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24 heures du Mans : un virage écologique à bien négocier

24 heures du Mans : un virage écologique à bien négocier
© Antonin VINCENT (ACO)
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Événement majeur du sport français, les 24 heures du Mans viennent d’être certifiées ISO 20121. Synonyme d’une organisation qui maitrise son impact environnemental ? Éléments de réponse.

En 2021, l’Automobile Club de l’Ouest (ACO) dévoilait ses « Engagemans », sa nouvelle stratégie RSE. Un an après, l’organisateur des 24 heures du Mans lançait le « Green ticket », pour inciter les fans à venir sur le circuit en mobilités douces. Sur présentation d’un justificatif de mode de transport bas carbone (billet de train, covoiturage, carte grise d’un véhicule électrique ou hybride, justificatif de domicile…), il vous donne droit à certains avantages : une réduction sur le billet, 1€ reversé par billet à Mécénat Chirurgie Cardiaque, un gobelet réutilisable… L’année prochaine, l’expérience pourrait encore être augmentée. Et en cas de non-respect, le billet est invalidé.

> Lire aussi : L’Automobile Club de l’Ouest dévoile sa stratégie RSE et ses « EngageMans »

L’initiative, réservée aux résidents de France métropolitaine et d’Europe uniquement, trouve chaque année un public plus large. « C’est la troisième édition du Green ticket » précise Jérôme Lachaze, responsable RSE de l’ACO. « Sur la 1ère édition en 2022, nous avons vendu 2 100 Green tickets. L’année dernière, nous étions à 6 700. Cette année, nous allons être autour des 10 500 », poursuit-il, en précisant que 150 000 billets sont vendus chaque année et que ce Green ticket approche un peu plus les 10% des ventes de billets.

Les 24 heures du Mans certifié ISO 20121

Cette opération assez symbolique des « 24 heures » fait partie d’un ensemble d’actions menées par l’organisation, qui agit aussi bien en piste qu’en dehors. Cette stratégie permet d’ailleurs aux 24 heures du Mans – ils viennent de l’annoncer – d’être certifié ISO 20121. « Cela va nous permettre d’avoir la labellisation FIA 3 étoiles » se réjouit Jérôme Lachaze.

> Lire aussi : Norme ISO 20121 : plus d’ambitions pour moins de greenwashing

Hors piste, l’ACO agit sur l’alimentation, qui représente 15% du bilan carbone de l’événement. Les organisateurs travaillent avec Metro pour se fournir uniquement de produits locaux. « Nous avons une soixantaine de restaurateurs sur les 24 heures. Pour éviter de flécher tous les fournisseurs de chacun d’eux, nous les orientons vers Metro, avec qui nous avons mis en place une mercuriale, c’est-à-dire que nous leur avons communiqué une liste de produits que nous recommandons : des produits bio, en circuit court ou labellisés. » En 2023, 50 tonnes de denrées alimentaires provenaient de ce système. Cela devrait être davantage cette année. Celles non-consommées sont par ailleurs distribuées aux Restos du Coeur.

Sur les déchets, « qui n’est pas le gros impact », l’ACO a noué un partenariat avec Paprec en 2023. L’objectif affiché sur la feuille de route : 80% de valorisation matière d’ici 2030. Ils devraient atteindre les 50% cette année, contre 42% l’année dernière.

Des efforts en piste mais avec un impact assez mineur

En piste aussi, l’organisation tente de réduire son impact environnemental. Plus pour l’exemple que pour avoir un impact significatif, d’ailleurs, puisque le volet carburants et pneus ne représentent que 1,4% du bilan carbone.

Depuis 2022, les 24 heures du Mans sont le seul championnat du monde dont le carburant utilisé, pour toutes les catégories, est 100% renouvelable. « C’est un gain carbone sur l’ensemble du cycle de vie du carburant. Au moins 65% de ce carburant est issu de résidus vinicoles français. »

© Dominique Breugnot (ACO)

Concernant les pneus, il y a une triple approche : conception, utilisation et fin de vie. « Michelin et Goodyear nous fournissent des pneus issus de 30 à 40% de matériaux recyclés. » Si le progrès technique sur ces éléments très polluants est louable, il est aussi nécessaire de réduire le nombre de pneus utilisés, ce qui sera notamment le cas dans la catégorie LMP2, qui voit son nombre de pneus réduit d’un tiers, grâce à la réduction de certaines spécificités réglementaires.

Avec 21% du bilan carbone, les équipes participantes au 24 heures sont aussi tenues de réduire leur empreinte. « Toute équipe qui participe aux 24 heures du Mans est obligée de proposer un projet sociétal ou environnemental » poursuit Jérôme Lachaze. Lors de certaines compétitions, le bilan carbone est aussi obligatoire. Certaines équipes – Ferrari, Peugeot, WRT – ont aussi reçu la certification environnementale de la FIA.

Carburant renouvelable, pneus issus de matériaux recyclés, green ticket, alimentation responsable, certification ISO 20121 : l’ACO mène une stratégie qui semble sérieuse… mais pas suffisante pour les collectifs et militants écologistes, qui préféreraient que l’événement soit supprimé. D’accord ou pas, cela reste en tout cas la vraie et seule solution pour que l’événement (qui n’en serait donc plus un) soit neutre en carbone. L’ACO annonce vouloir l’être d’ici 2030, en réduisant de 30% les émissions de CO2 et donc en compensant les 70% restants. D’après l’ADEME, au-delà d’être une mission impossible et surtout « inexacte d’un point de vue scientifique », c’est aussi un marqueur de greenwashing. Et ça, c’est bien sûr regrettable.

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