Vista ballon Jean-Baptiste de Tourris Football Ecologie Ecolosport

Produit polluant à souhait et symbole-même du sport, le ballon voit de nouveaux acteurs arriver sur le marché, avec la volonté d’être plus responsable et durable. C’est le cas de Vista, dont voici l’histoire.

Vista. Si ce mot vous dit quelque chose, vous êtes soit un adepte de la bonne passe, soit un lecteur assidu de Linkedin. Jean-Baptiste de Tourris inonde depuis quelques mois ce réseau social de publications et de messages au sujet de ses nouveaux ballons, durables, « qui tiennent plus longtemps et qui abîment moins l’environnement. » On ne pouvait pas passer à côté de ce lancement et bien nous en a fait.

« On part d’un constat : le ballon est une aberration sociale et environnementale, avance le fondateur. C’est le produit le plus fédérateur au monde puisqu’il réunit des gens venant de tous milieux, de tous pays, de toutes couleurs. » Fédérateur mais pas exemplaire. Un ballon est constitué à 100% de plastique et est issu d’une économie très linéaire : extraction de pétrole, transformation en plastique à travers des procédés polluants, fabrication des ballons en Asie dans des conditions déplorables, et une fois usés ou crevés, les ballons sont jetés à la poubelle. « Il y a environ 27.000 tonnes de déchets par an dans le monde. Ce n’est pas soutenable » abonde Jean-Baptiste. Socialement intenable aussi, puisque les ballons sont fabriqués en Chine, au Vietnam, au Pakistan et en Inde notamment, par des ouvriers qui sont très majoritairement payés sous le seuil de pauvreté.

50% de plastique en moins, empreinte carbone divisée par 2, insertion sociale…

Le constat dressé, comment agir ? A l’instar de BeRugbe ou de Rebond, Vista souhaite fabriquer des ballons responsables et changer la fin de vie de ces objets. En récupérant le revêtement des sièges de voiture et d’avion et en leur donnant une seconde vie, Vista se permet d’avoir 50% de plastique en moins dans ses ballons. L’empreinte carbone – de 7kg de CO2 pour un ballon « classique » – est aussi divisée par deux. Les ballons Vista seront aussi réparables, que le problème vienne de fils décousus, de vessie crevée ou de panneaux déchirés ; et aussi adaptée aux normes UE des jouets pour enfants, ce qui n’est pas une obligation aujourd’hui.

« Les ballons seront fabriqués en partie par une ONG située au Kenya et qui a deux particularités : elle fait de l’insertion sociale auprès de personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté et qui n’ont jamais eu de travail déclaré ; et elle a un programme de santé pour les enfants. Cette ONG nous apporte son expertise et nous apprend à fabriquer des ballons – car c’est très technique ! A Marseille, dans un atelier d’insertion, on fabrique ensuite la dernière partie du ballon. On croit beaucoup aux valeurs de l’insertion » détaille Jean-Baptiste de Tourris, dont l’objectif, à terme, est de fabriquer des produits à partir de matériaux récupérés en France et conçus de plus en plus sur le territoire hexagonal.

Vista ballon Jean-Baptiste de Tourris Football Ecologie Ecolosport

Un lancement sur Ulule réussi

La marque a donc lancé ses premiers ballons en pré-commande au début du mois d’avril, sur la plateforme de financement participatif Ulule. Sur le mois d’avril, Vista espère arriver à plus de 1.000 pré-commandes. A date, il en a vendu près de 300. L’objectif ? Être prêt pour la Coupe du Monde et Noël. « On a un objectif de 5.000 ballons à la fin de l’année, tout en sachant que c’est une part infime de la production mondiale… » ajoute Jean-Baptiste, qui travaille en binôme avec Agathe sur ce projet. Les prix vont de 30€ pour un taille 1, à 50€ pour un taille à 5. La marque propose aussi des ballons Aventure pour les enfants et des ballons de cécifoot.

Vista ne vise pas, pour l’instant, les clubs de football mais les utilisateurs directement, pour du loisir. La marque souhaite par contre travailler la circularité des ballons avec les sites de foot à 5. « On peut réparer un ballon décousu ou crevé. On essaye de mettre en place un système de location de ballons. On leur en envoie 10 bons, et ils nous en renvoient 10 crevés, etc… L’idée est d’allonger leur durée de vie. »

Avec un projet aussi éco-responsable que social, Jean-Baptiste peut bien inonder les réseaux sociaux. Il peut bien nous montrer… sa vista.

Michaël Ferrisi
Fondateur d'Ecolosport, je souhaite encourager la transition écologique dans le monde du sport. Près de 10 années dans le monde du sport amateur et professionnel me permettent de bien connaitre l'environnement des organisations sportives, ses parties prenantes. Je suis persuadé des opportunités que représente cette transition pour la planète et le sport.

Dans la même rubriqueA la une

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.