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Biathlon : quand le blanc se met au vert

Avec le réchauffement climatique, la neige se fait de plus en plus rare sur nos massifs. Et les sports d’hiver sont largement impactés par ce changement. C’est pourquoi l’Union Internationale de Biathlon (IBU) a décidé de réagir face à ce défi, avant que la pratique du biathlon en hiver ne devienne impossible, faute de neige…

La réussite d’un événement sportif de ski, comme le biathlon, ne dépend pas uniquement d’une bonne organisation. Le premier facteur de réussite est d’abord la simple présence de neige. Il y a quelques années déjà, en décembre 2011, les épreuves de la Coupe du monde de biathlon au Grand Bornand (Haute-Savoie) avait été annulées faute de neige. Aujourd’hui, cela risque d’être de plus en plus courant…

Certaines stations de ski se voient privées de neige en plein hiver – © Vosges Matin / Léa DIDIER

Ces images de stations vidées de leur or blanc en plein hiver pourraient bien devenir habituelles dans les prochaines années. C’est d’ailleurs ce que souligne une étude publiée dans la revue scientifique The Cryosphere en 2017, montrant que les Alpes pourraient perdre plus de 70% de leur couverture neigeuse annuelle d’ici 2020. Les conséquences se font déjà ressentir, puisqu’aujourd’hui déjà, la pratique du ski peut s’avérer difficile dans plusieurs massifs à cause des aléas climatiques.

Face à l’urgence, l’IBU dévoile ses axes stratégiques d’actions

Conscient que l’avenir du biathlon est de plus en plus menacé, l’Union Internationale du Biathlon souhaite montrer l’exemple en établissement une stratégie en faveur de l’action climatique. C’est ce que souligne Olle Dahlin, président de l’IBU : “Le développement durable est une question de plus en plus importante et pertinente dans le sport. Aucun sport n’est plus touché par le changement climatique que le biathlon. L’IBU doit adopter une position ferme pour devenir un sport de plus en plus durable et respectueux de l’environnement, en devenant un leader d’opinion parmi les Fédérations internationales.”

Grâce à son comité d’expert pour le développement durable crée en juin 2020, l’IBU a dévoilé en octobre dernier son plan ambitieux d’actions. D’ici 10 ans, le but est d’atteindre une neutralité carbone. A travers ce plan stratégique « Cible 26 », l’IBU démontre sa volonté d’aller au-delà des exigences minimales en identifiant 5 domaines prioritaires :

  • Le climat : réduire l’empreinte carbone du biathlon de 4,5 % par an dans le but de devenir neutre sur le plan climatique d’ici 2030 et positif sur le plan climatique d’ici 2034 ;
  • Le sport : garantir la neutralité environnementale du sport ;
  • Lieu et événement : permettre aux sites et aux événements de biathlon d’avoir un impact positif à long terme sur les communautés d’accueil et l’environnement ;
  • Société : devenir le premier sport d’hiver en termes de bonne gouvernance, d’égalité des sexes et de diversité ;
  • Sensibilisation et communication : mener le plaidoyer en faveur de l’action climatique et du développement durable au sein de la famille du biathlon et des sports d’hiver pour les fans du monde entier.

Une communication transparente pour des engagements ambitieux

Depuis la publication de sa nouvelle stratégie, l’IBU a axé sa communication sur ce virage vert. L’objectif est de jouer un rôle de premier plan dans la lutte contre cette urgence climatique. Olle Dahlin veut profiter de la notoriété du biathlon en s’appuyant sur l’engagement de toutes les parties prenantes : “La durabilité doit être intégrée à tous les niveaux de la famille du biathlon, de l’IBU aux fédérations nationales, en passant par les athlètes et les supporters.

Mais l’engagement de l’IBU sur les enjeux climatiques ne s’arrête pas là. Ainsi, en juin 2020, l’IBU s’est, par exemple, associée à l’UNFCCC (United Nations Framework Convention on Climate Change). Ce partenariat permet notamment d’inciter à la réduction des émissions de gaz à effet de serre liée à l’organisation des compétitions sportives.

A l’approche de la Coupe du monde 2020/21, cette stratégie tournée vers le développement durable va certainement avoir une visibilité d’autant plus importante pour les amateurs de poudreuse et pour le grand public !

© photo : CIO.

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Alice Brach
Rédactrice pour Écolosport, je suis convaincue de l'impact positif du sport sur notre société. Les enjeux liés à transition écologique s'inscrivent comme une opportunité à saisir afin de renouveler et réinventer notre pratique et consommation sportive.

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