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Marlène Devillez et Nicolas Caussanel, deux champions de kayak, ont décidé de devenir des acteurs positifs dans leurs pratiques. Ils se livrent sur leur sport et leurs engagements.

Il est des sports dit « de nature », des sportifs dont le stade est notre environnement à tous… Création de film, actions quotidiennes ou conférences, Marlène Devillez, championne d’Europe et vice-championne du monde de kayak freestyle, et son compagnon Nicolas Caussanel, champion d’Europe de kayak extrême, évoquent leurs engagements pour la planète.

Oscillant entre 70.000 et 80.000 licenciés, la Fédération Française de Canoë-Kayak (FFCK) attire chaque année de plus en plus de pratiquants, qui baignent depuis leur plus jeune âge dans un environnement naturel.

Une prise de conscience évidente

Quand Marlène commence le kayak « à 6 ans, en jouant dans l’eau, en regardant les nénuphars, c’est déjà une façon d’être sensibilisée à l’environnement, sans s’apercevoir tout de suite que les gestes que l’on a impactent l’environnement. » Nicolas précise : « Notre sport nous a toujours renvoyé à une grosse dimension environnementale : connaitre le nom des oiseaux, savoir le fonctionnement des rivières, reconnaitre les arbres, les espèces de poissons ; on a toujours été sensibles à la rivière mais le changement climatique, on l’a compris plus tard. »

Vingt ans plus tard, Marlène est devenue hydrogéologue, en charge de la protection des rivières. « Face à des données brutes et concrètes, mon travail m’a montré que les choses changeaient » explique t-elle. Il y a la théorie environnementale… et la pratique de son sport ! Les changements climatiques deviennent une réalité dans le quotidien de cette kayakiste. « Je m’entraine sur le Doubs, en Franche Comté. Il y a dix ans, j’allais naviguer plus de 20 fois dans l’année. Maintenant, les crues sont trop violentes ou les sécheresses trop longues, je peux m’entrainer 5 fois sur la vague qui dépend d’un débit naturel. »

Les deux champions au milieu du Doubs asséché. – © Marlène Devillez et Nicolas Caussanel

Lorsqu’il ne s’entraine pas en France, Nicolas est moniteur et guide. Il vit une situation semblable à l’autre bout du continent, en Norvège. « C’est vraiment là, le changement climatique ? » s’étonnent des touristes habitués. « Ça me paraissait normal, mais eux ne le touchaient pas du doigt, c’était quelque chose de très abstrait. Nous, ça fait 20 ans qu’on voit nos rivières changer » explique le champion. Lorsqu’en 2018, le couple se rend dans le Doubs, ils décident d’agir : « 14km de cette rivière étaient asséchés. Les habitants n’ont pas changé leur manière de consommer l’eau, pour eux il n’y avait pas de lien particulier. »

« On veut être Champions du monde, mais pas à n’importe quel prix pour la planète »

« On a eu envie d’essayer de faire quelque chose, non pas pour juger mais pour montrer que le changement climatique est là, car il est parfois trop abstrait. Nous nous sommes dit qu’il fallait que l’on fasse un film, pour que l’on comprenne et que l’on puisse l’expliquer, à notre échelle de sportif. Le film a été réalisé pour convaincre les gens de ce changement, et nous nous sommes convaincus nous-même. Nous avons voulu faire un documentaire positif sur les solutions qui existent. »

Premiers spectateurs de l’urgence climatique, nos deux athlètes révisent leur mode de vie et d’entrainement. Un camping-car en guise de maison, des navettes à vélo pour les entrainements, des compétions repensées pour valoriser les trajets… Une pratique réinventée. « Cela prend plus de temps et d’énergie. Souvent, nous pratiquons sous la pluie, pour avoir de l’eau dans les rivières » rit la vice-Championne du monde.

Des navettes en vélos électriques jusqu’à deux fois par jour – © Marlène Devillez et Nicolas Caussanel

D’athlètes à éco-athlètes

Des champions atypiques et pionniers, donc, qui voudraient que cela devienne une norme. « Chaque geste que l’on fait est une goutte d’eau. Si tout le monde s’y met, elles feront une rivière » lance Marlène, pleine d’optimisme. La compréhension du changement climatique est le principal enjeu. « On n’est pas donneurs de leçons » précise le champion d’Europe.
Les deux athlètes communiquent via des projets vidéo, des conférences en entreprise et dans les écoles, car « les kayakistes sont déjà convaincus. »

Ils en sont persuadés, « la mise en avant de la nature, la communication par le sport auprès du grand public, et les valeurs sportives auprès des athlètes et des jeunes pratiquants » sont la clef pour que chacun se sentent concerné, pour que chacun trouve des solutions adaptées à sa situation. La notoriété des athlètes va entrainer des évolutions. Les fédérations prendront le pas. Quant aux « sponsors, ils sont en accord avec nos valeurs. Ils continuent de progresser vers une transition écologique, grâce à des produits recyclés, avec moins d’emballages en plastique » se réjouit Nicolas.

« La vie est faite pour vivre ses passions, le but est de trouver comment les vivre tout en respectant la planète. » Cela résume parfaitement cette rencontre authentique et pleine d’optimisme, pour une pratique en compétition respectueuse et durable.


A propos du film “Rivières les sentinelles du changement climatique
Au travers de belles images, de beaux paysages et de belles actions en kayak, le film-documentaire montre comment le changement climatique impacte nos rivières, et comment les populations s’adaptent et trouvent des solutions. C’est aussi un documentaire qui permet de financer un certain nombre d’actions futures !

© Marlène Devillez et Nicolas Caussanel

Solène Dubot Labajauderie
Sportive et engagée, être rédactrice pour Écolosport c'est pouvoir agir ! Les enjeux climatiques sont une cause globale. Et j'en suis persuadée le sport est un vecteur positif dans la transition écologique que nous vivons. Notre impact est important en tant que sportif, notre pratique se doit de devenir responsable.

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