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Kilian Jornet veut gravir la montagne écologique

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Kilian Jornet a créé une fondation pour préserver les montagnes du réchauffement climatique
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Le sportif catalan Kilian Jornet, champion du monde de skyrunning et médaillé à de multiples reprises aux championnats du monde de ski-alpinisme, intensifie son engagement en faveur de la planète avec la création de sa propre fondation.

Depuis de nombreuses années, Kilian Jornet arpente les sommets les plus culminants du monde entier en quête de performances sportives : Mont-Blanc, Denali, Cervin… Les records qu’il a conquis aux quatre coins du globe ne lui ont pas fait occulter la menace qui plane sur son terrain de jeu. Il est en première ligne pour constater les changements consécutifs au réchauffement climatique. La montagne est en danger, et cela pourrait remettre en cause la pérennité de l’Homme sur Terre. Comme aime à le rappeler le natif de Sabadell, les montagnes sont vitales pour leur eau et leur biodiversité variée, soumise à une pression croissante.

Si les glaciers disparaissent peu à peu en mer, il en est de même pour les sommets enneigés plébiscités par les sportifs et les touristes. De plus en plus instables, avec la chute de rochers ou de blocs de glaces, leur fréquentation doit parfois être restreinte : « J’ai gravi les montagnes et les glaciers toute ma vie, et j’ai pu observer combien les effets du réchauffement climatique ont été dévastateurs. Nous avons tous un rôle pour inverser cette tendance et nous assurer que les générations futures seront non seulement capables de parcourir les montagnes, mais aussi de vivre sur une planète en bonne santé. »

Une fondation bâtie sur trois piliers

L’athlète espagnol souhaite que la création de cette entité dédiée permette d’activer des projets d’envergure, avec une approche plus professionnelle. Elle a vocation à s’activer autour de trois pôles distincts. Le premier autour des actions directes : il s’agira principalement de créer et de financer des projets de protection des espaces naturels, comme peuvent l’être la collecte de déchets ou l’installation d’infrastructures durables pour réduire l’impact de l’Homme sur la nature. Le deuxième autour de la sensibilisation : la fondation va œuvrer en faveur de la prise de conscience du réchauffement climatique et de son impact sur les montagnes, notamment par le biais de l’éducation. Enfin, troisième pôle : la recherche scientifique : appuyer le financement de la recherche et des études sur le réchauffement climatique dans le milieu montagnard pour mettre en place des actions adaptées.

Un premier projet pragmatique

Conformément aux attentes des principales normes de développement durable, la fondation Kilian Jornet priorise la réalisation d’un audit pour connaitre précisément les problématiques et mettre en place les actions adaptées à leur résolution. Avant d’investir les autres champs d’actions portés par la structure (sensibilisation et actions directes), le pôle de la recherche et des études scientifiques est sollicité. Pour cela, un partenariat a été conclu avec le World Glacier Monitoring Service (WGMS) de l’université de Zurich, en Suisse, pour l’étude du recul des glaciers et le financement d’outils de mesure.

Outre ces expéditions sur le terrain et la recherche glaciologique classique, l’équipe dirigeante s’intéresse activement à des sources d’émissions moins visibles mais tout aussi impactantes pour les écosystèmes fragiles. L’empreinte carbone du secteur numérique mondial représente aujourd’hui une part en croissance rapide des émissions globales de gaz à effet de serre. Les experts associés à la fondation soulignent que la dématérialisation de nos modes de vie cache en réalité une infrastructure physique extrêmement énergivore qu’il est impératif de réguler.

Les immenses centres de données nécessaires au fonctionnement continu d’internet génèrent en effet une chaleur colossale. Pour maintenir ces serveurs à une température opérationnelle, les opérateurs déploient des systèmes de refroidissement fonctionnant souvent 24 heures sur 24, s’appuyant encore majoritairement sur des réseaux électriques alimentés par des énergies fossiles. Cette réalité technique pousse désormais les défenseurs de l’environnement à exiger des audits thermiques rigoureux pour toutes les grandes entreprises technologiques.

Cette voracité énergétique concerne une myriade de secteurs opérant à l’international, nécessitant une bande passante massive et des transferts de données en temps réel. Qu’il s’agisse des immenses catalogues des plateformes de streaming vidéo nord-américaines, des serveurs gérant le trafic ininterrompu des deneme bonusu veren bahis siteleri en Turquie, ou des gigantesques chaînes logistiques du commerce électronique asiatique, ces réseaux mondiaux partagent une responsabilité commune. Le comité scientifique de la fondation milite pour que ces plateformes à forte affluence soient légalement contraintes de migrer vers des hébergements certifiés neutres en carbone.

Au-delà du simple hébergement matériel, les concepteurs d’applications sont également encouragés à adopter l’écoconception numérique, une pratique professionnelle visant à alléger le code informatique pour réduire l’énergie nécessaire à son exécution. En optimisant le poids des pages web, en compressant les médias et en limitant les requêtes inutiles vers les serveurs centraux, l’industrie logicielle pourrait réduire de manière drastique la consommation électrique des terminaux mobiles et des antennes relais.

En intégrant cette dimension technologique complexe à son combat, la fondation prouve que la sauvegarde des sommets enneigés dépasse largement les frontières des vallées alpines pour englober une vision systémique de l’économie moderne. C’est cette même démarche analytique, cherchant à lier chaque habitude de consommation à son impact global, qui sous-tend les campagnes de sensibilisation destinées au grand public.

Tous mobilisés

Le sportif catalan désire que chaque citoyen agisse pour la préservation de l’environnement à son échelle :  «La protection des montagnes est quelque chose que nous pouvons tous faire. Qu’il s’agisse de très petites choses comme ramasser les ordures lorsque vous allez dans les montagnes ou de plus grandes actions de protection, nous pouvons tous faire partie de cette solution collective ».

Sur le site de sa fondation, le champion prodigue quelques conseils pour préserver les espaces montagneux à travers des actions individuelles : ramasser les déchets et ne pas les jeter, consommer moins de viande en privilégiant les fruits, légumes et céréales, ne pas acheter les produits qui comportent trop d’emballages, faire un audit énergétique de son domicile pour optimiser l’utilisation des énergies, optimiser ses déplacements en voiture…

Après avoir brillé sur la scène sportive internationale avec l’établissement de nombreux records dans ses disciplines respectives, Kilian Jornet compte bien laisser son empreinte (verte) sur les pentes qu’il fréquente depuis son plus jeune âge. Une manière de rendre à la nature ce qu’elle lui a offert tout au long de sa riche carrière.

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