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Mettre en adéquation ses convictions écologiques et son activité professionnelle, c’est le choix qu’a fait Tony Sabatier en se lançant dans le développement d’Ockya, une marque de sacoches de vélo artisanales et fabriquées en Occitanie. Ce passionné de cyclotourisme et membre de l’association Zero Waste Toulouse nous a expliqué la jeune histoire de son entreprise dont le crédo est : « Moins, c’est mieux » !

L’idée de créer des sacoches de vélo « uniques, pratiques et durables » a germé dans la tête de Tony en 2019. Sa première idée : s’appuyer sur des matériaux usagés pour créer un produit robuste. Dans un premier temps, il imagine avoir recours à des vieilles chambres à air de camion et de tracteur mais ces supports se sont malheureusement avérés trop lourds et difficiles à travailler. Pendant un an, le projet murit doucement entre dessins de prototypes, recherche de fournisseurs et réflexion sur le nom de la marque.

À l’été 2020, le Toulousain se sent prêt à quitter son emploi pour s’investir à 100% dans cette nouvelle aventure. Assembler, tester, revoir la conception, il faudra 9 mois à Tony pour réussir à finaliser ses premiers modèles. Il a ensuite dû tester leur solidité et leur usage. Pour ce faire, il part voyager pendant un mois à vélo entre Gap et Sarajevo, soit 1800 km parcourus ! « J’ai pu essayer les sacoches dans quasiment toutes les conditions : sous la pluie, sur les chemins, en montagne… » nous explique-t-il.

Au retour, il a apporté quelques modifications avant de se lancer dans la production et la mise en vente d’une vingtaine de sacoches en octobre 2021.

Ockya_ceinture

Ockya utilise des anciennes ceintures de sécurité pour renforcer ses sacoches

Une fabrication 100% artisanale

Initialement, Tony pensait déléguer la fabrication avant de prendre la décision de maîtriser le processus de production dans son intégralité.
Il va alors suivre des cours de couture mais aussi de découpe laser pour notamment façonner la plaque de fixation permettant de visser les crochets sur la sacoche .

L’atelier d’Ockya se trouve dans le garage de sa grand-mère à Villemur-sur-Tarn, une ville située à 40km de Toulouse où Tony se rend très régulièrement en bus, ce dernier ayant choisi de vivre sans voiture et de faire la part belle aux transports en commun, à la marche à pied et bien entendu au vélo.

La fabrication d’une sacoche demande entre deux et trois heures de travail. « À terme, j’espère pouvoir faire des économies de temps, ce qui permettra de diminuer le prix de vente. Mon idée est notamment de montrer que l’artisanat français peut proposer des tarifs abordables tout en gardant une très bonne qualité ».

Ockya - Sacoche de Guidon

Sacoche de guidon Ockya

Conçues pour durer

Souhaitant initialement fabriquer les sacoches avec un maximum de matériaux upcyclés, ces ambitions s’avèrent plus compliquées que prévu, certains éléments usagés n’étant pas aussi solides qu’espérés. Tony choisit donc de faire un mix entre neuf et réemploi. La matière principale est de la toile en coton tissée en Europe et imperméabilisée par Latim, une entreprise française, ce qui permet d’assurer aux futurs acquéreurs un produit très robuste et donc durable. On retrouve également sur la sacoche des ceintures de sécurité de voitures surcyclées (dénomination française de l’upcycling) et achetées auprès d’un réseau de casses automobile toulousaines. Elles sont notamment présentes à des endroits  plus fragiles afin d’apporter du renfort.

Les matériaux français ou européen sont privilégiés. Seules une boucle en aluminium et la bande réfléchissante viennent de Chine. « J’ai passé un nombre d’heures incalculable pour essayer de trouver une alternative plus proche en terme de distance, en vain » nous avoue Tony. Cependant, le choix de la boucle en aluminium a été privilégié à une version plastique, certes fabriquée en Europe mais qui sera moins solide.
« D’un point de vue environnemental, les sacoches ont forcément un impact mais je pense que le plus important est qu’il faut consommer moins mais mieux et surtout en pensant durable, entretenir et réparer les objets que l’on possède. Donc si vous avez déjà des sacoches, faites-les durer et n’achetez pas les miennes ! »

Ainsi, le site d’Ockya propose des pièces détachées pour que les utilisateurs puissent effectuer eux-mêmes les « petites réparations ». À noter également la relation de proximité que Tony veut entretenir avec ses clients. « C’est une bonne façon d’inciter à consommer plus responsable et en local. Personnellement, je me concentre avant tout sur l’Occitanie. D’autres artisans fabriquent des produits équivalents à Lyon ou en Normandie par exemple et je trouve normal qu’un potentiel consommateur habitant dans ces zones les privilégie. »

Sur la distribution aussi, Tony reste fidèle à ses valeurs en nouant des partenariats avec des distributeurs indépendants (au nombre de 3 pour le moment et situés à Toulouse) partageant sa vision du vélo comme étant « un moyen de transport devant remplacer la voiture sur les petits trajets et une belle opportunité de se reconnecter à la nature ». Les sacoches ne sont pas conçues pour la compétition, la vitesse ou encore la performance mais plutôt pour le quotidien et le cyclotourisme.
Pour pousser le concept un peu plus loin, il espère également collaborer avec des structures militant pour une consommation locale et zéro déchet.

« Acheter moins mais mieux », une belle attitude à adopter à l’approche des fêtes de Noël et dans son quotidien.

Eddy Klemenczak
Spécialisé dans le secteur de l'événementiel, passionné de sport et engagé dans la protection de l'environnement au quotidien, je suis convaincu que le mouvement sportif, de part sa capacité à rassembler et à influencer, se doit d'être un acteur majeur de la transition écologique.

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