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Carton rouge – Les Jeux asiatiques d’hiver 2029 en Arabie Saoudite, l’aberration de trop !

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En 2029, 47 sports d’hiver (28 sur neige et 19 sur glace) se dérouleront en plein désert saoudien, dans la zone montagneuse de Trojena. Moins connu que les Jeux Olympiques, les Jeux asiatiques d’hiver ont été attribué à l’Arabie Saoudite par le Conseil Olympique d’Asie (OCA) ce mardi 4 octobre, à Phnom Penh. Une décision qui suscite évidemment l’indignation en raison du désastre environnemental que cela occasionnera.

Les Jeux asiatiques d’hiver ont eu lieu pour la première fois en 1986 au Japon, dans la ville de Sapporo. Longtemps disputés entre le Japon et la Chine, l’Arabie Saoudite sera donc le prochain pays organisateur de ces Jeux, douze ans après la dernière édition. Mais quelles sont les raisons d’un tel choix ? Pourquoi organiser des Jeux d’hiver dans une zone aussi aride, où il ne neige jamais, que celle de Trojena, située au Nord Ouest du pays ? Pourquoi, après le scandale des Jeux Olympiques de Beijing 2022 (neige artificielle), et de la Coupe du Monde de football, qui aura lieu prochainement au Qatar (droits de l’homme, stades climatisés), continue t-on de mettre en place des évènements sportifs au lourd impact écologique et social ? Jusqu’où irons-nous dans le déni, l’absence de prise de conscience et la bêtise humaine ? Attendons-nous réellement la fin du monde pour réagir ?

Une décision qui obéit à une double « logique »

Notons que seule l’Arabie Saoudite a présenté sa candidature pour l’organisation des Jeux asiatiques d’hiver, malgré les 45 comités olympiques des pays membres de la région que comptent l’OCA. Ces instances sont en quête perpétuelle de pays hôtes, qui se raréfient. Le vote apparaît donc simplifié au regard de ce constat.

Cette attribution permet aux pays dont la candidature a été retenue de redorer leur image, de peaufiner une nouvelle vitrine, de détourner l’attention des atteintes aux droits humains, comme c’est le cas dans le royaume saoudien. Du « soft power » en bonne et due forme. Si l’Arabie Saoudite a souhaité tenter sa chance, c’est aussi pour montrer sa légitimité à accueillir des évènements d’envergure. Elle est en outre candidate à l’accueil des Jeux olympiques en 2040, de la Coupe du monde de football en 2030 avec l’Égypte et la Grèce, et souhaite également organiser la Coupe d’Asie de football de 2027. Une ambition sans limites, financée par de l’or noir teint en vert.

La future Silicon Valley de l’Arabie Saoudite, un non-sens écologique

L’événement aura lieu dans la future ville Neom, projet très futuriste. Au-delà du fait que la construction de cette mégapole revêt un coût faramineux de près de 500 milliards de dollars, ce projet atteindrait une superficie proche de la Belgique ou encore trois fois celle de Chypre. L’inauguration est prévue en 2026 et les promoteurs annoncent que l’on pourra y retrouver un lac artificiel d’eau douce, des pistes de ski ouvertes toute l’année, des chalets et hôtels de luxe, des robots, des taxis volants… Démentiel.

Présenté comme « une ville écologique avec zéro voiture, zéro route, zéro émission de CO2 », le projet se veut donc écologique, futuriste, et sans carbone. Un paradoxe évident pour ce pays, connu pour être le plus grand exportateur de pétrole brut au monde après les Émirats Arabes Unis, et donc l’un des pays les plus pollueurs de la planète.

L’incompréhension générale

La révolte se fait sentir du côté de nombreux sportifs et dirigeants du monde du sport. « C’est dramatique pour notre sport« , a notamment déploré le Vice-champion olympique de descente Johan Clarey sur RMC, alors que le secrétaire général de la Fédération internationale de ski et de snowboard, Michel Vion, s’est dit « surpris » de cette décision au même titre que le Comité International Olympique (CIO) qui n’a pas été consulté.

Autre coup de gueule, sur les réseaux sociaux cette fois, celui de la star du trail et du ski alpin, l’espagnol Kilian Jornet : « Soit l’organisation des Jeux asiatiques et le Comité olympique ne pensent à rien d’autres que les dollars, soit ce sont des génies qui savent qu’en 2029 il n’y aura plus de neige nulle part et que le ski se pratiquera uniquement sur le sable…« 

Un appel au boycott a été lancé. Sans athlètes, sans pays représentés, ces Jeux ne peuvent avoir lieu…

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