Robin Molinié Handball Ecologie Zone Verte Ecolosport

Handballeur professionnel à l’US Créteil, Robin Molinié est aussi un sportif engagé pour la cause environnementale. C’est lui qui a impulsé le mouvement Zone Verte auprès de la LNH et de l’AJPH. Entretien.

Vous êtes à l’origine du dispositif Zone Verte, qui a été lancé la semaine dernière. Comment vous est venue cette idée ?

Robin Molinié : J’ai effectivement essayé d’impulser un mouvement. J’ai terminé mes études il y a environ 3 ans et j’avais envie de m’impliquer dans autre chose que ma carrière de handballeur, et pour une cause qui me tient à coeur. À ce moment-là, je me rendais compte qu’il y avait beaucoup d’actions sociales et solidaires qui étaient menées par les clubs et la Ligue Nationale de Handball (LNH), et très peu autour de l’écologie. C’était moins la mode, on n’en parlait moins à ce moment-là, et je voulais que l’on puisse mener des actions sur ce volet-là aussi.

Tout est parti d’une discussion avec des membres de l’Association des Joueurs Professionnels de Handball (AJPH), Anne-Laure Michel et Victor Boillaud. Je leur ai présenté mon idée et les ai questionnés sur la faisabilité d’un tel projet. J’ai eu un retour positif de leur part, donc nous avons commencé à travailler là-dessus et nous l’avons présenté quelques semaines après à la LNH, qui l’a validé. Tout s’est enchainé assez rapidement jusqu’à la pandémie, qui a tout retardé jusqu’à ces derniers jours où nous avons lancé le projet Zone Verte.

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Le LNH et l’AJPH ont beaucoup communiqué sur ces gourdes mais le problème est plus profond. Quels sont les prochains projets du handball français et de Zone Verte ?

Robin Molinié : Bien sûr, le problème est plus profond. La mise à disposition de ces gourdes était l’action la plus facile à mettre en place et la plus visible pour le grand public. Nous voulions nous attaquer au problème du plastique et commencer à organiser des matchs sans plastique à usage unique. L’idée est d’éradiquer à terme son utilisation lors des matchs organisés par la LNH.

Ensuite, nous voulions qu’il y ait une entité suffisamment forte qui permettent de regrouper toutes les actions menées par les clubs, comme la NBA a su le mettre en place avec NBA Green. Certains clubs s’impliquent déjà et mènent des actions de plogging ou d’éducation sur le tri. Nous avons aussi, dans le même temps, mis en place une charte qui doit aider les clubs à agir sur un certain nombre de points comme la mobilité et la sensibilisation. Le sport professionnel dans sa globalité est une activité qui utilise des transports, des équipements et des matériaux qui polluent. Nous sommes loins d’être parfaits…

Agir au niveau de l’EHF (Fédération européenne) ou de l’IHF (Fédération internationale) pourrait être l’objectif suivant ?

Robin Molinié : L’idée de Zone Verte est d’aller au delà de la Ligue Nationale de Handball et de toucher la Fédération Française de Handball et ses licenciés, ainsi que le secteur féminin avec la Ligue Féminine de Handball. Si nous arrivons à supprimer, par exemple, le plastique à usage unique sur tous les matchs de handball en France, ça aura un poids énorme !

J’ai vu que l’IHF a repris le lancement du programme Zone Verte sur son site et ses réseaux sociaux, c’est super ! Nous pourrions étendre ce qui est fait en France aux compétitions européennes et mondiales. Que le moteur de cette transition soit Zone Verte ou une autre entité, ce n’est pas le plus important.

Quel est le rôle du sportif dans tout ça ?

Robin Molinié : J’aimerais beaucoup que les clubs sensibilisent les jeunes et projettent le rôle du joueur professionnel comme un modèle. Beaucoup de joueurs ont des audiences très importantes, certains sont des influenceurs. J’aimerais que cette influence que nous avons sur les réseaux sociaux ne servent pas à vendre des objets parfois inutiles mais à sensibiliser sur les bons comportements à adopter autour des déplacements, du tri, de la mobilité, etc.

Le sport est à la croisée des chemins sur ces sujets, vous avez envie de vous investir auprès du handball français, Peut-être davantage après votre carrière ? Est-ce un objectif de reconversion ou juste une façon de lutter à votre niveau ?

Robin Molinié : Déjà, j’espère jouer encore de nombreuses années… (rires) Rien n’est encore fixé par rapport à ma reconversion, mais si mon futur travail peut avoir un impact positif sur l’écologie ou en tout cas avoir du sens à mes yeux, alors j’en serai ravi, bien sûr.

Mais le projet Zone Verte qu’on a construit avec l’AJPH n’est pas lié à une réflexion sur ma reconversion professionnelle. Je me suis surtout dit qu’il fallait agir !

Vous êtes un joueur de l’US Créteil Handball depuis 2019. Avez-vous déjà évoqué ces sujets avec ton club ?

Robin Molinié : Bien sûr, oui, dès que nous avons commencé à travailler sur Zone Verte avec la LNH, nous en avons discuté avec le club. Nous avons lancé le programme fin février et depuis, ça a déjà bien bougé. Des fontaines à eau vont être mis à disposition de tous les licenciés du club dans les gymnases par exemple.

En une semaine, je constate que notre communication a déjà eu son effet, tout s’accélère ! Que ce soit à Créteil ou dans d’autres clubs, nous avons plein de retours positifs, c’est une très bonne chose !

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Crédits photo : Kévin Domas

Au quotidien, comme se traduit cet engagement ?

Robin Molinié : J’ai certes impulsé le mouvement, mais je ne veux pas être vu comme un ayatollah de l’écologie ou l’écolo parfait car ce n’est pas vrai. Je ne suis pas parfait et ce n’est pas mon objectif.

Cela fait par exemple 4 ou 5 ans que j’ai grandement réduit ma consommation de viande. J’essaye d’aller voir des petits producteurs locaux sur les marchés pour les fruits et légumes. Cela fait aussi quelques temps que je vais à l’entrainement en trottinette électrique et je ne suis pas le seul, la moitié de l’équipe fait désormais cela. Evidemment, par l’éducation que l’on m’a donnée, je trie mes déchets. J’essaye de reprendre certaines personnes quand je vois des mégots être jetés. C’est un sujet naturel pour moi, j’ai été éduqué de cette manière. J’essaye aussi de faire réfléchir mes coéquipiers sur certains comportements, mais sans donner de leçons non plus.

Les gens ne se rendent pas compte du pouvoir qu’ils ont dans leur façon de consommer. Si nous montrons à la grande distribution ou aux marques que nous voulons consommer autrement, ils s’adapteront. Il ne faut pas être qu’ils s’adaptent en amont, car ils s’adaptent à la clientèle. Nous avons le pouvoir de changer les choses !

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Michaël Ferrisi
Fondateur d'Ecolosport, je souhaite encourager la transition écologique dans le monde du sport. Professionnel du digital dans le rugby, je connais l'environnement des organisations sportives, de ses acteurs et suis persuadé des opportunités que représente cette transition pour la planète et le sport.

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