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Le FC Metz sur le terrain de l’écologie !

Le FC Metz, pensionnaire de Ligue 1, développe depuis 2018 une stratégie RSE ambitieuse avec, en figure de proue, la rénovation de l’ancienne base militaire de Frescaty pour son nouveau centre d’entrainement. Une première en Europe.

Fin juillet, la Ligue de Football Professionnelle communiquait sur les avancées des clubs, recensant 2 800 actions sociétales et environnementales ainsi que 100% des clubs engagés dans une démarche RSE. Le FC Metz, lui, n’a pas attendu 2020 pour s’engager. Nous sommes allés à la pêche aux infos du côté du club à la Croix de Lorraine. Entretien avec le FC Metz.

Depuis quand et comment le FC Metz agit pour préserver la planète ?

Nous avons réalisé un benchmark en France mais également en Europe afin de visiter ce qui se faisait de mieux. On a récolté énormément d’informations liées aux terrains, aux bâtiments et nous nous en sommes servis d’exemple. De nombreuses actions sont d’ores et déjà menées pour réduire nos déchets :

  • Les soirs de match : des containers de tri des déchets sont installés sur le parvis du Stade Saint-Symphorien
  • Les prestataires Food&Beverage sont sensibilisés à la nécessité de réduire les déchets dans le cadre de l’organisation de leur activité
  • Au quotidien : le petit déjeuner des joueurs professionnels est composé de produits biologiques et du commerce en vrac. Depuis deux ans, une collecte de déchets sur l’île Saint-Symphorien par les U16 et U17 du FC Metz est organisée chaque été. Elle en appelle d’autres. Les billets VIP ont été dématérialisés.

Nous avons transformé l’ancienne base aérienne de Frescaty, fermée en 2012, en centre d’entrainement flambant neuf. Une chaudière biomasse est installée et opérationnelle depuis quelques mois maintenant au centre d’entraînement. Elle assure, par le biais d’un réseau de chaleur propre, la production d’eau chaude sanitaire ainsi que le chauffage des bâtiments et des terrains d’honneur du site et est alimentée par des plaquettes de bois provenant de forêts gérées durablement et situées dans un périmètre maximal de 50km autour de Marly.

Nous avons pris le parti de mettre en place cette mini-centrale. Elle a le mérite d’avoir une empreinte énergétique très faible. C’est une mini production de chauffage qui est très écologique et qui nous permettra à terme d’alimenter tout le centre d’entraînement.

Les pelouses sont entretenues par un greenkeeper à temps plein, et une équipe de plusieurs jardiniers spécialisés et dédiés aux pelouses sportives. Via la Loi Labbé, le gouvernement français a mis en place le Plan Ecophyto. L’objectif est de baisser de 50% l’utilisation de produits phytosanitaires d’ici à 2025 sur les pelouses sportives. Ainsi, nous avons d’ores et déjà réduit drastiquement notre consommation de produits phytosanitaires. Nous nous efforçons de travailler de plus en plus avec de nouvelles méthodes. Par exemple, nous utilisons désormais un engrais à diffusion lente qui ne termine pas dans les nappes phréatiques et respecte donc ces dernières. On utilise un maximum de produits naturels et de produits dit “bio contrôle”.

Au centre d’entraînement, l’objectif “Zéro Phyto” est ainsi fixé pour l’entretien courant des pelouses. Nous n’utilisons aucun produit phytosanitaire de manière systématique dans le cadre de mesures préventives ni de l’entretien courant. Un recours à ces produits reste cependant possible uniquement en cas d’urgence et de situation extrême, par exemple en cas de mise en péril des pelouses, remettant en cause leur jouabilité.

Au Stade Saint-Symphorien, une réduction de 50% de nos utilisations de produits phyto a été effectuée en 3 ans depuis 2016, grâce à un travail conjoint du FC Metz et de son prestataire d’entretien des pelouses, et à une philosophie partagée d’engagement éco-durable. C’est mieux que les objectifs prévus par le plan Ecophyto adopté par l’Etat. Nous sommes donc en avance sur les directives nationales. Il faut s’en féliciter mais ne pas se reposer sur ces bons résultats et continuer sur cette voie.

Comment le club s’y prend pour intégrer l’écologie dans son fonctionnement ?

À ce jour, nous n’avons pas une équipe totalement dédiée à la stratégie RSE mais nous comptons bien continuer à développer cette stratégie. Outre l’impact écologique, la RSE peut également permettre de fédérer les salariés de l’entreprise. Nous comptons également impliquer davantage les joueurs professionnels dans les actions menées par le club afin que celles-ci puissent bénéficier du plus large écho possible. Le développement de nouveaux outils de communication, comme les réseaux sociaux, ont aussi permis au FC Metz de diffuser davantage d’informations à sa base de fans et par conséquent d’aborder d’autres sujets que ceux purement liés au domaine sportif.

L’engagement RSE d’une société est rarement l’œuvre d’une minorité. Au contraire, si la RSE a bien un objectif, c’est celui de fédérer un groupe d’hommes. C’est pourquoi, mettre en place ces différentes actions sociales et environnementales offrirait à l’entreprise une opportunité de sensibiliser davantage ses salariés et de les mobiliser, ensemble vers des valeurs communes.

Par ailleurs, la réalisation de ces différentes actions permettra de créer et/ou renforcer les liens internes des salariés au sein de leur structure professionnelle, et également de développer un sentiment d’appartenance précieux à leur épanouissement. Il est d’ailleurs prouvé que le bien-être et la pensée positive d’un salarié agissent directement sur son implication ainsi que sur sa productivité au sein de l’entreprise. C’est un critère non négligeable.

Accompagnés par Grayou la mascotte du club et de plusieurs éducateurs, les jeunes Messins sont parvenus à remplir pas moins de 40 sacs de 20 litres pendant l’été 2019

Quelles ont été les principales difficultés rencontrées ?

Le plus compliqué est de modifier les habitudes de tout le monde. Car chacun n’a pas forcément tout le temps les bons réflexes. Nous nous efforçons donc de réfléchir à de nouvelles alternatives et d’éduquer nos salariés sur ces différents sujets de société. C’est également le cas pour tous les joueurs du centre de formation du club, qui sont sensibilisés dès leur arrivée et dès leur plus jeune âge afin d’éveiller au maximum leur conscience.

Pensez-vous que le club peut aller plus loin encore ?

Nous avons lancé un audit sur la production et la gestion des déchets générés par l’organisation des matches au Stade Saint-Symphorien, à la fois en interne et auprès de nos prestataires qui interviennent au Stade Saint-Symphorien les soirs de match. Une stratégie de réduction des déchets d’ici à 3 ans en découlera, avec l’objectif affiché de réduire drastiquement les déchets générés par l’organisation des matches.

Néanmoins, nous ne partirons pas de zéro puisque de nombreuses actions sont d’ores et déjà menées (voir plus haut). De nombreuses pistes sont à ce jour à l’étude dans le but d’une amélioration continue, notamment la mise en place de panneaux photovoltaïques, afin de rendre l’ensemble des structures du FC Metz à énergie positive.

Le FC Metz peut s’inspirer de la Johan Cryuff Arena de l’Ajax Amsterdam qui s’alimente en électricité grâce à 4 200 panneaux solaires présents sur le toit. Le stade dispose aussi d’éoliennes positionnées sur le toit et de sièges 100 % renouvelables fabriqués à partir de canne à sucre !

Récemment, Hélène Schrub la directrice générale du FC Metz parlait du devoir des sportifs de haut niveau de « montrer l’exemple » en matière de protection de l’environnement. Quel rôle doit tenir le sport dans la transition écologique selon vous ?

Disposant d’une notoriété accrue grâce à leur médiatisation et leur activité sur les réseaux sociaux, les sportifs de haut niveau tels que les joueurs de football professionnels peuvent véhiculer certains messages à un large public, notamment aux plus jeunes. Pour ces derniers, ils peuvent faire figure de modèle. Leurs actions peuvent être mises en avant via les réseaux sociaux et trouver un écho auprès du public.

Vu l’attractivité et l’importance du sport sur notre territoire national, les différentes compétitions annuelles qui s’y tiennent doivent faire figure d’exemples. Plusieurs d’entre elles se sont engagées à réduire au maximum leur empreinte carbone. Par exemple, le Tour de France invite les coureurs à déposer leurs bidons biodégradables ou autres déchets dans des zones de délestage définies, afin que le personnel de l’organisation puisse nettoyer après le passage de la course. Un coureur qui ne respecte pas cette consigne peut écoper d’une sanction administrative et financière. Cette règle a été instaurée notamment dans le but d’inciter le public à réduire la pollution de l’environnement, y compris lors de manifestations sportives.

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Théo Fleurance
Contributeur pour Écolosport, je suis un grand passionné de sport et de ses valeurs. Fort de plusieurs expériences chez différents acteurs du monde du sport, je suis persuadé que la transition écologique est une formidable opportunité pour offrir un meilleur avenir au sport et à notre planète.

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