Jeux Olympiques Tokyo 2020 2021 Ecologie Ecolosport

Médailles, transports, énergie, équipements, déchets : Tokyo a souhaité mettre le paquet pour réduire l’impact de ses Jeux Olympiques et Paralympiques. Entre communication et réalité, que met réellement en place l’organisation de Tokyo 2020 pour diminuer son impact écologique ?

Vous le savez, dès aujourd’hui et jusqu’au 8 août, Tokyo accueille les 32èmes Jeux Olympiques, quand les Jeux Paralympiques auront lieu du 24 août au 5 septembre. Si en France, nous parlons beaucoup de l’impact écologique de Paris 2024, Tokyo 2020 n’est pas en reste et a mis en place un certain nombre de mesures pour tenter de réduire un impact écologique forcément très (trop ?) important.

Indépendamment des organisateurs, bien sûr, la crise sanitaire que nous traversons permet d’abaisser la facture écologique de cette Olympiade. Seul(e)s les athlètes, leur staff et les médias sont autorisés lors de l’événement. Pour la première fois de l’histoire des Jeux, le public du monde entier, japonais compris, ne pourra pas assister aux épreuves. Les transports représentant une part importante du bilan carbone et écologique des événements, a fortiori lors des Jeux, les restrictions sanitaires vont donc forcément beaucoup peser. Dans un rapport publié début juillet, les organisateurs japonais ont estimé que le total des émissions de CO2 va baisser de près de 350.000 tonnes, suite à l’interdiction des spectateurs venant de l’étranger.

Jeux Olympiques Tokyo 2020 2021 Ecologie Ecolosport

© Erik Zünder/Unsplash

Des médailles à partir de smartphones et des podiums en plastique recyclé

Parlons d’abord de ce moment si particulier, propre aux JO : le podium et la remise des médailles. Un rêve pour tout athlète bien sûr. Les organisateurs de Tokyo 2020 ont voulu marquer le coup au sujet de cette symbolique. Les athlètes médaillé(e)s monteront sur un podium… en plastique recyclé. En effet, les 100 podiums ont été confectionné à partir de 25 tonnes de déchets en plastique. Une matière pas bien difficile à trouver au pays du soleil levant… et du plastique. En effet, le Japon en est le 2ème consommateur mondial, derrière les Etats-Unis. Les habitants de Tokyo ont ainsi pu, depuis quelques années, jeter leur plastique usagé dans des conteneurs installés pour l’occasion. Des écoliers japonais ont aussi pu participer à ce projet, baptisé « Recycled Plastic Victory Ceremony Podium ».

Le plastique tend à être drastiquement limité lors de ces Olympiades. S’il ne le sera évidemment pas totalement, la démarche de ce pays très gourmand dans ce domaine est une bonne nouvelle. Les déchets non réutilisables ou recyclables devront en tout cas être convertis en énergie par traitement thermique.

Une fois bien installé(e)s sur le podium, les athlètes recevront les fameuses médailles qui viendront couronner leur réussite. Des médailles faites d’un métal particulier puisqu’entièrement recyclé… à partir de smartphones ! Les habitant(e)s du Japon, pays où la technologie est reine, ont été prié(e)s d’offrir leurs appareils électroniques hors d’usage, dont les téléphones, pour en recycler le métal. Ainsi, l’organisation a pu fabriquer les médailles à partir de 4,1 tonnes d’argent, 2,7 tonnes de bronze et 30,3 kg d’or recyclés.

Jeux Olympiques Médailles Tokyo 2020 2021 Ecologie Ecolosport

Des médailles fabriquées à partir du métal de smartphones

Une volonté d’héritage… avec les fameux lits en carton

Le huis clos instauré permettra une meilleure gestion des déchets sur les sites des épreuves. L’objectif est que 65% des déchets soient réutilisés ou recyclés. Par ailleurs, les tenues des athlètes japonais(es) sont issues de matières recyclées. D’une manière générale, l’organisation de Tokyo 2020 souhaite que 99% des biens spécifiquement fournis pour les Jeux (mobiliers du Village Olympique, mobilier de bureau et appareils informatiques) seront réutilisés ou recyclés après les JO.

D’autres biens ont été conçus pour avoir un faible impact. C’est le cas des lits des athlètes, confectionnés à partir de carton recyclé. Ils ont fait la une ces derniers jours, étant accusés d’être “anti-sexe”, en tout cas pas capable de supporter le poids de deux personnes. Si cela semble faux – ces sommiers peuvent supporter jusqu’à 200 kilos – ils sont surtout totalement écologiques puisque fabriqués à partir de carton recyclé et recyclables à l’issue des Jeux, dans cette même volonté d’héritage. À l’issue des deux semaines de compétition, les cadres des lits seront recyclés en produits de papeterie, tandis que les matelas seront réutilisés en matériaux plastique.

Jeux Olympiques Lits Carton Tokyo 2020 2021 Ecologie Ecolosport

Les lits en carton écolos

Compensation et communication pour combler les manques

Initialement, les organisateurs souhaitaient que 100% de l’énergie utilisée soit renouvelable, au sein d’un pays largement consommateur d’énergie fossile. En effet, plus de deux tiers de l’énergie au Japon provient de ressources fossiles, dont le gaz naturel et le charbon. En réalité, lors de cette Olympiade, seulement un tiers de l’électricité provient directement d’énergies renouvelables, a expliqué à l’AFP un porte-parole de Tokyo 2020. Pour le reste, les organisateurs souhaitent acquérir des certificats d’électricité verte, garantissant qu’une quantité équivalente d’énergie propre a été injectée dans le réseau, ou que des économies d’énergie équivalentes ont été réalisées. De la compensation en bonne et due forme donc, pour combler les manques.

Nous retrouvons cette même stratégie de compensation dans la volonté de ces Jeux d’être un événement neutre en carbone. Puisqu’il n’est évidemment pas possible qu’ils soient “zéro carbone” sans compenser drastiquement ses émissions, l’achat de crédits carbone – ou de bonne conscience – est la nouvelle norme – ou mode. Selon les dernières estimations, les Jeux de Tokyo vont émettre 2,73 millions de tonnes de CO2. C’est évidemment colossal. Grâce à ce programme de compensation et les projets financés, les émissions de 4,38 millions de tonnes de CO2 devraient être évitées. Encore plus colossal, donc.

Si de nombreuses initiatives sont à noter, elles restent bien insuffisantes par rapport à l’ampleur d’un tel événement et à l’urgence climatique. Alors, vrais efforts ou communication ? Verre à moitié plein ou à moitié vide ? A vous de juger !

© Photo à la une : Tokyo 2020

Michaël Ferrisi
Fondateur d'Ecolosport, je souhaite encourager la transition écologique dans le monde du sport. Professionnel du digital dans le rugby, je connais l'environnement des organisations sportives, de ses acteurs et suis persuadé des opportunités que représente cette transition pour la planète et le sport.

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1 Commentaire

  1. Bien que les efforts déployées pour rendre ces J.O plus écologique semblent plus symboliques qu’autre chose, c’est déja un bon début. Les lits en cartons m’ont fait sourire. Chaque grand événement produit effectivement une quantité de déchets énormes, et demande énormément d’énergie. Si l’on ajoute le fait que cela est fait une durée de temps limitée, les gens sont préssés et n’ont plus le temps de se demander si tel action est écologique ou non en cas de doute. Les grands êvenems du type J.O pourraient néanmoins être utlisé comme de réel porte-parole écologique, sachant que ce type d’êvenement à une portée médiatique incroyable. Pour rendre les J.O plus écologique, on pourrait peut-être plutôt se concentrer sur le transport de matériel, et des athlètes, plutôt que sur le recyclage des médailles. Certaines actions sont peut-être plus spectaculaire ou insolites que d’autres, mais il faut surtout se concentrer sur les actions qui ont réellement le plus d’impact. Peut-être effectuer des aménagements particuliers lors du traffic en route vers les J.O dans la ville… Il existe un tas de solutions.

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