Maxine Koh Lanta Ecolosport

Ancienne gymnaste et plongeuse de haut niveau, Maxine s’est hissée jusqu’à la grande finale de Koh-Lanta, les armes secrètes, qui débute ce soir avec la mythique course d’orientation. Pour Ecolosport, l’aventurière revient sur son parcours dans l’émission et sur son engagement en faveur de l’environnement.

Maxine, en tant qu’ancienne sportive de haut niveau, vous avez participé à de nombreux événements sportifs internationaux. Est-ce que Koh-Lanta représentait un défi plus immense encore ?

Maxine : Oui, sincèrement, Koh-Lanta représentait le défi ultime pour moi. Je n’ai pas achevé ma carrière de plongeuse comme je le souhaitais, étant donné que j’ai arrêté ma carrière avant les Jeux Olympiques de Rio en 2016. Depuis mon arrêt du sport de haut-niveau, plusieurs défis me sont venus en tête, dont Koh-Lanta. Je regarde cette aventure depuis que je suis toute petite. C’était vraiment un challenge pour sortir de ma zone de confort, partir dans l’inconnu, loin de ma famille. Je voulais voir, dans ces conditions, comment j’allais pouvoir m’en sortir. C’était une aventure incroyable.

Quelle qualité acquise par le biais du sport de haut niveau vous a le plus aidée sur Koh-Lanta, que ce soit sur le camp ou dans les épreuves ?

Maxine : Il y en a plusieurs. Quand on fait du sport pendant des années, on vit beaucoup d’expériences. Très jeune, je voyageais seule à l’autre bout du monde pour des compétitions. On apprend à être très sociable, à se débrouiller tout seul et à s’adapter à l’environnement dans lequel on évolue. Je me suis rendue compte sur l’île que j’avais cette faculté à m’adapter et à m’intéresser aux gens, à leur histoire… Je suis persuadée que ça m’a été très utile. Et puis, au niveau sportif, la gymnastique et le plongeon m’ont permis d’être complète sur les épreuves. L’équilibre, c’était mon point fort et je m’y attendais. Mais sur Koh-Lanta, on est sûrs de rien à l’avance. Faire de l’équilibre en salle, ce n’est pas la même chose que de le faire sur une poutre en bord de plage avec la pression. Sur les épreuves de patience et de dextérité, j’ai pu réaliser de bonnes performances, et je pense que la gym y est pour beaucoup dans mon parcours. Koh-Lanta, c’est un tout entre la stratégie, la survie, les relations, les performances sportives. Sur le camp, j’étais très curieuse de découvrir de nouvelles techniques de survie, pour trouver de la nourriture… J’ai pris conscience que j’étais très heureuse avec pas grand-chose.

On l’a vécu vendredi dernier, vous vous êtes qualifiée pour la finale de l’émission. Avez-vous abordé la course d’orientation dans le même état d’esprit qu’une finale de championnat du monde ?

Maxine : Carrément (rires). L’esprit de compétition, il était présent depuis le début même si on le ressent moins sur les épreuves collectives du début d’aventure. Quand on arrive à la réunification, on a envie de tout gagner. C’est ma revanche sur les JO. Ma préparation mentale avant la course d’orientation était proche de ce que je faisais avant une finale de championnat du monde. Je dirais que c’est même pire parfois. Si je prends l’exemple de l’épreuve d’immunité sur le parcours d’équilibre, j’avais énormément de pression, j’étais la favorite. Et Arnaud a réalisé une performance incroyable, je ne m’y attendais pas. Il a surpris tout le monde. J’ai dû augmenter mon niveau pour ne pas tomber et gérer mon stress. C’est le cas sur les épreuves à enjeu. Tout le monde veut la même chose :  arriver sur les poteaux.

À l’occasion de la Journée de la Terre, vous avez posté une photo sur Instagram en précisant que Koh Lanta avait modifié votre perception de la planète. Quel a été ce déclic ?

Maxine : Grâce au sport, j’ai eu l’opportunité de voyager énormément. Cela faisait un petit moment que je n’étais pas partie aussi loin. La Polynésie m’a refait prendre conscience de la beauté de la planète, c’est juste magnifique. Il faut que l’on prenne soin de notre planète menacée par le réchauffement climatique. Le plastique est une vrai menace. Il faut faire très attention au moindre déchet dans l’océan. Je me souviens n’avoir pas vu un déchet de l’aventure. Vivant à Marseille, je me suis dit qu’on devrait respecter beaucoup plus la mer, il y a énormément de déchets visibles et invisibles dans la Méditerranée. On ne respecte pas du tout la nature avec ces déchets. En Polynésie, on respirait un air pur, sans pollution, sans détritus… En rentrant chez moi, ça m’a marqué. Les Polynésiens sont très respectueux de l’environnement.

 

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Aviez-vous conscience des enjeux liés à la protection de la planète avant de faire Koh-Lanta ?

Maxine : J’en avais déjà conscience avant de partir. À ma petite échelle, j’essaie d’œuvrer pour limiter mon impact sur l’environnement. J’adopte une consommation raisonnée, je limite au maximum mes déplacements en voiture au profit de la marche… Là-bas, j’ai pris une vraie claque. On se rend compte que ce n’est pas le même mode de vie.

À votre retour en France, avez-vous modifié certaines de vos habitudes dans votre quotidien pour être davantage éco-responsable ?  

Maxine : Je n’ai pas changé énormément de choses dans mon quotidien en revenant car j’agissais déjà, à mon niveau. Si je trouve de nouveaux gestes pour être encore plus éco-responsable, je les ferai avec plaisir. Dans le sport, certaines choses me révoltent. Par exemple la Coupe du Monde de Football 2022 au Qatar est un non-sens absolu. Comment peut-on organiser un événement avec des stades climatisés en plein désert alors qu’on pouvait le faire ailleurs ?  Je sais que ce sont des décisions politiques, mais c’est dommageable pour un événement aussi suivi à travers le monde, qui pourrait montrer l’exemple. Je suis mon compagnon sur ses compétitions de tennis, et le transport des joueurs se fait en véhicule électrique. Cela ne parait pas grand chose mais c’est un bon début. Dans l’organisation des grands événements sportifs, il faut prendre en compte en priorité l’environnement.  Les choses sont en train de changer, on le remarque par rapport à quelques années auparavant, où l’écologie était un concept absolument abstrait dans l’organisation d’événements. Même si ce n’est pas encore suffisant, j’espère que cela prendra de l’ampleur dans un futur proche.

Vous êtes désormais journaliste sportive. Avez-vous constaté des changements dans l’organisation d’événements sportifs ou dans la préparation des sportifs pour faire face aux enjeux écologiques en comparaison à votre période d’activité dans le sport de haut niveau ?

Maxine : Je n’ai pas vraiment constaté de changements dans la préparation des sportifs pour les compétitions. Honnêtement, je vois surtout de plus en plus d’amis sportifs investis pour la cause environnementale, sur Instagram notamment. Ils collaborent de plus en plus avec des marques engagées en faveur de l’environnement. D’ailleurs, sur le plateau de la finale de Koh-Lanta, le 4 juin, je porterai une tenue élaborée par une marque de mode éco-responsable, qui travaille sur des petites quantités et qui fonctionne avec un système de précommandes pour produire de manière raisonnée.

Selon vous, quel défi le sport doit-il relever en priorité pour être plus respectueux de l’environnement ?

Maxine : Je pense qu’il faudrait agir un peu sur tout (rires). Après, les transports et les déchets, ce serait bien de les optimiser en priorité. Quand je me déplace à Roland-Garros, je vois plein de déchets par terre. Je pense qu’il faudrait agir sur l’éducation. Mes parents nous ont toujours sensibilisé au tri des déchets. C’est bête, mais selon moi, ça commence là. Si chacun fait cet effort sur les événements, ce serait super et nous pourrions avoir de très bons résultats sur le plan environnemental.

Prévoyez-vous d’aller plus loin dans votre engagement en faveur de la planète ?

Maxine : Pourquoi pas, j’ai toujours dit que si je pouvais améliorer quelque chose dans mon quotidien, je serai partante. Dès que je découvrirai une nouvelle action, une nouvelle astuce, je la mettrai en place.

Quels seraient vos souhaits pour l’avenir ?

Maxine : De continuer à diminuer mon impact environnemental, et que chacun agisse à son niveau, même par des micro-actions, cela peut changer des choses. Par exemple, les gens ont l’habitude de commander beaucoup d’articles sur Amazon, qui est très polluant. Si on a tous l’occasion de changer des choses, mêmes infimes, dans nos vies pour protéger la planète, ce sera un grand pas.

Un souvenir marquant à nous partager sur le camp, la nature, l’île ?

Maxine : On faisait très attention aux ressources de notre île. On en avait discuté avec Jonathan. On mangeait des cœurs de palmiers mais on ne prenait pas les plus grands, quitte à manger un peu moins, et on était très attentifs sur la manière de les couper. On cherchait vraiment à respecter l’île. C’est en revenant aux bases qu’on apprend à protéger la planète finalement. 

Un mot pour résumer l’aventure que vous avez vécue ?

Maxine : J’en ai trois (rires). Aventure, humaine, extraordinaire.

Photo à la Une : TF1/ALP/A.Issock

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Antonin Delmas
Engagé auprès des clubs de football depuis plusieurs années, principalement autour des thématiques de communication, le sujet de la RSE est devenu central à la suite de la réalisation de mon mémoire de recherche de Master 2 sur ce thème. Devenu rédacteur pour Écolosport, j'espère vous informer au mieux des actualités RSE et écologiques du monde du sport pour que nous agissions ensemble en faveur de la planète.

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