Le tracé du Tour de France 2023 a été dévoilé la semaine dernière et passera notamment par Bordeaux, grâce à la démarche éco-responsable des organisateurs du Tour. Un fait intéressant pour l’avenir des événements sportifs…

Le Tour de France est régulièrement touché par des polémiques. Outre les dernières en date concernant l’utilisation d’eau pour arroser des routes trop chaudes, souvenons-nous du refus de certains élus d’accueillir le Tour de France car jugé trop polluant. Grenoble et son maire EELV Eric Piolle avaient été les premiers, suivis quelques années plus tard par Rennes, dont les élus écologistes avaient refusé d’accueillir le Grand Départ, et Lyon, dont le maire Grégory Doucet (EELV) avait largement critiqué le bilan environnemental. Plus de Tour de France dans les villes écolos ? Pas vraiment. En septembre 2020, Karine Bozzacchi, responsable RSE du Tour, avait réagi sur Ecolosport à la polémique rennaise : « Je sais ce que nous faisons, nous n’avons pas à rougir de nos actions. Il peut y avoir des ratés, ça arrive. Mais chaque année nous nous améliorons, nous progressons. » Une progression qui a plu au maire – EELV, encore – de Bordeaux.

Pierre Hurmic, fan de vélo, a effectivement validé le passage de l’événement dans sa ville en 2023, grâce à sa démarche éco-responsable. Chez nos confrères de RMC Sport, il a justifié son choix. « Il y a eu une polémique et certains collègues maires écologiques étaient critiques sur le Tour de France. Mais je n’étais pas dans cette polémique là. Et quand j’ai discuté avec Christian Prudhomme, j’ai été assez ferme sur la démarche éco-responsable. »

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Le maire de Bordeaux, Pierre Hurmic, est heureux du retour du Tour de France à Bordeaux, en 2023. – © Radio France – Ttotte Darguy

« Sur 10 ans, le Tour de France a diminué ses émissions de CO2 de 40% »

Cette stratégie a été initié par A.S.O. il y a quelques éditions et est notamment porté par Karine Bozzacchi, que nous avions interrogé il y a quelques mois. Véhicules hybrides ou électriques pour le suivi des coureurs, plan de mobilité durable pour les spectateurs, goodies plus responsables lors du passage de la caravane, jets de bidons contrôlés par les organisateurs, meilleure gestion des déchets, protection des zones fragiles Natura 2000 : l’organisation du Tour de France n’est, certes, pas parfaite du point de vue environnemental, mais avance dans le bon sens.

« Sur 10 ans, le Tour de France a diminué ses émissions de CO2 de 40%, poursuit Pierre Hurmic. C’est aussi une manifestation qui veut accompagner et valoriser les villes qui promeuvent la mobilité vélo sur leur territoire. (…) On ne devient pas un événement entièrement éco-responsable en quelques semaines ou en quelques mois. Le fait d’aller dans des villes écologistes va continuer à convaincre les organisateurs de s’inscrire dans une dynamique d’éco-responsabilité. »

Cet argument a le mérite d’être particulièrement intéressant. Si certaines villes ou collectivités peuvent se montrer réticentes à l’accueil de grands événements sportifs du fait de leur impact environnemental – Lyon a par exemple refusé d’accueillir les demi-finales du Top 14 en 2025 pour des considérations écologiques -, une stratégie d’éco-responsabilité sérieuse peut changer la donne et faire évoluer les prises de décision des élu(e)s. L’existence des grands événements sportifs sera-t-elle conditionnée à une démarche écologique concrète et puissante, dans les années à venir ? Y aura t-il toujours de la place pour les manifestations jugées trop polluantes à l’avenir ? Le débat est ouvert.

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