Boycott Coupe du Monde de football Ecolosport

A deux mois jour pour jour de l’ouverture de la Coupe du Monde 2022 de football, qui a lieu au Qatar, nous vous avons posé la question suivante : allez-vous regarder ou boycotter le Mondial ? Réponses et extraits choisis, sans jugement de valeur.

Quelques éléments de contexte. Le 20 novembre prochain démarre la Coupe du Monde 2022 de football au Qatar. Cet événement majeur du sport mondial fait polémique autour de deux sujets.

Le premier est le non-respect des droits de l’homme. Selon Amnesty International, ils sont des centaines de milliers à avoir été exploités pour construire stades et infrastructures pour accueillir le Mondial 2022. Les ouvriers ont vécu sans eau, sans électricité, dans des endroits surpeuplés et surchauffés, en travaillant plus de 12 heures par jour. Selon des ONGs, ils sont 6 500, voire même 15 000 pour d’autres, originaires principalement d’Asie du Sud-Est, à être décédés sur ces chantiers, dans des conditions obscures, sans explication ni compensation financière pour les familles.

La seconde est le non-respect de l’environnement et le greenwashing effectué par les organisateurs. La construction de ces stades climatisés à ciel ouvert a provoqué un tollé, même si la climatisation ne devrait pas être utilisé durant l’événement. La FIFA se targue d’organiser un Mondial neutre en carbone et d’avoir un événement normé ISO 20 121, ce qui avait valu un Carton Rouge de la rédaction.

Faut-il dès lors boycotter la Coupe du Monde ? Certaines personnalités du football se sont prononcées pour, mais elles restent peu nombreuses. Les ex-footballeurs français Eric Cantona et allemand Phillip Lahm se sont exprimés pour un boycott. Pour beaucoup en effet, la question est simple et il est inenvisageable de regarder pareil événement. 60% de nos abonnés sur Linkedin ont répondu « oui » à cette question, 45% sur Twitter et 63% sur Instagram. Une majorité.

Je boycotte, pour toutes les raisons évoquées depuis des mois (des années) : condition humaine, aberration climatique… Même en tant que passionné de ce sport depuis tout jeune, rien ne me fait vibrer dans l’idée de regarder une coupe du monde en hiver, dans un endroit où elle ne devrait pas se jouer. La principale difficulté du boycott selon moi sera la « pression sociale » : se retrouver entouré d’amis, de familles qui se retrouveront pour suivre l’évènement, avoir la majorité des lieux publics qui diffuseront et vont créer des rassemblements. J’aimerais voir des alternatives proposées, pour justement occuper l’espace durant ce mois de compétition.

Julien Auguy, sur Linkedin

Je boycotte parce que je suis peu satisfait de l’évolution du sport vers du tout business, et tous ces événements (JO inclus) cela devient absolument n’importe quoi. Plus aucune simplicité, assez peu de valeurs dans lesquelles je me retrouve. Uniquement du marketing. Les sportifs eux-mêmes sont devenus les meilleurs VRPs de ce système.

Benjamin Magnin, sur Linkedin

(…) Puisque ces pays dépensent sans compter pour accueillir des évènements sportifs dont ils n’ont rien à faire, il faut les laisser dépenser. Il ne faut pas que les athlètes boycottent les épreuves car les pays arabes pourraient alors s’en tirer à bon compte en se faisant passer pour les victimes d’une cabale. Mais il ne pas leur offrir ce qu’ils recherchent: l’exposition médiatique. Que les médias et le public ne regardent pas les compétitions.

Guillaume, par mail

Suivre cette coupe du monde c’est légitimer les actions d’un état soutenu par des fédérations sportives qui ne prennent pas en compte l’avis de tou.te.s et l’urgence climatique (et sociale).

La regarder c’est donner raison et fournir des arguments pour ce qui n’est pas défendable. (…) D’autres raisons me poussent à ne pas regarder, les joueurs de football sont de plus en plus déconnectés de la réalité, ils ont une influence parfois supérieure à des dirigeants de pays et continue de ne pas prendre leur responsabilité. (…)

Nicolas, par mail

Pour d’autres, la question n’est ni simple, ni binaire. Pour les fans de football, il peut être difficile de faire une croix sur un tel événement, sans pour autant cautionner les enjeux et les faits. Certains n’ont donc pas encore fait leur choix, quand d’autres ne regarderont que les matchs de l’équipe de France.

C’est un grand débat qui n’est pas encore tranché pour ma part. Avec d’un côté la volonté de ne pas donner davantage d’audience à l’événement et ainsi cautionner l’hérésie écologique et le désastre humain qu’il représente. D’un autre côté, il y a la passion du sport, celle du foot et de cet événement qui m’avais mis des paillettes dans les yeux enfant, en 98. La tentation de regarder, de suivre comme je le fais à chaque édition. La vérité se situera certainement au milieu, sans aller au bout de mes convictions : je ne regarderai qu’à partir des quarts ou demies, si les Bleus y sont et uniquement leurs matchs.

Florent Crouzet, sur Linkedin

Je ne cautionne absolument pas le non-respect des droits de l’homme avéré pour la construction des stades et l’aberration écologique de cette coupe du monde. On aurait dû s’insurger depuis longtemps et non pas 4 mois avant le début de la compétition. Je compte uniquement regarder les matchs de l’équipe de France, c’est tout. Je boycotte tout le reste. J’espère sincèrement que l’on ne sortira pas de poules. Ça me fait mal de dire ça, grand passionné de foot que je suis.

Thibault, par mail

Je regarde la France et l’Espagne une fois le coup d’envoi sifflé et j’éteins une fois le coup de sifflet final sifflé. Je boycotte la publicité des partenaires CdM avant/mi-temps/après match, les produits dérivés et les offres commerciales liés à la CdM, les matchs pour lesquels je n’ai ni relation ni affection.

Thibaut Laury, sur Linkedin

Rappelons aussi que l’influence économique d’un boycott n’est pas avéré : les contrats commerciaux (télévision, publicité, sponsoring, merchandising…) sont déjà signés et un faible audimat ne changera vraisemblablement pas grand chose pour la FIFA, qui prévoit un bénéfice de 6 milliards de dollars. Ainsi, il y a ceux qui ne souhaitent pas boycotter, pour de multiples raisons. Soit car ce n’est pas la bonne solution à leurs yeux, soit par cohérence, soit par manque de courage.

Le boycott n’est pas la solution, car il bloque le dialogue. Le dialogue est le meilleur moyen pour changer les consciences sur le défi mondial du développement durable. (…)

Eliott, par mail

Il est difficile de répondre [non] à cette question quand on voit le nombre de décès sur les divers chantiers, les stades climatisés, les multiples interdictions envers les supporters (pour les homosexuels, l’alcool, etc.). Globalement les droits humains tels que nous les connaissons dans nos pays sont, là-bas, bien différents. Est-ce que j’ai boycotté la Coupe du Monde 2018 en Russie ? Les championnats du monde d’athlétisme 2019 au Qatar ? Le Dakar en Arabie Saoudite depuis quelques éditions ? Les GPs de F1 au Qatar, en Arabie Saoudite, etc. ? Non j’ai tout regardé. Boycotter la CDM2022 m’apparaitrait comme un manque de cohérence (envers moi-même). Alors non je ne vais pas boycotter cette compétition. (…)

@actuelfoot sur Twitter

J’aimerais la boycotter mais je ne pense pas avoir le courage. J’aime trop le foot.

@iboubah14, sur Instagram

N’hésitez pas à apporter votre point de vue en commentaires, ci-dessous.

© Photo à la Une : Sipa/Just Pictures

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