Marathlon de Londres Ecologie Ecolosport

Le marathon de Londres, évènement international iconique dans le monde de la course à pied, est une véritable démonstration de la performance humaine avec plusieurs records du monde à son effectif. Mais qu’en est-il de sa performance environnementale ?

L’édition 2021 du Marathon de Londres s’est conclue le dimanche 3 octobre dernier, après une version virtuelle en 2020. Cette année, l’évènement a été proposé en hybride, à la fois en physique et en virtuel rassemblant ainsi près de 100.000 coureurs.

Lancé il y a 40 ans, les organisateurs ont mis en place de nombreuses initiatives éco-responsables depuis l’édition 2019, notamment à travers la signature de la charte “Sport au Service de l’Action Climatique” des Nations Unies. Cinq objectifs ont ainsi été définis afin de rendre l’évènement plus responsable et écologique. Identifier, mesurer et surveiller l’impact environnemental de l’évènement d’abord, et notamment la production de déchets et les émissions CO2. Éliminer, réduire, réutiliser et recycler tous les déchets afin qu’aucun provenant de l’évènement ne soit mis en décharge, ensuite. Troisième objectif : développer et mettre en place une stratégie d’approvisionnement responsable. Le quatrième est de réduire la consommation énergétique tout en améliorant son efficience, notamment à travers l’utilisation de sources renouvelables. Enfin, publier un rapport annuel sur l’impact environnemental de l’événement est le dernier objectif.

Une initiative annoncée comme une évidence selon Megan Hunt, Responsable Développement Durable de l’organisation London Marathon Events (LME) : « On reconnait notre responsabilité en tant qu’évènement de masse médiatisé de mettre en place des standards élevés. » Concrètement de nombreuses actions ont déjà été mise en place en 2019 et en 2021 pour améliorer l’éco-responsabilité de la course.

Réduire les déchets et favoriser l’économie circulaire

Un point de donation est mis en place au départ afin de permettre aux coureurs d’apporter leurs vêtements à recycler ou à donner à des associations caritatives. Plus de 8.000 vêtements ont ainsi pu être remis lors de l’édition 2019.

© Virgin Money London Marathon

L’initiative #DrinkDrainDrop a aussi vu le jour afin d’encourager les participants à vider leurs bouteilles d’eau avant de les recycler dans les bennes adéquates. Cette action permet en effet de faciliter l’étape de recyclage, les bouteilles n’étant pas recyclables si elles sont jetées non vidées. Les bouteilles mises à disposition sont recyclées et 100% recyclables. Des verres compostables contenant des boissons isotoniques sont également proposés et l’utilisation de ceintures d’hydratation est encouragée afin de réduire l’utilisation du plastique. En effet, l’organisation estime qu’en encourageant ces verres compostables et l’utilisation de ces gourdes sur ceinture, elle réduit de 40% la demande de bouteilles d’eau en plastique. Après la récolte de plus de 47 000 bouteilles en plastiques dans les rues londoniennes en 2018, il était effectivement temps d’agir. À travers cette initiative, le Marathon de Londres encourage un changement de comportement chez les runners.

Les sacs fournis à la fin de la course sont produits à base de résidus de cannes à sucre, dans cette même optique de réduction de l’impact environnemental. Aucune information n’est néanmoins disponible sur le mode de production de la matière première, ni sur celle du produit fini. Si nous savons que lors de sa croissance, la canne à sucre absorbe plus de CO2 qu’elle n’en émet, il faut aussi considérer la possibilité d’une production en monoculture intensive utilisant potentiellement des pesticides. Difficile de connaitre l’impact environnemental précis de cette initiative potentiellement intéressante.

Les dossards sont imprimés sur place au lieu d’être envoyés avant la course par voie postale. Cela a permis d’économiser 48.000 enveloppes et d’éviter l’impression de 1.000 dossards finalement perdus. Dans la même optique, les pancartes directionnelles sont réutilisées d’une édition à l’autre. Ces engagements porteurs de changements sur la réduction des déchets ont permis d’augmenter le taux de recyclage de 15% en un an.

Réduire la consommation énergétique de l’évènement et développer des options renouvelables

Afin de réduire les émissions carbone de l’organisation, l’huile végétale hydrogénée a remplacé une large proportion de diesel, utilisé pour les générateurs. En 2020, 75% de l’énergie utilisée par ces équipements provenait d’huiles hydrogénées. Des véhicules électriques ont également remplacé les anciens véhicules au diesel pour les déplacements des organisateurs et des coureurs élites.

Pour compenser les émissions liées au voyage des athlètes élites, la LME s’est engagée à planter des arbres à Londres et au Kenya, lieu dont plusieurs coureurs professionnels sont originaires, en partenariat avec des associations locales. Bien que peu d’informations sont mises en avant sur ces projets, 1.086 arbres ont été planté en 2020 à Londres.

© Thomas Lovelock / Virgin Money London Marathon

Collaborer pour améliorer l’impact environnemental des évènements sportifs

Face à ces problématiques globales et afin de faire évoluer le secteur de l’événementiel sportif vers une démarche plus éco-responsable, le Marathon de Londres mise sur la collaboration. En effet, grâce à son réseau important – tant à l’échelle nationale qu’internationale – l’organisation cherche à informer sur ce qui fonctionne et sur ce qui doit encore être amélioré. Un rapport annuel a donc été mis en place afin de présenter les nouvelles initiatives mises en place mais également – pour comparer avec les autres éditions – l’évolution des projets et de leur impact.

Une démarche mise en avant par Meghan Hunt : « Lors de l’organisation des évènements de masse, nous avons la responsabilité de réduire notre impact environnemental et de promouvoir une action collective avec nos partenaires et participants. Nous sommes dans une position unique, et nous pouvons faire des choses à ce niveau-là ».

Photo à la Une : © Virgin Money London Marathon

Mathilde Levy
Convaincue que les valeurs d'éthique, de durabilité et d'éco-responsabilité doivent être la norme et non pas l'exception, j'oeuvre à amplifier ces initiatives sportives pour que le sport soit le reflet de nos sociétés futures.

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