Parkour Enseigne lumineuse vitrine Ecolosport

À première vue, difficile de trouver un lien entre l’arrêté du 25 janvier 2013, obligeant notamment les commerçants à éteindre les éclairages de leur vitrine entre 1h et 7h du matin, et le Parkour. Et pourtant, depuis le début de l’année, certains collectifs ont décidé de joindre l’utile à l’agréable durant la pratique de leur discipline.

Inspiré par le mouvement « light off » et impulsé par une vidéo virale postée par deux jeunes marseillais sur le réseau TikTok, cette action militante s’est répandue très rapidement dans plusieurs métropoles françaises. Son objectif : éteindre un maximum d’enseignes allumées illégalement, en pratiquant le parkour !

Le Parkour, une discipline 100% made in France

Né dans les années 1990 à Lisses, en banlieue parisienne, le Parkour est une discipline acrobatique autonome consistant à faire des figures en utilisant des obstacles urbains ou naturels dont David Belle, acteur et cascadeur, est le fondateur. Longtemps restée dans l’ombre,  le « PK » sera popularisé par le film « Yamakasi » de Luc Besson en 2001, au point de devenir rapidement un phénomène mondial.

« Le Parkour, c’est à la fois courir, grimper, sauter, rouler, ramper. On l’appelle aussi « Art du Déplacement », c’est un sport qui vise à un déplacement libre dans tout type d’environnement » expliquait Orane Florinda, « traceuse »* toulousaine, à nos confrères d’Actu.fr. Interrogé dans l’émission Riding Zone, Simon Nogueira, Champion de France 2013, décrit quant à lui son sport comme une ouverture de « son esprit et de ses capacités corporelles aux obstacles.  C’est-à-dire qu’on n’a plus d’obstacle, il y a un muret, et bien nous n’allons pas le contourner pour passer, on va le franchir ».

La pratique au service de l’écologie

Adeptes de ce sport de rue exigeant, Yanis et Max, deux amis marseillais inspirés par le mouvement “light off”, ont décidé de mettre à bon escient leurs soties en allant éteindre les devantures des boutiques restées allumées. Tel des ninjas, ils gravissent les murs pour actionner la manette des boitiers de sécurité permettant aux secours de couper l’électricité en cas d’urgence.

Le but de cette action : sensibiliser au gaspillage énergétique ainsi qu’à la pollution lumineuse qui impacte les systèmes et cycles de la biodiversité. Elle aurait également des répercussions sur l’homme, des scientifiques la suspectant d’altérer le système hormonal et la sécrétion de la mélatonine (sommeil, libido, vieillissement). Il faut également souligner que si l’arrêté était respecté – ce qui n’est malheureusement pas vraiment le cas – c’est l’équivalent de la consommation annuelle de 370.000 foyers qui serait économisée. Mais il y a tout de même une limite à cette opération, qui permet uniquement d’éteindre l’enseigne et non l’intérieur des vitrines et des commerces.

Pour immortaliser leurs exploits, les deux jeunes hommes se filment et partagent cette vidéo sur le réseau social TikTok. Le succès est au rendez-vous puisqu’elle sera visionnée près de 325 000 fois. Le buzz est tel qu’il sera suivi d’un véritable mouvement dans tout l’hexagone. Toulouse, Bordeaux, Paris… de nombreux collectifs vont ainsi leur emboiter le pas.

@yanishaggui

Petit geste écolo (puis s/o la bac qui nous on vue mais pas embarqué) #ecologie #marseillais #marseiller #marseille13 #parkour #challenges #teamjul

♬ Aesthetic – Xilo

« C’est un message pour sensibiliser les gens quant à leur consommation énergétique et dire que tout le monde peut avoir un impact positif à son échelle en prônant les bonnes actions, les bons gestes, les bonnes pratiques au quotidien pour réduire son empreinte énergétique » expliquera Kevin Ha, membre du collectif On the Spot, dans une vidéo publiée par Le Parisien.

« Couper la lumière », un bon geste pour la planète mais aussi un moyen sûr de faire des économies. Et que l’on soit un particulier ou un.e commerçant.e, tout le monde en sortira gagnant !

* Les traceur.se.s sont les pratiquant.e.s du Parkour

© photo à la une : Vrolanas

Eddy Klemenczak
Spécialisé dans le secteur de l'événementiel, passionné de sport et engagé dans la protection de l'environnement au quotidien, je suis convaincu que le mouvement sportif, de part sa capacité à rassembler et à influencer, se doit d'être un acteur majeur de la transition écologique.

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