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Après 24 heures de polémique autour du PSG, de Kylian Mbappé et de Christophe Galtier, vient le temps de se poser et de réfléchir aux solutions et aux opportunités que laisse cet emballement médiatique.

Difficile de passer à côté et difficile de ne pas (sur)réagir à cette séquence, qui a enflammé la France durant 24 heures. Pas en reste, la rédaction avait rédigé ce Carton Rouge : non, on ne rigole pas avec le changement climatique. Alors que les hautes sphères du PSG n’ont guère gouté à la sortie médiatique du duo Galtier-Mbappé, l’entraineur a fait son mea culpa après la victoire des siens face à la Juventus, ce mardi soir, évoquant une blague ratée sur un sujet fort délicat. Le calme revenant, il est temps d’analyser ce moment autrement, en mettant le halo sur les opportunités et les solutions qu’il peut entrainer.

Le PSG n’est pas le seul club à prendre des avions privés pour ses déplacements nationaux, loin de là. Beaucoup d’autres clubs de football ou de rugby sont amenés à le faire, plus ou moins régulièrement. La raison ? La longueur de certains trajets, la sécurité des joueurs, leur récupération aussi, ou le coût du train souvent supérieur à l’avion. En tout état de cause, l’aspect environnemental ne rentre pas – ou peu – en compte. Cela pourrait désormais bien évoluer, au vu du bruit généré par cet aller-retour entre Paris et Nantes.

Réduire l’empreinte carbone et donner l’exemple

Quelles opportunités ? Le sport français ne doit pas être le seul à faire des efforts : dans ce cas précis, la SNCF doit aussi en faire pour répondre aux besoins spécifiques des clubs. Principaux points bloquants aujourd’hui : la sécurisation des joueurs aux gares de départ et d’arrivée, la possibilité de réaliser des trajets de nuit, et un coût accessible et moins important que celui de l’avion. Gageons que cette polémique fasse avancer plus rapidement les négociations déjà entreprises entre la SNCF et certains clubs du sport français, dont le PSG. Au delà du moindre impact carbone du déplacement, qui représente une faible part du bilan carbone total – environ 5%, il est important de le rappeler -, ce serait un signal fort envoyé à la population et aux fans de ces équipes, souvent prompts à suivre l’exemple donné par des joueurs dont l’influence est sans commune mesure.

Les enjeux climatiques ont été rappelé haut et fort au football professionnel français cette semaine. Pourtant, certains clubs agissent déjà depuis quelques années ou quelques mois, sur les sujets de mobilité, de déchets, d’énergie ou d’alimentation, avec plus ou moins d’importance. Espérons que la « mauvaise blague » de Galtier, et la tempête qu’elle a déclenché, entrainera l’accélération du mouvement écologique dans le sport, l’inscription de la transition écologique dans la stratégie des clubs, et l’allocation de ressources plus importantes.

Former les joueurs et les dirigeants comme priorité

Le principal reproche fait aux deux protagonistes de cette fameuse conférence de presse est d’être « hors sol » – ce qu’a réfuté Galtier – et en totale déconnexion. Autre reproche : celui de ne pas connaitre les enjeux, voire de ne pas s’en soucier. Pour cela, il existe un remède : les former. C’est le propos du communiqué sorti ce mercredi par 13 ONGs. En formant joueurs et dirigeants aux sujets de mobilité, d’énergie, de pollutions, de biodiversité ou d’alimentation, on agit d’abord sur les citoyens qu’ils sont et sur leur mode de vie parfois très polluant.

Faisons-leur comprendre qu’on ne peut plus prendre un jet privé avec quelques amis pour aller faire du shopping à Madrid, ou pour aller disputer un match franco-français en Chine ou aux Etats-Unis. Faisons-leur comprendre qu’il n’y a pas que les paris sportifs qu’il faut combattre, mais aussi les droits humains et une planète à protéger. Faisons-leur comprendre enfin que leur voix compte bien plus que la voix d’un scientifique et qu’à cet égard, leurs prises de paroles sont primordiales.

Il est maintenant venu le temps des conséquences et des opportunités. Attrapons la balle au bond ! Profitons-en pour faire bouger les lignes, positivement. Loin des chars à voile et de la frénésie, retrouvons raison et remettons-nous au travail. Après l’ivresse, vient la sobriété.

© Photo à la une : Reuters/Stéphane Mahé

Fondateur d'Ecolosport, je souhaite encourager la transition écologique dans le monde du sport. Près de 10 années dans le monde du sport amateur et professionnel me permettent de bien connaitre l'environnement des organisations sportives, ses parties prenantes. Je suis persuadé des opportunités que représente cette transition pour la planète et le sport.

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