Grégoire Amiot Football Ecolosport Ecologie

Footballeur professionnel aux Pays Bas et formé au Toulouse FC et notamment passé par le Stade de Reims, Grégoire Amiot est aussi très engagé sur les sujets de développement durable, notamment auprès de Football Ecologie France. Entretien.

Grégoire Amiot, passons d’abord aux présentations…

Grégoire Amiot : J’ai 26 ans et je suis originaire des Herbiers, en Vendée. J’ai commencé le football là-bas. Je suis défenseur central. Après un passage par le Pôle Espoirs, j’ai intégré le Toulouse FC à mes 15 ans, j’y suis resté 5 années. Ensuite, je suis allé au Stade de Reims où j’ai joué en Ligue 2, puis à Bourg-en-Bresse, toujours dans la même division, puis en National. Et enfin, depuis deux ans je jouais aux Pays-Bas, au Fortuna Sittard. Je suis en fin de contrat actuellement et recherche donc un nouveau projet cet été.

En parallèle de ma carrière de footballeur, j’ai poursuivi mes études et j’ai validé un DUT techniques de commercialisation et une licence en management du sport.

Vous êtes aussi engagé auprès de Football Ecologie France. Que faites-vous au sein de l’association ?

Grégoire Amiot : Je suis porteur du Programme Ambassadeurs, qui vise à embarquer joueur(se)s, dirigeant(e)s, entraineur(se)s, agents et tous les acteurs et actrices du monde du football au sens large, qui souhaitent s’engager et mettre en action leurs convictions et leurs valeurs.

Ce que nous proposons, c’est de les accompagner pour qu’ils puissent s’investir auprès de leur club actuel, formateur, ou d’origine, qu’elles que soient les actions. Cela peut être l’animation d’une fresque écologique du football, qui est notre serious game, ou n’importe quel autre projet qui est en lien avec l’écologie. Le rôle de Football Ecologie France est de venir en facilitateur, en relais de ces actions et projets.

Sentez-vous un engouement dans le monde du football autour des sujets d’écologie ?

Grégoire Amiot : Depuis le début de ma collaboration avec l’association Football Ecologie France, je sens les gens réceptifs. Quand je parle de l’association, il y a un fort intérêt. Quand j’échange avec eux, cela fait écho car nous parlons d’un sujet de société. Les mentalités ont changé et les gens comprennent que le football aussi doit évoluer, les joueurs y compris, car il est loin d’être un exemple d’industrie écolo. Que les acteurs principaux du foot soient réceptifs à ces sujets est très encourageant !

Le football de demain pourra t-il être éco-responsable ? Comment le monde du foot doit s’y prendre pour mener sa transition écologique ?

Grégoire Amiot : J’en suis convaincu. Les clubs commencent à avancer, peut-être pas aussi vite qu’on le voudrait, c’est parfois un peu léger, mais des actions sont faites, cela bouge ! Les clubs professionnels sont une minorité mais peuvent impulser ces bonnes pratiques, peuvent créer l’émulation. Les clubs amateurs rassemblent bien plus de pratiquants et sont au coeur de notre accompagnement. Nous voyons de vraies volontés de progresser, cela permet aussi de resserrer les liens avec les partenaires et collectivités. Quand les acteurs sont réceptifs à la transition écologique, il y a une vraie osmose.

D’où vous vient cette conviction personnelle pour le développement durable ?

Grégoire Amiot : Je suis un gars de la campagne, j’ai grandit dans une ferme, mais je ne sais pas si ça vient de là… Je ne pense pas. Lors du premier confinement et de ce dérèglement qui en a découlé, j’avais du temps et j’ai regardé beaucoup de documentaires. Je me rappelle me dire que ça n’allait pas et qu’il fallait faire quelque chose. Je me suis demandé comment je pouvais, à mon échelle, m’impliquer… Et puis je suis entré en contact avec l’association Football Ecologie France.

Ce qui est certain, c’est que je ne suis pas un exemple et je n’ai pas la prétention de dire que j’en suis un. On a tous une empreinte carbone ! Aujourd’hui, la base est le tri et le recyclage. Mais j’essaye aussi de limiter mes déplacements, de réduire très fortement ma consommation de viande et de poisson. Dès que je peux covoiturer, je le fais ! Pour la petite histoire, j’ai rencontré ma compagne lors d’un covoiturage. Je ne suis pas parfait, il m’arrive de prendre l’avion, il m’arrive de prendre ma voiture et de ne pas consommer de manière éco-responsable. Mais je tend de plus en plus à un changement personnel.

Grégoire Amiot Football Ecolosport Ecologie

Grégoire Amiot, au premier plan en jaune – © Iconsport

Quels sont les gestes à appliquer pour les clubs et pratiquants de football pour être plus éco-responsable ? Que peuvent-ils, à leur échelle, faire évoluer ?

Grégoire Amiot : Tout passe par l’éducation. Les piliers des clubs de football amateur sont les écoles de foot, les jeunes et les académies. Nous intervenons auprès d’eux pour leur apporter des connaissances, pour les sensibiliser et leur montrer tous l’impact que peut avoir notre sport.

Il y a plein de petits gestes à réaliser, comme dans notre quotidien : les clubs peuvent assez facilement récupérer les eaux de pluie, ou se doter d’équipements plus durables, plus éco-responsables. Les pratiquants peuvent aussi utiliser une mobilité plus douce pour venir à l’entrainement ou aux matchs. Il existe tellement de gestes… Mais la base, c’est l’éducation ! Les jeunes d’aujourd’hui ont peut-être une fibre environnementale plus importante que les générations précédentes.

Les sportifs ont aussi un grand pouvoir de sensibilisation. Est-ce que, par contre, leur rôle est de sensibiliser ? C’est parfois difficile de parler d’écologie pour les sportifs, parce qu’ils ne sont pas irréprochables, c’est souvent leur crainte…

Grégoire Amiot : Je ne pense que nous ayons un rôle et que nous devions montrer l’exemple. Moi, par exemple, je n’ai pas la prétention de dire que j’ai une aura et que par ma notoriété, je peux sensibiliser. Ce n’est pas vraiment le cas… Par contre, ce qui est certain, c’est que lorsque nous atteignons un certain seuil de notoriété, c’est plus facile de sensibiliser… Nous avons le temps, en tant que joueur professionnel, de nous investir dans certaines causes. Nous nous entrainons le matin et nous avons du temps l’après-midi pour cela. Beaucoup de joueurs sont engagés : pour la protection de l’enfance, pour les violences conjugales, pour la protection des animaux, etc…

Je connais de nombreux joueurs très sensibles à l’environnement mais qui me disent qu’ils ne sont néanmoins pas des exemples. Qui peut se targuer de l’être aujourd’hui ? L’objectif est plutôt de tendre vers le changement et d’évoluer positivement. C’est vrai qu’il y a un blocage, celui de se dire qu’on ne peut pas être moteur si on n’est pas exemplaire. Si nous nous arrêtons à ça, on ne fait rien ! Nous devons inculquer et impulser les bonnes pratiques !

Michaël Ferrisi
Fondateur d'Ecolosport, je souhaite encourager la transition écologique dans le monde du sport. Professionnel du digital dans le rugby, je connais l'environnement des organisations sportives, de ses acteurs et suis persuadé des opportunités que représente cette transition pour la planète et le sport.

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