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SÉRIE (2/5) – Et si nous nous saisissions des éco-aventures comme des leviers de changement pour les citoyens ? Lors des prochaines semaines, nous partirons à la rencontre de quatre éco-aventuriers, tous lancés dans leur dernière ligne droite.

Deuxième épisode de cette série sur les éco-aventuriers Sport Planète et entretien avec Nicolas Vandenelsken du GreeNicoTour, dont Ecolosport est partenaire. Nicolas s’est élancé samedi 3 septembre 2022 dans cette nouvelle aventure mêlant sport et climat.

Ecolosport : Nicolas, pouvez-vous nous parler de cette 2ème édition du GreeNicoTour ?

Nicolas Vandenelsken : Cette deuxième édition est différente. En 2021, il s’agissait d’un tour de France alors que cette année, il s’agit plutôt d’une traversée de la France. Je passe par 49 départements, 11 régions et par autant de villes que l’année dernière. Le message est plutôt clair : je vais faire 100 marathons en 100 jours pour le climat. Les gens sont toujours un peu inquiets pour moi quand j’annonce ça mais je ne le suis pas (rires). L’an dernier, c’était quasiment ça aussi, je faisais 38km par jour au lieu des 42km du marathon. Puis le message était peut être un peu confus en 2021. On a retenu qu’un mec faisait le tour de France pour ramasser les déchets. Ça ne m’embête pas car cette problématique est importante et nous agissons à ce sujet avec l’association Uni-Vert Sport. Mais nous allons plus loin, il y a de la sensibilisation dans les écoles, on parle du climat en général et aussi de sport-santé, de bouger pour son corps.

Cette année, il n’y aura donc pas de ramassage de déchets mais uniquement de la sensibilisation, par la Fresque du Sport notamment, développée par le CDOS 78. L’idée, au lieu de faire courir les jeunes pour ramasser les déchets, est de faire une chasse au trésor, de les faire courir pour aller chercher de l’information. Il y aura aussi des petits jeux pour mélanger activité physique et sensibilisation. Les jeunes et les moins jeunes sont toujours invités à courir à mes côtés ou à m’accompagner en vélo. C’est un vrai projet collectif que nous avons appelé La Course des Héros. La semaine, j’irai dans les écoles et le week-end, il y aura des animations dans des villages Sport Planète, avec la mise en avant d’acteurs locaux.

Ecolosport : Quelles sont les autres nouveautés de cette édition ?

Nicolas Vandenelsken : Les 80 premières étapes dessineront un symbole et chacun pourra voir ce symbole se dévoiler petit à petit sur notre site internet. Pour les 20 dernières, nous avons créé un défi avec les écoles en leur disant qu’il fallait ramener Nico chez les ch’tis (rires). Nous avons mixé deux propositions d’écoles pour me faire rentrer à Valenciennes le 11 décembre prochain. L’autre nouveauté concerne le vélo qui m’accompagne. Il sera différent et les gens vont vite s’en rendre compte, car il est couché et aura chaque jour un message différent sur le climat. J’aurai la chance d’être accompagné par Jérôme, qui sera sur un autre vélo. Il vivra l’aventure de l’intérieur durant les 100 jours et prendra des images pour pérenniser notre action.

Ecolosport : Il y a un contraste très intéressant entre le fait de vouloir en faire toujours plus, tout en appelant à la sobriété et à en faire toujours moins…

Nicolas Vandenelsken : C’est une remarque intéressante qu’on ne m’a jamais trop faite. Je pense que je fais subir à mon corps ce que l’on fait subir à la planète ! Je conçois que ce soit beaucoup trop, notamment quand dans le même temps j’appelle à la sobriété. Mais la société est dans le toujours plus. Même la devise des JO exprime qu’il faut aller plus vite, plus haut et plus fort. La prochaine Coupe du Monde de football, que je vais appeler à boycotter pendant mon aventure, en est l’exemple typique aussi, avec toujours plus d’argent… Avec ce GreeNicoTour, j’en fais beaucoup, mais dans ce cas précis, c’est pour la planète. L’idée est d’interpeller un maximum de personnes, et notamment celles qui ne sont pas convaincues. Quand des médias comme L’Equipe parle de notre projet, c’est intéressant à ce titre, ça touche des gens qui ne sont pas sensibilisés. Pour leur parler, il faut de la performance. Peut-être que dans 5 ou 10 ans, mon corps me le fera regretter, mais c’est ma façon de me dévouer pour la planète.

Ecolosport : C’est aussi pour cette raison que vous êtes devenu éco-aventurier ?

Nicolas Vandenelsken : Je suis devenu éco-aventurier car j’ai travaillé dans l’événementiel sportif et qu’il y avait des choses aberrantes. J’ai voulu sortir de ce système, où j’étais chef de projet dans une entreprise qui fait du marketing. Pourtant, je fais toujours du marketing aujourd’hui, mais pour la bonne cause (rires). Le sport est le reflet de la société, on reproduit dans le sport ce qui se fait dans notre quotidien. On parle de consommer local. Dans le sport, à mon avis, ça doit être pareil. Nous devons par exemple arrêter de prendre l’avion pour des compétitions sportives. J’ai voulu devenir éco-aventurier pour toutes ces raisons. J’ai aussi la chance d’avoir un corps qui est cool avec moi, que je peux tester. J’aime bien me mettre hors-limite et c’est de cette façon que je veux faire passer les messages.

Ecolosport : Dans cette idée d’en faire encore plus, quelles sont les limites, maintenant ? Allez-vous vouloir en faire davantage l’année prochaine ? Jusqu’où pouvez-vous aller ?

Nicolas Vandenelsken : Je crois que l’année prochaine, je vais me calmer (rires). Je me rends compte qu’en deux ans, j’aurai fait 14.000 kilomètres, en prenant en compte toute la préparation. Entre les deux tours, il n’y a eu que 6 mois, finalement… Je me dis « Nico, fais doucement quand même » ! Peut-être que l’année prochaine, le GreeNicoTour sera encore plus collectif. Je ne pense pas vouloir faire plus, sauf, pourquoi pas, en 2024 à l’occasion des Jeux Olympiques. Ce sera peut-être l’occasion de faire quelque chose d’encore plus dingue. J’espère surtout que dans les prochaines années, nous n’aurons plus à faire des choses délirantes pour faire passer nos messages. Passons aux actes !


Cette année encore, suivez le GreeNicoTour sur Ecolosport dans les Carnets de Routes de Nicolas.

Fondateur d'Ecolosport, je souhaite encourager la transition écologique dans le monde du sport. Près de 10 années dans le monde du sport amateur et professionnel me permettent de bien connaitre l'environnement des organisations sportives, ses parties prenantes. Je suis persuadé des opportunités que représente cette transition pour la planète et le sport.

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