Un groupe d’étudiants de l’école d’ingénieurs ESTACA se lance dans la conception d’un SSV 100% électrique pour participer à des rallyes-raid. On parle du projet Saar-e avec Paul Plouvin.

Et si la jeunesse prenait les choses en mains ? Nombre d’étudiants se montrent intéressés et entreprenants sur les sujets du sport et du développement durable. Nous avions déjà évoqué le Sports Business Challenge ou encore la Semaine Nationale du Sport et de l’Environnement de l’ANESTAPS. Aujourd’hui, nous évoquons le projet Saar-e, né dans les couloirs de l’ESTACA, école d’ingénieurs spécialisée dans les transports.

Un groupe d’étudiants développe et construit depuis un an un SSV 100% électrique, avec l’ambition de participer à plusieurs rallyes-raid d’ici 2023. “Le projet a démarré début 2020, et notre équipe technique est désormais composé d’environ 25 étudiants” explique d’abord Paul Plouvin, responsable partenariats de Saar-e. “Les deux créateurs du projet sont des passionnés de sport automobile. Après plusieurs discussions, ils ont décidé de se lancer dans un projet de véhicule durable, pour associer énergies renouvelables et véhicules de compétition. Le but est d’arriver au même niveau de performance qu’un véhicule thermique.”

Le projet répond aussi à la formation suivie par ces étudiants. L’ESTACA possède 4 filières au sein de son école : automobile, aéronautique, ferroviaire et spatial. Il est possible, en fin de cursus, de se spécialiser dans les énergies renouvelables et l’éco-mobilité.

Saar-e Estaca Ecolosport

Un projet durable et humanitaire

Plus concrètement, l’ambitieux projet Saar-e travaille sur un véhicule Yamaha, le modèle YXZ 1000, uniquement commercialisé en thermique. Les étudiants doivent ainsi tenter d’électrifier le SSV. Si les performances sont au rendez-vous, le constructeur nippon inscrira ce véhicule sur plusieurs bajas, des petites courses de rallye-raid en France et en Europe. Car l’objectif est bel et bien de commencer la compétition en 2022, pour tester le véhicule et récolter des données. Un projet qui servira aussi la marque japonaise. “Si nous arrivons à fabriquer un système de propulsion fiable et performant en électrique, nous leur donnerons toutes nos données et tout le travail effectué durant ces 3 à 4 années, pour qu’ils puissent retravailler le système et, potentiellement, intégrer le modèle électrique à leur gamme de véhicules. Ça fait partie du partenariat.”

L’objectif absolu est la participation à l’Africa Eco Race en 2023, une course portée par des valeurs éco-responsables et humanitaires. Cette course met en place un certain nombre d’actions en faveur du climat et des populations locales : panneaux photovoltaïques sur les véhicules de l’organisation, tri des déchets et récupération d’huile, protection des parcs nationaux, implantation d’arbres en Mauritanie, favorisation de l’économie locale en engageant des prestataires locaux, etc. “Chaque année, il y a aussi un don de lampes solaires pour remplacer les lampes à pétrole des foyers des villages traversés par la course, explique Paul Plouvin. Il y a plusieurs intérêts : les enfants peuvent étudier 2 à 3 heures de plus par jour, la sécurité est renforcée car la mortalité due à ces lampes à pétrole est forte, et cela permet d’empêcher un rejet de CO2 important ces dernières années.”

En marge de l’Africa Eco Race, ESTACAIDE, l’association humanitaire de l’ESTACA, enverra aussi quelques uns de ses étudiants rejoindre l’équipe de Saar-e pour développer un projet humanitaire dans les pays traversés par la course.

Michaël Ferrisi
Fondateur d'Ecolosport, je souhaite encourager la transition écologique dans le monde du sport. Professionnel du digital dans le rugby, je connais l'environnement des organisations sportives, de ses acteurs et suis persuadé des opportunités que représente cette transition pour la planète et le sport.

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