journée mondiale climat sport Ecolosport

Par Didier Lehénaff,
Fondateur de Colibri&Compagnie et de SVPlanète


Aujourd’hui, c’est la Journée mondiale du climat. 24 heures chrono pour alerter la planète entière sur les dangers du réchauffement climatique, et souligner la nécessité de repenser nos pratiques du quotidien pour freiner la surchauffe et contrecarrer tout ou partie des dérèglements climatiques qui l’accompagnent.

Dans les faits, ça veut dire quoi ? Qu’il nous faut tous revoir la manière dont nous vivons (déplacements, habitat et alimentation, notamment), pour limiter les émissions de Gaz à Effet de Serre (GES) qui conduisent à ce réchauffement global. En clair : voyager moins et différemment, manger local et végétal (moins de viande), s’assurer que son appartement n’est pas une passoire thermique, etc.

Mais quel rapport avec le sport, me direz-vous ?

Le sport est une victime collatérale de ce réchauffement, qui nuit non seulement aux performances, mais également à la santé des pratiquants (déshydratation, crampes, coups de chaleur) ; qui révèle l’inadaptation de nos infrastructures couvertes aux vagues de chaleur qui se multiplient ; qui oblige à relocaliser de nombreux sites de pratique situés sur le littoral à cause de la montée inéluctable des eaux ; qui provoque l’annulation en cascade d’entraînements et de manifestations sportives ; qui menace la survie même des sports d’hiver par la diminution du manteau neigeux (-50cm en 50
ans !) ; etc.

Mais le sport est également coupable de contribuer à ces dérèglements climatiques : les sportifs sillonnent la planète pour assouvir leur passion ; consomment des matériels, biens et services souvent produits à l’autre bout du monde ; usent et abusent du digital (extrêmement énergivore) ; les dirigeants sportifs multiplient les événements pharaoniques (Jeux Olympiques, Coupes du monde et autres Grands Evénements Sportifs Internationaux) qui provoquent la migration ponctuelle de centaines de milliers de spectateurs et une surconsommation énergétique liée à la retransmission télévisuelle de ces méga-événements (plus de 2 millions de mégawatt/heures rien que pour la couverture TV des JO !)

Victime et coupable : deux bonnes raisons de mettre la main à la pâte. Et si nous profitions de cette journée pour prendre de bonnes résolutions ? Par exemple : ne plus délocaliser de matches de championnats nationaux en Asie ou de Trophées des Champions en Israël ou aux Etats-Unis ; ne plus distribuer de goodies made in China ; remplacer les traditionnels tee-shirts de finisher de nos courses sur route par des produits locaux ou des dotations dématérialisées ; ne plus acheter trois tee-shirts de sport pour le prix d’un sous prétexte de Black Friday ; redécouvrir les compétitions du coin de la rue (il n’y a pas que le marathon de New-York ou le triathlon d’Hawaï…) ; consommer (mais également fabriquer !) made in France, voire made in my région ; y réfléchir à deux fois avant d’acheter un nouveau SUV (Sport Utility Vehicle) ; suivre la voie tracée par cette nouvelle génération d’éco-aventuriers, qui multiplient les expéditions sur l’eau ou sur terre pour sensibiliser à la protection de la Planète ; copier-coller les modèles événementiels minimalistes et mutualistes des 6 Jours de Garonne, du Relais Sport Planète, ou des Eco-Games

Faire notre part du colibri

Il y a près de 20 ans (déjà…), le président Chirac s’exclamait lors du sommet de la Terre de Johannesburg : « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs ». Nous, sportifs, n’avons pas le droit de regarder ailleurs, car c’est l’ensemble de nos terrains de jeu qui brûlent sous nos yeux. Et ce n’est pas parce que nos dirigeants sont infichus de prendre les mesures qui s’imposent en matière de lutte contre les dérèglements climatiques (les COP se suivent et se ressemblent toutes, dramatiquement…) qu’il nous faut rester les bras croisés à attendre que le ciel nous tombe sur la tête. Irréductibles gaulois que nous sommes, soyons le changement que nous voulons pour notre société et montrons l’exemple, comme si souvent le sport sait le faire ! Avec ferveur et optimisme, et en gardant toujours à l’esprit cette citation de Théodore Monod : « Le peu qu’on peut faire, le très peu qu’on peut faire, il faut le faire », car #ChaqueActeCompte…

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