Sur son We Explore fait à 50% de fibre de lin, Roland Jourdain a fini à la deuxième place de la Route du Rhum et a démontré que la notion de « performance durable » avait de beaux jours devant elle.

Si Roland Jourdain a d’abord terminé sa Route du Rhum en tête de sa catégorie Rhum Multi, il a finalement été déclassé une heure après, pour une absence de plomb dans le bateau. Il termine donc à la 2e place du classement, derrière Loïc Escoffier. Roland Jourdain, dit « Bilou », a pendant une heure montré qu’il était possible de gagner une grande course en ayant une démarche écologique. En soi, cette 2ème place finale ne démontre en rien le contraire : il est possible de se battre pour la victoire avec une autre approche, plus durable.

Nous vous en parlions cet été, son bateau, le We Explore, a été fabriqué à 50% de fibres de lin, matière naturelle qui vient en remplacement des fibres de carbone utilisées en général et jugées trop polluantes. Le pont du voilier est d’ailleurs la plus grande pièce jamais construite en fibres végétales. « Ce projet de catamaran écoconçu a réuni les expertises complémentaires des partenaires, nous avons imaginé ensemble des solutions pour fabriquer la plus grande pièce en lin jamais produite et explorer de nouvelles voies avec le lin, a réagit la coopérative Terre de Lin, partenaire du We Explore, via son président Guillaume Hémeryck. We Explore est le fruit d’une innovation collaborative qui ouvre de nouvelles perspectives. »

Déjà vainqueur par deux fois sur la Route du Rhum, Bilou a voulu « montrer que d’autres voies sont possibles. C’est tout le projet de ce bateau, de montrer les progrès que l’on peut faire. »

© M. Viezzer / We Explore

La performance durable, le nouvel enjeu du monde de la voile

Au delà du lin, Roland Jourdain a également utilisé des matériaux de seconde main. L’un des spis du We Explore l’avait déjà accompagné sur son dernier Vendée Globe, en 2009. D’autres équipements comme les couverts ou la chaise de la table à carte ont aussi connu plusieurs vies.

Cette place de dauphin lui attribue un mérite particulier. Elle vient récompenser l’innovation au service d’une performance durable ! Aux côtés de Sophie Jourdain-Vercelletto, le projet valorise la performance environnementale bien avant la performance sportive. Pourtant, le Concarnois a obtenu les deux. Il démontre ainsi que l’avenir de la voile s’écrit en vert, alors que la « course à l’armement » des skippers, toujours plus avides de records, est remise en question par d’autres, engagé(e)s pour l’environnement et pour une pratique de la voile plus responsable. Parti sans l’ambition de gagner, celui qui a pris « beaucoup de plaisir » à naviguer est passé à un cheveu de l’emporter. Le plus important était finalement ailleurs…

Photo à la Une : © M. Viezzer / We Explore

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