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Football : une licence éco-conditionnée pour les clubs de Ligue 1 et de Ligue 2

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© Franck Fife / AFP
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Comme révélé par L’Équipe, la LFP prévoit un nouveau mode d’obtention de sa licence club pour les équipes de Ligue 1 et de Ligue 2. L’écologie devient un pôle conséquent du cahier des charges, alors que les clubs de l’élite et de son antichambre ont plus que jamais besoin de percevoir l’intégralité des droits télévisuels qui leur sont dus.  

À l’instar du football allemand qui va compliquer l’obtention de la licence en cas de non-respect des engagements environnementaux, la Ligue de Football Professionnel (LFP) a présenté aux clubs de Ligue 1 et de Ligue 2 son nouveau modèle de licence club. Dans le football, une licence club correspond à un cahier des charges construit autour de plusieurs critères, qui rapportent des points s’ils sont remplis. Pour l’obtenir, il faut un minimum de 7 000 points sur 10 000 en Ligue 1, et 6 000 sur 10 000 en Ligue 2. Les clubs ne cochant pas suffisamment de cases n’obtiennent pas ce précieux sésame, condition indispensable pour toucher l’intégralité des droits TV. Ils n’en touchent que la moitié dans le cas contraire. 

Dans un document confidentiel, révélé par le journal L’Équipe, on apprend que le critère écologique représentera la saison prochaine environ 11% des points (plus de 1 000 points sur 10 000), alors qu’il n’en représentait que 2% jusqu’à maintenant. À titre de comparaison, la qualité des pelouses, un des éléments essentiels du football professionnel, représente 13,5%.

Alors que les droits TV pèsent aux alentours de 65% dans les budgets des clubs professionnels français, et après une série de secousses économiques comme la crise Covid et l’épisode Mediapro, la LFP a vendu 13% des droits TV au fonds d’investissement CVC, apportant ainsi aux équipes un financement bienvenu sur le court terme… mais hypothéquant une partie des revenus télévisuels lors des prochaines saisons. Dans ce contexte, avec un modèle économique structurellement déficitaire dont l’équilibre est garanti par la vente de joueurs, perdre 50% des droits TV reviendrait à mettre en péril son club sur les plans économique et sportif. 

Énergie, transports et gestion des déchets comme principaux leviers

16 nouveaux critères de développement durable vont faire leur apparition. Parmi eux, bon nombre sont issus du Plan de sobriété énergétique du Ministère des Sports, des Jeux Olympiques et Paralympiques. Ainsi, les clubs devront s’assurer de la réduction de leur consommation électrique de 10% par rapport à la saison précédente (100 points), du passage à un éclairage LED dans leur stade (100 points), de la réalisation d’un audit énergétique (100 points) et de devenir signataire de la Charte des 15 engagements éco-responsables du Ministère des Sports et du WWF (50 points).

Au-delà de l’énergie, l’impact carbone des clubs est particulièrement ciblé. Pour valider 100 points supplémentaires, ils devront opérer un audit de leurs émissions de CO2 dans l’optique de définir une stratégie bas carbone sur-mesure. Autre critère intéressant : les déplacements de moins de 5h impliqueront automatiquement un voyage en bus ou en train, sous peine de perdre 100 points. La LFP listera ces trajets pour chacun des clubs. L’encouragement à la mobilité douce des supporters par la mise à disposition de parkings à vélos sécurisés aux abords du stade sera valorisé par 50 points. 

Les déchets et les plastiques à usage unique ne sont pas oubliés. Si vous avez l’habitude de verres réutilisables aux couleurs de votre équipe favorite, les clubs devront désormais proposer des verres neutres, sans logo, pour glaner 60 points. Cette mesure favoriserait le retour des verres réutilisables aux points de restauration, et par conséquent réduirait leur production. La suppression des bouteilles en plastique apportera 70 points. À ce stade, seul le Toulouse Football Club est en passe de se conformer à cet objectif grâce à l’installation d’une fontaine à soda. Enfin, le taux de recyclage ou de valorisation des déchets sera pris en compte à hauteur de 50 points. 

Des audits surprises les soirs de match

En complément des critères écologiques, le volet sociétal a été renforcé. L’ensemble des composantes d’un club (joueurs, groupes de supporters, dirigeants…) devront assister à des ateliers de lutte contre les discriminations (principalement racisme et homophobie) s’ils veulent recevoir 100 points pour leur licence club. Le renforcement des conditions d’accès aux personnes en situation de handicap sera valorisé par 150 points. 

Les clubs pourront se pencher sur ces considérations dès le 1er mars et auront jusqu’au 6 octobre pour se mettre en conformité. Par la suite, des audits surprises seront réalisés les soirs de match pour vérifier la véracité de chacune des déclarations. Une méthode plus punitive qui pourrait porter ses fruits au regard des enjeux financiers vitaux qu’elle peut impliquer. Mais certainement nécessaire pour accélérer la transition écologique du football français, toujours en retard sur ces questions par rapport à certains de ses voisins européens. 

Photo à la Une : © Franck Fife / AFP

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