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L’égalité des sexes est l’un des 17 objectifs de développement durable. Elle est aussi présente dans la Charte des 15 engagements éco-responsables du WWF et du Ministères des Sports. En cette journée internationale des droits des femmes, zoom sur leur place dans le sport professionnel.

Le sport est un des acteurs les plus puissants dans la promotion de l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes et des jeunes filles, mais n’échappe pas aux problèmes sociétaux, en particulier dans le sport professionnel.

Sportives et sportifs professionnels : entre égalités et inégalités de salaires

La plupart des athlètes de haut niveau souhaitent faire de leur pratique sportive un métier, un moyen de gagner leur vie. Véritable reflet de la société, le sport ne fait pas exception à la règle suivante : les femmes y sont moins, parfois beaucoup moins bien payées que les hommes. L’égalité de salaire est très variable selon les sports. Certains sont égalitaires, comme le tennis, le surf ou le patin à glace. Les récompenses des tournois du grand chelem sont similaires que l’on s’appelle Rafael Nadal ou Serena Williams.

Mais pour bien d’autres sports, les inégalités de salaires sont encore trop importantes. Dans la liste des 100 sportifs les mieux payés au monde – qui prend en compte les salaires, les primes ainsi que les revenus publicitaires – le tennisman Roger Federer est en tête, avec près de 107 millions de dollars de revenus. Seules deux femmes figurent dans ce classement : les tenniswomen Naomi Osaka (29e, 37,4 millions) et Serena Williams (33e, 36 millions). Dans le football, les professionnelles y gagnent en moyenne 12 fois moins que leurs collègues masculins. Dans le rugby, même constat. Seules 26 joueuses françaises bénéficient d’un contrat fédéral à mi-temps, et donc d’un statut semi-professionnel.

Principale raison de ces écarts ? Les matchs et compétitions féminines ont une visibilité réduite, sont beaucoup moins médiatisés et retransmis, et les sponsors sont ainsi beaucoup moins enclins à la générosité. Dès lors, quelles solutions ? Développer et professionnaliser davantage le sport féminin. Une cause à laquelle se consacrent de nombreuses sportives de haut niveau.

Ces sportives engagées

Crédits photo : Mike Ehrmann

A côté de Serena Williams, figure forte du sport féminin international, on retrouve les joueuses américaines de hockey-sur-glace médaillées d’or olympiques, les jumelles Lamoureux. Monique et Jocelyne sont bien plus que des athlètes de rang mondial. Avant les Championnats du Monde 2017, leur équipe et elles ont mis leurs espoirs de médaille d’or en péril en s’attaquant à leur instance dirigeante en défendant la cause de l’équité entre les sexes pour la prochaine génération de joueuses de hockey. Très engagées dans ce combat et pour le développement d’une véritable ligue professionnelle de hockey féminine, les athlètes déjà contributrices du média Know Your Value viennent de sortir en février dernier leur livre “Dare to Make History: Chasing a Dream and Fighting for Equity“.

Dans le milieu du football professionnel, la footballeuse américaine Megan Rapinoe médaillée d’or aux Jeux Olympiques de Londres, est une fervente défenseur de l’égalité et de la tolérance LGBT. Elle a tenu tête à Donald Trump en annonçant, avec le soutien de son équipe et avant la victoire des Etats-Unis à la Coupe du Monde 2019, qu’elle ne se rendrait pas à la Maison Blanche. En tant que célébrité ouvertement homosexuelle, elle soutient plusieurs ONG dans la lutte contre l’homophobie. Avec ses coéquipières de l’équipe nationale de soccer féminine américaine, elles ont également poursuivi leur propre fédération pour discrimination parce qu’elle versait à l’équipe masculine des primes de victoire plus élevées que les femmes.

Ces autres femmes de haut niveau

Dans les métiers du sport professionnel, on retrouve bien entendu les athlètes de haut niveau, mais également les arbitres et entraineuses, qui bien souvent, ont un passé de carrière sportive professionnelle. Dans cette catégorie, on pense évidemment à Sarah Thomas, première femme à arbitrer un Super Bowl, le 7 février dernier. En 2015, elle avait déjà été nommée première femme officielle à temps plein de la NFL et il y a deux ans, elle est devenue la première femme à arbitrer un match éliminatoire de la NFL.

Toujours lors du Super Bowl 2021, les entraîneuses adjointes des Buccaneers de Tampa Bay, Maral Javadifar et Lori Locust sont devenues les deuxièmes et troisièmes femmes, après Katie Sowers en 2020, à entraîner une équipe jouant le Super Bowl. Du fait de la victoire des Buccaneers, Javadifar et Locust deviennent, par la même occasion, les premières femmes entraîneuses à remporter un Super Bowl.

Côté français, la championne de France de rugby en titre Gaëlle Mignot devient la nouvelle figure féminine du rugby professionnel. Elle est devenue entraîneuse au sein du centre de formation du Montpellier HR en 2020, en parallèle de sa fin de carrière de joueuse, et après l’avoir été 7 années avec la section jeunes.

Gaëlle Mignot – Crédits photo : Icon Sport

Ces femmes qui occupent des postes de direction

La participation des femmes à la plus grande compétition internationale – les Jeux Olympiques – était à l’époque loin d’être évidente, que ce soit sur le terrain ou dans les instances de décision, comme l’illustre la citation de Pierre de Courbetin en 1912 : « Aux JO, le rôle des femmes devrait être, comme aux anciens tournois, de couronner les vainqueurs. »

Le PDG des Jeux Olympiques de Tokyo, Toshiro Muto, a annoncé tardivement que 12 femmes seront ajoutées au conseil d’administration des Jeux. Seiko Hashimoto, ancienne patineuse de vitesse et coureuse cycliste sur piste japonaise et désormais nouvelle présidente du comité d’organisation, a joué un rôle déterminant dans ces changements. Par ailleurs, Kim Ng est devenue en novembre 2020 la première femme à occuper un poste de directeur général de la Ligue de Baseball Majeur (MLB), après avoir occupé pendant 9 ans le poste de vice-présidente aux opérations baseball de cette même Ligue. Elle est ainsi devenue la première femme à occuper de telles fonctions à la tête d’une équipe professionnelle masculine en Amérique du Nord.

« Ce qui compte, ce sont les compétences » – Gaëlle Mignot

Chacune de ces femmes ont accédé à ces postes de direction en raison de leurs compétences. En effet, elles occupent ces postes en tant que femmes mais ne les ont pas obtenus parce qu’elles étaient des femmes. L’égalité, c’est bien cela : valoriser une personne pour ses compétences et non pas pour son sexe.

Charlotte Frueh-Richardot
Naturellement passionnée par le sport en tant que sportive de haut niveau, je suis convaincue qu'il est un outil de développement majeur de nos sociétés. Il est désormais nécessaire de rendre sa pratique soutenable et durable afin de pérenniser ce rôle.

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