The Suncycling Odyssey Fiona Colantuono Irlande Ecolosport
Régulièrement, Fiona Colantuono nous racontera son quotidien sur les routes européennes, son ressenti, ses expériences mais aussi ses difficultés dans le Carnet de Route de The Suncycling Odyssey.

Partie le 4 mars dernier pour The Suncycling Odyssey, Fiona Colantuono poursuit son aventure sur son vélo solaire à la rencontre de porteurs de la transition énergétique… en Irlande.

« Je suis arrivée en Irlande le 6 avril vers 19h30, sans savoir où j’allais dormir. Pour la première fois du voyage, j’ai toqué à une porte qui, heureusement, était la bonne. C’était très dur de s’y mettre car il y a toujours une appréhension concernant la réaction des gens. Je suis tombée dans une famille de fermiers avec trois enfants de mon âge, c’était une très belle soirée.

Lors de ma première journée en Irlande, j’ai perdu un roulement sur ma remorque, elle tanguait donc beaucoup mais j’ai pu la réparer assez vite. J’ai également pu faire une visio avec un lycée d’Angers qui organisait une journée dédiée à l’environnement. Plusieurs classes, d’âges différents, avaient un temps pour me poser des questions sur mon projet.

Les routes d’Irlande sont quand même différentes de celles empruntées auparavant. Le bitume est assez abimé et les routes cabossées. Le temps était clément au début mais s’est vite dégradé. Dans tout le sud-ouest de l’Irlande, j’ai dû raccourcir certains circuits à cause de la météo. J’ai rencontré beaucoup de cyclistes et de personnes engagées dans ce qu’elles faisaient. J’ai pris mon premier Bed&Breakfast pour ma deuxième nuit en Irlande, dans lequel je suis restée 2 jours.

Gap of Dunloe, County Kerry

J’ai découvert de si beaux paysages, surtout la région du comté de Kerry. Par la suite, j’ai vraiment pu découvrir l’Irlande sous le soleil. J’ai quand même eu quelques journées qui ont été assez compliquées physiquement en raison du dénivelé important, et aussi moralement lorsque j’ai essayé de retrouver le roulement de ma remorque pendant une heure, en vain. Lors de cette même journée, j’ai crevé à 1,5km de l’arrivée. Je ressens parfois le besoin d’évacuer un coup pour bien repartir. Lors de longues journées, les derniers kilomètres font vraiment ressentir la fatigue. Heureusement, la plupart du temps je dormais bien et repartais le lendemain de bonne humeur.

J’ai parfois modifié mon itinéraire en suivant les conseils des locaux. Par exemple, la route de Limerick n’étant pas vraiment adaptée aux vélos, j’ai finalement opté pour le ferry. De fait, j’ai gagné un jour de repos à Galway où j’y ai rencontré plusieurs internationaux ainsi que la Consule française qui a médiatisé mon aventure.

J’étais très excitée de rentrer dans le Connemara et je n’ai pas été déçue. C’est gigantesque et on s’y sent assez petit, il y a des lacs partout. La côte du Connemara offre des paysages magnifiques avec des eaux turquoises. J’y ai fait également la rencontre de la fondatrice de Lilly’s Eco Clean, entreprise locale de produits ménagers éco-responsables. Les échanges et la visite de son atelier étaient très enrichissants car j’ai pu comprendre les ambitions environnementales de cette entreprise locale, faisant du vrac depuis 10 ans, et comment elle s’affirmait face aux géants de la grande distribution.

Toujours en remontant la côte, je suis arrivée à Westport, où j’ai dormi dans un lieu très atypique. Mon hôte initial étant trop malade pour m’accueillir, il a demandé à un ami restaurateur de me loger et de me préparer une planche de tapas. Par la suite, je suis allée visiter Achill Island, qui est un très bel endroit. Je suis remontée dans la direction de Ballima. J’y ai rencontré une connaissance d’un monsieur avec qui j’avais échangé sur ma route Nantes-Brest. Le bouche à oreille fonctionne bien !

Achill Island, County Mayo

A Sligo, j’ai eu l’occasion de faire du kayak sur la rivière de la ville et de profiter de mon jour de pause malgré la pluie… Le comté de Donegal est très sauvage et peu peuplé et j’ai toqué pour la deuxième fois à une porte pour pouvoir me loger mais la nuit suivante un hôtel m’a offert la nuit. Puis, je suis remontée sur Letterkenny et Londonderry ou Derry ; j’ai appris que selon qu’on se trouvait du côté catholique ou protestant, on n’appelait pas la ville de la même façon.

Arrivée en Irlande du Nord, j’ai suivi – encore une fois – la côte mais j’ai eu un souci avec ma remorque, qui ne tenait plus en place du tout à cause d’un saut de vice. Il était nécessaire de faire une réparation chez un spécialiste. Plusieurs rayons de mon vélo avaient aussi cassé. Je suis arrivée à Belfast le 6 mai où mon conjoint m’a rejoint pour 4 jours.

The Suncycling Odyssey à la rencontre d’initiatives irlandaise pertinentes

Au cours de mon parcours en Irlande, j’ai souvent été accompagnée par des associations locales, comme Cycling Campaign, qui ont pour objectif de promouvoir et démocratiser l’usage du vélo. Le réseau national de ces associations permet de rendre le vélo plus populaire mais aussi plus accessible et plus sécurisé. Leurs activités permettent de créer et garder du lien entre les gens qui pratiquent le vélo tout autour de l’île. Ils organisent par exemple des ateliers d’apprentissage de vélo pour les jeunes et moins jeunes, ou font du lobbying positif en faveur du vélo et des transports en commun auprès des élus locaux.

D’ailleurs, en ce moment se déroule la National Bike Week en Irlande. Toutes ces initiatives ont pour effet de faire des villes des espaces plus agréables à utiliser, et d’éduquer les gens sur les bienfaits du vélo sur la santé. Lors de mes rencontres avec les Cycling Campaign de Silgo et Galway, j’ai vraiment trouvé intéressant de voir qu’il y avait des personnes de tous les âges qui y participaient. Ce mouvement est aussi quelque chose qui crée du lien social et un engouement autour du vélo dans des moyennes et grandes villes.

Aussi, Belfast Transport Hub est un nouveau pôle de transport qui fait le lien entre train, bus et vélo. Est notamment prévue la création de parkings à vélos et de voies vertes, le but étant d’augmenter l’espace dédié aux transports publics communs. Les autorités locales ont pour ambition que ce nouveau hub ait une empreinte carbone neutre d’ici 2040. Belfast s’est déjà dotée de sa propre station de création d’hydrogène, ce qui permet d’adapter l’offre de transports. L’idée est maintenant de mettre en place davantage de bus à hydrogène ou encore d’intégrer des énergies renouvelables dans le système.


Relire : The Suncycling Odyssey – Carnet de Route #1
Charlotte Frueh-Richardot
Naturellement passionnée par le sport en tant que sportive de haut niveau, je suis convaincue qu'il est un outil de développement majeur de nos sociétés. Il est désormais nécessaire de rendre sa pratique soutenable et durable afin de pérenniser ce rôle.

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