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Mathieu Peisson : “Les petits ruisseaux font les grandes rivières !”

Membre de l’Equipe de France de water-polo depuis 20 ans, Mathieu Peisson a participé aux Jeux Olympiques de Rio en 2016. Le Sétois d’origine est aussi convaincu de l’importance de la protection de l’environnement et des océans. Entretien.

Mathieu Peisson, d’où vous vient cette conviction et cet engagement sur les questions écologiques ?

Je viens de Sète, une petite ville du Sud de la France, coincée entre la mer, des étangs et des canaux. Ma ville, c’est tout pour moi, ce sont mes origines, mes racines, j’y ai toute ma famille et mes amis d’enfance. Quand on grandit dans ce milieu-là, et qu’on connait ensuite la vie à Paris, où le paysage est très différent, plus pollué, où certaines rues et quartiers sont dans un mauvais état… On se rend compte que quelque chose ne va pas, et qu’on vient d’un petit havre de paix.

J’ai toujours été quelqu’un qui gueulait quand je voyais des personnes jeter ses emballages plastiques par terre et qui ne faisaient aucun effort sur ces sujets-là. On se rend compte aujourd’hui davantage que l’humanité va se retrouver asphyxier par la surexploitation des ressources de notre planète. Il est choquant de voir le monde être obnubilé par le fait de faire du profit au détriment des enjeux et problématiques environnementales d’aujourd’hui.

Notre grande force actuelle, ce sont les réseaux sociaux. Aujourd’hui, avec un smartphone, on peut savoir dans la seconde ce qui se passe dans le monde entier. Quand j’avais 15 ans, ce n’était pas pareil… La prise de conscience peut être plus importante grâce à ça, aujourd’hui. Chacun peut agir à son niveau pour faire changer les choses. Les petits ruisseaux font les grandes rivières !

Quel est le rôle du sportif justement ? Comment les sportifs au sens large peuvent agir pour sensibiliser le public ?

Un sportif n’est pas décideur, il n’a pas la décision finale. Par contre, le sportif a ce pouvoir extraordinaire et fort de pouvoir influencer une décision. Un sportif a son réseau autour de lui et peut faire passer une idée plus vite qu’une personne lambda.

Je prends à nouveau l’exemple des réseaux sociaux. Un sportif qui a 20 000 abonnés sur les réseaux sociaux a plus d’impact qu’un simple utilisateur et ses 50 abonnés – même si le simple utilisateur a, aussi et bien sûr, son rôle à jouer ! Le sportif peut défendre une cause, une idée et faire prendre conscience à sa communauté de certains enjeux.

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Nettoyage du brise-lames à Sète, le 20 juin dernier – Photo : Midi Libre.

Avant d’agir sur des causes environnementales mondiales, qui sont bien sûr importantes, chacun peut agir localement. Par exemple, récemment, des amis d’enfance ont organisé le nettoyage du brise-lames de Sète, qui sert à couper les vagues et donc à protéger le port. Au fil des années, on se rend compte que les touristes, les navires de plaisance ou de croisière rejettent des déchets qui se retrouvent sur cette avancée de terre. Malheureusement, j’étais à Paris et je n’ai pas pu participer à cette manifestation. Mais c’est une action très significative au niveau local, qui permet aux sétois et aux touristes de prendre conscience du besoin de préservation de l’environnement.

On imagine que le fait d’évoluer dans le milieu aquatique vous rend plus sensible à la pollution marine

Complètement ! Venant d’une ville maritime, j’ai toujours eu une sensibilité particulière pour la mer et l’eau. Quand je vois les déchets plastique rejetés dans la mer et les océans, quand je vois le vortex de déchets du Pacifique, ça écoeure, ça donne envie d’agir. J’y suis très sensible, et je suis très curieux sur les innovations qui permettent de nettoyer les océans.

Dès que je suis sollicité pour des actions en faveur de l’environnement et des océans, je réponds présent parce que je sais qu’à ma petite échelle, je peux aider.

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Mathieu Peisson, à droite.

Comment cela se matérialise pour vous au quotidien ?

J’essaye de suivre beaucoup d’influenceurs zéro déchets, vegan ou qui oeuvrent pour l’environnement sur les réseaux sociaux. Ça me donne des idées sur comment je peux encore m’améliorer au quotidien.

Au delà du tri sélectif, je fais bien sûr attention à ce que je consomme, j’achète le strict minimum en essayant d’utiliser le moins de plastique possible. J’essaye aussi d’acheter le plus local possible, c’est important.

Je n’ai jamais été contacté par des associations ou des ONG par contre.

Mais ça pourrait vous intéresser ?

Exactement ! Je ne vais pas mentir et dire que je suis hyper engagé. Non, mais j’y suis très sensible et je regarde toujours ce qui peut être fait.

Comment la Fédération Français de Natation peut agir auprès de ses licenciés sur ces thématiques ?

Je ne crois pas qu’il y ait grand chose de fait aujourd’hui. La Fédération Française de Natation est une place forte et pourrait s’engager dans une campagne de sensibilisation sur la pollution des océans et des mers. Même si la plupart des disciplines de la FFN se tiennent en piscine, elle possède aussi une section de nage en eau libre, dans le milieu naturel. Cela pourrait être intéressant de sensibiliser le public sur ces sujets.

La Fédération organise aussi, par exemple, des beach water-polo. Ce serait très intéressant de mener des actions de sensibilisation dans le même temps.

Ces idées peuvent ne pas venir de la Fédération elle-même mais aussi d’un sportif, qui insufflerait ses idées auprès de la Fédération. Je ne parle pas forcément de la natation, mais du sport en général. Les sportifs ont ce pouvoir ! Si quelque chose se fait à Sète, en tout cas, je serai partant !

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Sensibiliser le public à l’occasion des beach water-polo ? C’est l’idée de Mathieu Peisson

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Michaël Ferrisi
Fondateur d'Ecolosport, je souhaite encourager la transition écologique dans le monde du sport. Professionnel du digital dans le rugby, je connais l'environnement des organisations sportives, de ses acteurs et suis persuadé des opportunités que représente cette transition pour la planète et le sport.

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