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Paris, New York, Barcelone… Ces nouvelles enceintes sportives éco-conçues

Ces nouvelles enceintes sportives éco-conçues Centre aquatique Paris 2024 Ecologie
© Paris 2024
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Rénovées ou nouvellement construites, les enceintes sportives prennent (quasiment) toutes de nouvelles dispositions environnementales et énergétiques. De Paris à New York en passant par Barcelone ou Nailsworth, petit tour d’horizon de ces nouveaux projets dits éco-conçus.

Rappelons-le d’emblée, pour qu’il n’y ait aucune ambiguïté : la construction de nouvelles enceintes sportives n’est pas une bonne nouvelle pour la planète. Artificialisation des sols, tonnes de CO2 générés par la logistique, les transports ou la fabrication des matériaux, déchets engendrés… Le secteur de la construction est responsable de 23% des émissions de gaz à effet de serre en France et de 43% des consommations énergétiques françaises. Il sera toujours préférable de rénover. Si l’impact de la rénovation n’est pas nul, il reste moindre et donc préférable.

Du côté de Barcelone, la rénovation du Spotify Camp Nou va permettre au club blaugrana d’installer 30 000 m2 de panneaux photovoltaïques sur la nouvelle toiture du stade, qui abritera aussi un système géothermique, et un système de chauffage et de refroidissement urbain. Les travaux doivent aussi permettre d’accueillir plus de vélos et moins de voitures. Néanmoins, les matériaux choisis pour la rénovation du stade ne semblent pas avoir été sélectionnés en fonction de leur coût CO2, contrairement aux infrastructures construites pour Paris 2024.

> Lire aussi : Le FC Barcelone publie un Guide de la biodiversité

Un Centre aquatique à Saint-Denis éco-conçu et bas carbone

En effet, de ce côté des Pyrénées, seules trois infrastructures ont été construites pour les Jeux : l’Arena Porte de la Chapelle, le Centre aquatique et le Village olympique. Pour ce dernier, Benjamin Lévêque, Responsable Climat et Biodiversité des Jeux, nous expliquait il y a quelques mois avoir challenger les constructeurs : “Dans les contrats – notamment du Village Olympique -, nous avons inscrit un objectif de 700 kg de CO2 par m2 à ne pas dépasser. Cet objectif donne du fil à retordre aux opérateurs car un bâtiment dit classique sort à 1 tonne de CO2 par m2. À la construction, nous sommes donc sur une réduction de 30%.”

Du côté du futur Centre aquatique, en face le Stade de France, l’éco-conception était aussi de rigueur. L’équipement a en effet été entièrement conçu en matériaux bio-sourcés. La charpente et l’ossature ont été réalisées en bois, quand l’aménagement intérieur est issu de produits recyclés et made in France. Comme à Barcelone, de nombreux panneaux photovoltaïques seront présents sur le toit de ce centre bas carbone. Avec 5 000 m2 de panneaux, “il devient l’une des plus grandes fermes solaires urbaines de France et assure son auto-suffisance en énergie” assure le COJOP. “Sa forme concave répond à un principe d’éco-construction et permet de diminuer le volume d’air à chauffer de 20 à 25%“, précise au média Citoyens, Christian Mourougane, directeur de l’aménagement à la Métropole du Grand Paris.

L’Arena de Porte de la Chapelle a aussi eu recours au bois et aux matériaux bio sourcés – comme le coton recyclé pour l’isolation. Les charpentes des deux gymnases seront en bois alors que les planchers seront un mélange de bois et de béton. Les murs en périphérie du hall d’accueil sont réalisés en briques de terre crue compressée, issues des travaux du Grand Paris Express, et les sièges des tribunes sont fabriqués à partir de plastique recyclé. Au-delà de la haute performance énergétique de l’infrastructure, la nouvelle Adidas Arena s’est engagée à avoir un toit végétalisé sur près de 7 000m2, et une terrasse plantée de 1 700m2. “Ce sont 80% des surfaces horizontales de l’équipement qui sont investies par la nature” explique t-on du côté de la Ville de Paris.

Le bois est un matériau que va très largement utiliser le club de football anglais des Forest Green Rovers. Son nouvel Eco Park Stadium, dont le chantier a démarré début 2023 et qui devrait être livré en 2025 ou 2026, sera presque entièrement construit en bois, un matériau bien évidemment naturel et renouvelable. Le stade sera conçu dans un “parc” qui fera la part belle à la biodiversité, avec 500 nouveaux arbres et 1,8 km de haies plantés dans la zone.

> Lire aussi : Forest Green Rovers : l’Eco Park pour « repousser les limites du développement durable »

New York, Bodo ou Milan voient arriver de nouvelles enceintes sportives

En France, en Europe ou ailleurs dans le monde, chaque organisation s’enorgueillit de son nouveau stade sous une appellation proche de l'”enceinte la plus durable de la galaxie”. Avec ces effets de communication, chacun tire la couverture à soi et montre les muscles. Le futur nouveau stade du Milan AC se dit “stade le plus éco-responsable d’Europe”, avec ses panneaux photovoltaïques, son système de collecte des eaux de pluie et son système de ventilation naturelle. À Saint-Etienne, le stade Geoffroy-Guichard possède quasiment les mêmes attributs et est amélioré dans le cadre des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024, et l’émission Aux Jeux Citoyens (France 3) l’a qualifié de stade le plus vert de France – évidemment, c’est les Verts ! -, une certification officieuse qui fera probablement pâlir les supporters lyonnais, dont le Groupama Stadium s’avère aussi très performant sur ces questions énergétiques.

Même constat du côté de New York, où un nouveau stade de football va voir le jour, le premier stade 100% électrique de MLS, la ligue de football américaine. En réduisant chaque année ses émissions de 12 %, l’objectif de la franchise new-yorkaise est d’avoir un stade qui n’émettra aucun gaz à effet de serre d’ici 2040 – même si cela semble assez douteux. De nombreuses installations, que nous retrouvons dans chacun de ces nouveaux projets, doivent aussi permettre d’avoir un impact moindre : panneaux phovoltaïques, système de récupération des eaux de pluie pour l’arrosage, ventilation naturelle, isolation renforcée…

Enfin, en Norvège, du côté du Bodø/Glimt, un nouveau stade devrait être livré en cette année 2024. Autosuffisant en énergie, l’infrastructure possède quelques caractéristiques originales : proche du cercle arctique, le gazon sera artificiel avec des grains d’olive et du sable, et la neige sera récupérée et fondue pour pouvoir arroser le terrain avec. Au delà de la présence – devenue presque obligatoire aujourd’hui – de panneaux solaires, le toit de ce stade sera rétractable et recouvert de gazon, pour permettre aux passants et randonneurs de se promener dessus. Parmi toutes les nouvelles enceintes sportives, la norvégienne semble assez singulière.

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