En Suisse, une procédure a été lancée fin décembre 2022 à l’encontre de la Fédération internationale de football (FIFA) pour « fausses promesses climatiques » lors de la Coupe du Monde au Qatar.

Les bras nous en tombent… La FIFA aurait-elle abusée de promesses climatiques et de greenwashing pour vanter les mérites environnementaux de la dernière Coupe du Monde au Qatar ? Évidemment, et c’était d’ailleurs l’objet de notre Carton rouge, il y a quelques mois. Près de 140 organisations mondiales, dont le WWF et Greenpeace, ont porté plainte contre la FIFA ces dernières semaines pour dénoncer les fausses promesses climatiques de la fédération et de l’organisation du Mondial. D’après l’Alliance pour le climat, à l’origine de la procédure, des plaintes émanant de France, de Belgique et de Grande-Bretagne ont aussi été transmises aux autorités suisses, pays où siège justement la FIFA.

Pour rappel, la Fédération internationale de football a largement communiqué sur une Coupe du Monde « neutre en carbone », grâce au fameux procédé de compensation et de crédit carbone, très douteux dans ce cas précis. Dans les faits, l’organisation estimait à 3,631 millions de tonnes l’émission de CO2, une estimation déjà plus élevée que les précédentes éditions. Un chiffre largement contesté par de nombreuses ONGs, à l’image de Carbon Market Watch, qui estime ce chiffre sous-évalué « potentiellement jusqu’à huit fois ».

La FIFA réfute les accusations de greenwashing

En cause notamment : des standards carbone légers, la non-prise en compte des avions-navettes entre le Qatar et ses pays voisins, et une prise en compte insuffisante du poids carbone de la construction des stades. Concernant ce dernier point, l’organisation prend dans son calcul seulement les 45 jours d’utilisation des stades sur les 60 ans de durée de vie. Pratique, alors que ces infrastructures climatisées à ciel ouvert ont été construites spécifiquement pour cet événement…

Christian Lüthi, directeur de l’Alliance pour le climat, a indiqué à Blick préférer « que la FIFA investisse ses ressources dans la prévention des émissions plutôt que dans le greenwashing. (…) Nous sommes confiants sur le fait que la commission condamnera les violations de la FIFA en matière de publicité loyale et lui enverra ainsi un signal clair. »

La procédure prendra vraisemblablement de nombreux mois et ne devrait pas avoir de réelles conséquences juridiques. Elle devrait néanmoins permettre à la Commission suisse pour la loyauté, en charge du dossier, de faire des recommandations à la Fédération internationale de football qui, de son côté, réfute évidemment toutes les accusations. On n’en attendait pas moins…

© Photo à la Une : Abbie Parr/The Associated Press

Instagram

Inscrivez-vous à la newsletter Ecolosport