartage couplé à une piétonisation des centres ville par exemple. Concernant les différentes activités proposées (sport, animations), elles doivent bien entendu être neutres en émission carbone.
Il faut également donner la part belle aux circuit-courts, avec une question importante à se poser : comment garder la richesse qui est créée sur le territoire ? Pour obtenir le sésame et s’engager pleinement dans la transition écologique, ce sont en tout 20 critères composant le cahier des charges qu’il faut respecter.

Aujourd’hui, 8 destinations sont labélisées, ce qui représente une dizaine de stations sur les 250 dénombrées en France. Une dizaine d’autres sont en bonne voie pour obtenir le flocon vert. Ces chiffres peuvent paraître encore faibles mais le mouvement vers la transition écologique s’accélère… jusqu’à atteindre des sommets ? C’est les vœux de tous les passionné(e)s de montagne !

Crédits photo : Mickael Tournier / Unsplash

Eddy Klemenczak
Spécialisé dans le secteur de l'événementiel, passionné de sport et engagé dans la protection de l'environnement au quotidien, je suis convaincu que le mouvement sportif, de part sa capacité à rassembler et à influencer, se doit d'être un acteur majeur de la transition écologique.

    Dans la même rubriqueBonnes pratiques

    Laisser un commentaire

    Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *