EcoTrail Paris Ecolosport

Lancé en 2008, l’EcoTrail de Paris a toujours eu comme leitmotiv d’être un événement au service du développement durable. Au fil des années, ses organisateurs étoffent un peu plus leurs engagements et pour cette 14ème édition, c’est une décision forte qui a été prise : supprimer les t-shirts finishers destinés aux coureur.se.s !

Aux origines, ce sont des amis trailers habitant en proche banlieue parisienne qui ont eu l’idée d’organiser l’EcoTrail, une course nature dans un environnement urbain. Le but : faire la promotion de leur sport tout en sensibilisant à la protection de l’environnement. Une façon originale de se dépenser tout en (re)découvrant des lieux emblématiques d’Île-de-France tels que le château de Versailles, l’observatoire de Paris et le Domaine National de Saint Cloud.

Un succès populaire

Rassemblant plus de 15 000 participants répartis sur 11 épreuves allant d’un trail de 80km à une randonnée pédestre, cet événement s’adresse autant aux coureurs chevronnés qu’aux familles. « Nous souhaitons que cette manifestation soit la plus inclusive possible » nous précise Justine Birot, Responsable Développement Durable. Arrivée dans le staff organisationnel avec comme mission principale de faire évoluer la stratégie développement durable de l’EcoTrail Paris, Justine nous explique que la direction fait en sorte d’apporter un « œil neuf » tous les 3 ou 4 ans pour améliorer continuellement sa politique éco-responsable. C’est ce qui permet à ce rassemblement de rester une référence en la matière.

Une évolution continue des engagements

Depuis 2012, un bilan carbone est réalisé tous les 2 ans en collaboration avec l’Institut Supérieur de l’Environnement de Trappes. Cette analyse permet aux organisateurs d’améliorer sans cesse les process. « La prochaine étude aura lieu l’année prochaine mais d’ores et déjà, nous avons demandé aux élèves de l’ISE de faire évoluer la partie « transport » car nous avons remarqué que notre empreinte écologique est vite plombée par une dizaine de participant.e.s venant en avion alors que de gros efforts sont pourtant fournis sur ce sujet » précise Justine.

À ce titre, un ticket est offert à tous les participants pour se rendre en transport en commun sur les lieux de départ des différentes courses. En parallèle, une réflexion est actuellement menée pour recentrer la communication exclusivement sur l’Île-de-France afin de limiter encore plus le nombre de personnes venant par la voie des airs. Un autre axe de travail important est le pôle « alimentation ». Pour cette édition, un nutritionniste a apporté ses conseils à l’organisation. De plus, la priorité est donnée aux produits locaux, de saison, en vrac et si possible issus de l’agriculture biologique, que ce soit pour les points de ravitaillement ou pour les collations distribuées aux bénévoles. Sur ce dernier point, Justine nous précise que s’il n’y a pas de solution en local, il a été décidé de collaborer avec des producteurs travaillant en agriculture conventionnelle plutôt que d’acheter de la nourriture labellisée bio mais suremballée et importée par avion.

Au niveau de la politique d’achat, des passerelles sont en train d’être faites pour avoir prioritairement recours à des acteurs issus de l’Économie Sociale et Solidaire. Concernant la réduction des emballages, un gros travail est réalisé en partenariat avec toutes les collectivités et l’aide d’un réseau d’éco-acteurs pour trier et revaloriser les déchets : Lemon Tri, la Recyclerie Sportive et Moulinot. Ne cherchez pas de bouteille d’eau, elles ont été remplacées par des rampes à eau. Les participant.e.s sont prévenu.e.s et ils.elles ont pour obligation de venir avec leur propre gobelet. Ils.elles doivent également se présenter avec leur contenant pour les « ravitos » ainsi qu’un sac ou un espace dans leur sac à dos afin de collecter leurs déchets.

En complément, les coureur.se.s sont sensibilisé.e.s aux éco-gestes au moment du retrait de leur dossard. Il pourrait en être de même pour les bénévoles. « Nous réfléchissons à leur proposer un bilan carbone individuel mais dans un premier temps, nous allons le tester sur le staff organisationnel » nous explique Justine. Mais s’il fallait retenir une seule décision pour cette édition 2021, c’est probablement le fait qu’aucun t-shirt ne sera distribué aux participant.e.s de la prochain édition de l’EcoTrail !

© Rémi Portier

La fin des t-shirts finishers

L’idée murissait depuis un certain temps et il a suffi d’un élément déclencheur pour acter une bonne fois pour toutes ce qu’on peut considérer comme une révolution dans le monde des courses. « À 4 mois de l’édition 2021, New Balance, notre partenaire historique, a décidé de rompre son engagement. Ce fût un peu la panique au début avant que la direction ne considère finalement cet événement comme une opportunité de concrétiser leur réflexion. »

Bien que cette nouveauté soit en majorité bien accueillie, elle fait tout de même son lot de déçu.e.s. Depuis, un gros travail est effectué par le service communication pour expliquer ce choix fort en sensibilisant à l’impact de l’industrie vestimentaire sur l’environnement et en étant transparent sur la finalité des frais d’inscription. Côté partenaires, ce pari audacieux de se séparer d’un support de communication majeur a été applaudi. « C’est en adéquation avec notre nouvelle politique commerciale. Désormais, nous voulons travailler avec des sponsors engagés qui souhaitent nous soutenir dans notre politique de développement durable et plaçant les enjeux sociaux et environnementaux au cœur de leurs actions » nous précise Justine.

Initialement prévue en mars, l’édition 2021 est pour l’instant reportée en juillet avec plusieurs scénarios étudiés en fonction de l’évolution du contexte sanitaire. Quoi qu’il en soit, et malgré les contraintes imposées par la crise de la Covid-19, l’EcoTrail de Paris garde le cap de ses engagements et veut continuer à aller de l’avant.

Photo à la une : © Christophe Guiard

Eddy Klemenczak
Spécialisé dans le secteur de l'événementiel, passionné de sport et engagé dans la protection de l'environnement au quotidien, je suis convaincu que le mouvement sportif, de part sa capacité à rassembler et à influencer, se doit d'être un acteur majeur de la transition écologique.

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