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Depuis quelques années, de nombreuses marques de sport émergent pour proposer des articles de sport élaborés à partir de matières recyclables. Sillona, créée en 2018, en fait partie et tente de se frayer une place sur le marché du sport qui se veut de plus en plus éthique et écologique. Son objectif : initier les jeunes sportifs à l’économie circulaire. Rencontre avec Yvon Prigent, co-fondateur de Sillona, la seule entreprise à mission de ce domaine.

Bonjour Yvon, vous êtes co-fondateur de la marque de sport Sillona. Comment vous est venue l’idée de créer votre propre marque d’articles de sport éco-responsables ?

Yvon Prigent : Cela fait suite à une annonce publiée. Je me suis entretenue avec deux personnes intéressées pour échanger autour d’un projet sportif alliant écologie et économie circulaire. De là, nous avons fait naître l’envie commune de lancer une marque de sport dans ce secteur. L’objectif de Sillona est d’initier les jeunes sportifs à l’économie circulaire. Aucun de nous n’a travaillé dans ce champ d’activités auparavant mais nous sommes tous soucieux de l’environnement et passionnés de sport. C’est ce qui nous relie. Denis et Vincent, mes associés, proviennent tous deux du football et ont joué à un niveau semi-professionnel. Quant à moi, j’ai également pratiqué le football avant de bifurquer vers le cyclisme, puis le tennis.

Pensez-vous que certaines disciplines sportives sont plus avancées que d’autres en matière de conscience écologique ?

Yvon Prigent : Je le pense, oui. La discipline qui m’inspire beaucoup, notamment en matière de conscience écologique, c’est le tennis. La Fédération Française de Tennis, engagée dans le développement durable depuis plusieurs années, a lancé en 2009, l’opération Balle jaune, permettant de recycler des balles de tennis usagées afin de les transformer en sols sportifs ou encore en aires de jeux.

Quelles sont les différentes actions que vous menez ?

Yvon Prigent : Nous avons tout d’abord développé un programme, dont le nom va sûrement vous faire sourire, appelé « ECOLO-SPORT ». Lorsqu’un club nous démarche ou lorsque nous démarchons un club et qu’il souhaite être partenaire de notre marque en achetant, par exemple, nos textiles fabriqués à partir de polyester recyclé, de coton bio ou bien encore de fils à base de cellulose de bois, nous leur offrons la possibilité de sensibiliser leur catégorie jeunes aux principes du développement durable et aux valeurs écologiques. Cela se fait grâce à ce programme éducatif environnemental et plus particulièrement aujourd’hui, à la présentation de notre atelier « de la bouteille au maillot », ou comment passer de l’état bouteille en plastique à un maillot de sport.

© Sillona

Nous privilégions notamment les sports collectifs dans le but de « toucher » un maximum d’individus. On réalise en moyenne une soixantaine d’ateliers par an. Nous avons signé, entre autres, un partenariat avec Football Écologie France, une association mobilisée dans la transition écologique et solidaire. Aujourd’hui, nous comptabilisons plus de quatre-vingt clubs partenaires. Notre principal pari est de transformer l’essai, c’est-à-dire de convaincre un maximum de clubs de s’engager dans le tri sélectif et le recyclage.

Notre autre spécificité est également la production de textiles réversibles qui représentent un gain indéniable pour les clubs souhaitant faire baisser leur budget en équipement individuel, mais également diminuer leurs emplacements de stockage, tout en apportant une praticité lorsqu’un club porte une couleur proche. En recto une couleur, en verso une autre couleur.

Comment vos textiles sont-ils justement fabriqués ?

Yvon Prigent : Nos maillots sont produits 100 % en polyester recyclé. Le polyester provient de bouteilles en plastique devenues déchets, lesquelles sont broyées pour produire des paillettes. Les paillettes sont ensuite fondues pour produire des granulés. Ces derniers sont ensuite transformés en fils par notre filateur espagnol, pour terminer en tissu permettant de réaliser des tee-shirts, maillots, etc… Ce sont les différentes étapes de ce parcours que nous présentons de façon ludique aux jeunes des clubs partenaires afin qu’ils comprennent ce qu’est l’économie circulaire en général. Et cela gratuitement. C’est notre démarche d’entreprise à mission, celle qui figure dans nos statuts depuis le début.

© Sillona
Comment s’organisent vos actions au quotidien ?

Yvon Prigent : Nous travaillons tous les trois à distance pour le moment, étant chacun éloigné géographiquement, mais nous nous retrouvons occasionnellement pour des temps de sensibilisation, de participation à des manifestations sportives, des forums associatifs… Une organisation provisoire car nous aspirons à nous agrandir, avoir nos propres locaux, nos propres salariés en charge du développement de la structure… Il faut savoir que nous avons déposé notre marque en 2018, soit peu avant la période de pandémie de la COVID-19 et que cette dernière nous a fortement freiné dans notre expansion…

Comment voyez-vous l’avenir ?

Yvon Prigent : Les clubs ont pris conscience que le sport favorisait toutes les formes d’éducation et qu’il était de leur devoir d’étendre leurs implications à la transition écologique et sociale. Pour l’instant, nous sommes concentrés sur les clubs avec maillots, shorts, survêtements, débardeurs et chasubles. Par contre, un particulier, membre d’un club ou pas, peut s’approvisionner sur notre plateforme de t-shirts, sweatshirts, survêtements et autres en coton biologique. Des produits dans la lignée de notre démarche éco-responsable. Pour le reste, nous vous en informerons le moment venu…

Engagée dans le secteur de l'inclusion par le sport et sensible aux enjeux de la transition écologique, j'ai à cœur de partager les bonnes pratiques issues du milieu sportif et d'encourager un monde meilleur.

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