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Comment le Tour de France veut décarboner son événement

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© ASO/Jonathan Biche
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Transports en commun, vélo, covoiturage : pour décarboner son événement itinérant, le Tour de France veut inciter ses spectateurs à venir en « mode vert ». Karine Bozzacchi, responsable RSE du Tour, nous détaille le plan de mobilité de l’édition 2024, qui démarre ce samedi 29 juin.

Le cyclisme est un sport intrinsèquement propre. Les événements greffés autour de ces courses le sont beaucoup moins, évidemment. Avec sa caravane et ses nombreuses voitures, le Tour de France est régulièrement pointé du doigt pour son lourd impact écologique. Mais l’essentiel de l’empreinte carbone de l’événement est ailleurs. En 2021, le bilan carbone du Tour était de 216 000 tonnes de CO2eq (scope 3), contre 342 000 tonnes de CO2eq en 2013. 94% des émissions de CO2 proviennent des déplacements des 10 millions de spectateurs estimés sur les bords de routes.

Alors, la mobilité des spectateurs est logiquement devenue un sujet central pour ASO, l’organisateur de la plus grande course cycliste du monde. « Si nous n’agissons pas sur ce Scope 3, ce n’est pas sur les deux autres que nous aurons de grandes marges de progression » estime à juste titre Karine Bozzacchi, responsable RSE d’un Tour de France qui manque de leviers parce que gratuit. « Nous n’avons pas de billetterie donc nous n’avons pas de moyens directs de toucher et d’inciter le spectateur », au contraire des 24h du Mans, par exemple, et de son Green Ticket.

> Lire aussi : 24 heures du Mans : un virage écologique à bien négocier

Covoiturage, transports en commun… et vélo bien sûr

Dès lors, comment faire pour atteindre l’objectif de réduction calqué sur les Accords de Paris, c’est-à-dire diviser par 2 le bilan carbone d’ici à 2030 ? Alors que 60% des spectateurs viennent en voiture, une plateforme de covoiturage a été lancée en 2023, avec StadiumGO et le soutien du partenaire FDJ. Sur le site du Tour, il est donc possible de proposer son trajet, ou d’un réserver un. Pour les utilisateurs de la plateforme, des parkings privés et proches du parcours leurs seront réservés tout au long du tracé.

Venir sur la Grande boucle en deux-roues, au delà d’être recommandé, est forcément une bonne idée. De nombreux cyclistes amateurs s’adonnent à la montée de quelques cols, avant le passage du peloton du Tour. Sur toutes les villes-départ, les spectateurs auront la possibilité de réserver, en amont, leur place de parking gratuit et sécurisé pour leur vélo, qui se trouvera au plus proche de chaque ligne de départ. Lors de 4 étapes, un service additionnel sera proposé par Shimano sur ces parkings, d’une capacité de 120 places et soutenus par AG2R : la possibilité de faire un diagnostic des deux-roues et de la petite réparation.

Enfin, ASO a développé quelques offres TER avec chaque Région. « Cette année, on a mis le paquet ! » s’enthousiasme Karine Bozzacchi. « Nous aurons des offres spécifiques Tour de France – sur la journée, sur 7 jours ou inter-départements par exemple – sur les régions Occitanie, Centre-Val-de-Loire, Bourgogne-Franche-Comté et PACA, région dans laquelle le Tour se termine cette année. » Au sujet de l’arrivée finale de la Grande Boucle, qui se déroulera précisément entre Monaco et Nice, un accroissement du nombre de TER est prévu entre la Principauté et la Cité des anges. Sur certains horaires, il y en aura toutes les 15 minutes, au lieu de 30 habituellement.

« Il y a vraiment une cohérence entre les différents transports. La Ville de Nice a aussi fait un gros travail sur ses trams (…) La région Centre-Val-de-Loire proposera aussi des cars gratuits » poursuit Karine Bozzacchi.

Le Tour veut communiquer largement

Pour réduire les émissions carbone, l’événement reste bien sûr tributaire des comportements du grand public. Pour valider les efforts fournis par l’organisation, le Tour de France souhaite communiquer fortement sur les initiatives entreprises. « Dans le cadre de notre campagne « Venez en mode vert sur le Tour », nous avons réalisé un film avec les coureurs. Ils incitent le public à venir en mode vert. » David Gaudu, Sepp Kuss ou Remco Evenepoel font partie du casting, entre autres coureurs.

Le Tour de France tente de sensibiliser son public à travers ses réseaux sociaux ou son site Internet, où une rubrique dédiée, pour chaque étape, a été développée.

Le plan mobilité imaginé par ASO est aussi bien valable pour le Tour hommes que le Tour femmes. Parmi les autres engagements de l’événement, une nouveauté : la nomination obligatoire d’un référent environnement pour chaque équipe. « Nous allons nous réunir avant le grand départ, en Italie, pour leur rappeler nos objectifs environnementaux : réduction de l’empreinte carbone ou de la consommation d’eau, pas de bus allumés pour rien, gestion des déchets, etc. » conclut Karine Bozzacchi, qui échange aussi régulièrement avec Guillaume Martin, cycliste français sensible au sujet. Un travail de plus en plus collectif, forcément nécessaire pour remporter ce contre-la-montre.

> Lire aussi : Tour de France (2/2) – Karine Bozzacchi : « Nous allons dans le bon sens »

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