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KarrGreen, entreprise morbihannaise spécialisée dans le développement des énergies vertes, est devenue le nouveau fournisseur officiel du FC Lorient. Pour Ecolosport, Sébastien Pensivy, responsable sponsoring et partenariats du club breton, revient sur la conclusion de ce partenariat et sur les ambitions écologiques des Merlus.

Comment avez-vous eu l’idée de cette collaboration avec KarrGreen ?

Nous connaissions les dirigeants de l’entreprise puisque KarrGreen est reliée à l’entreprise Liger. Ils ont développé un modèle testé et approuvé à Locminé, dans le Morbihan, qu’ils vont tenter d’étendre sur tout le territoire national. Le dirigeant est passionné de football, originaire de Vannes, et connait lui-même des patrons qui sont en relation avec le FC Lorient. Quand nous avons eu connaissance de ce projet, nous avons trouvé l’idée intéressante parce que le modèle de récupération de matières premières qui sont recyclées par la suite pour créer de l’énergie verte est remarquable. De plus, il est porté par le maire de Locminé et les industriels comme Jean Floc’h et Eureden, qui sont nos partenaires. J’ai une fibre écologique, j’estime qu’il faut faire attention à nos consommations, à la gestion des énergies au quotidien. Il faut se réjouir qu’en Bretagne, dans une ville de cette taille, un projet écologique ambitieux voit le jour.

Dans le cadre du développement national de KarrGreen, Marc Le Mercier (Directeur général de KarrGreen) souhaitait monter en puissance à nos côtés mais sans que cela se limite uniquement à de la visibilité. Il a une réelle volonté d’accompagner le club dans sa transition écologique. D’un point de vue communicationnel, le fait qu’il devienne un plus gros partenaire lui permet d’utiliser les supports de communication du FC Lorient, notamment dans le stade et sur les réseaux sociaux, en étant vu par tous les publics : partenaires, fournisseurs, supporters… Le football est un excellent moyen pour accroître la notoriété d’une marque.

En l’occurrence, s’associer au FCL pour KarrGreen, c’est idéal pour continuer à se développer en Bretagne, en améliorant son réseau auprès des entreprises et des institutionnels, et offrir de nouvelles perspectives de développement sur le reste du territoire national. Le FC Lorient est un vecteur de communication mais aussi un vecteur de mise en relation. Nous échangeons beaucoup avec Marc sur les bonnes pratiques écologiques en France et à l’étranger. Il a été un des premiers à nous envoyer le projet des Forest Green Rovers, 100% en économie verte. La semaine dernière, on a échangé sur le cas d’Arsenal, qui a signé un partenariat avec l’ONU pour atteindre la neutralité carbone. Il faut faire prendre conscience à tout le monde que nous devons faire évoluer notre modèle d’émissions de carbone.

Que peut vous apporter l’entreprise concrètement, au-delà de l’aspect financier ?

À moyen et à long terme, nous discutons pour que l’entreprise intervienne au sein du club sur une partie engineering au niveau des bonnes pratiques à adopter, notre façon de fonctionner au quotidien… Des ateliers de travail sur les bonnes pratiques au centre d’entrainement et au stade du Moustoir vont être créés. Nous n’allons pas installer une station d’énergie verte au Moustoir ou à Kerlir, mais nous sommes dans une logique d’activer le lien avec le grand public à moyen terme, pour les inciter à agir avec nous sur l’aspect environnemental.

Et puis, nous travaillons sur la mise en relation de nos partenaires. Typiquement, notre transporteur historique est l’entreprise Ricouard, qui possède une flotte de camions de transports, de bus… Leur dirigeant travaille sur le futur de leur activité et il est très intéressé par les biocarburants et le projet de KarrGreen. Nous sommes un maillon de la chaîne où il faut faire se rencontrer les bonnes personnes. Si nos partenaires peuvent collaborer ensemble, nous avons tout gagné. Et le FCL pourrait en bénéficier dans ce cas si, dans le futur, les transports Ricouard améliorent leur bilan carbone grâce à KarrGreen.

Voir le FC Lorient devenir le premier club français à atteindre la neutralité carbone relève-t-il d’un fantasme ou d’une possibilité très sérieuse ?

Plus nous serons de clubs français dans cette démarche, mieux ce sera. Il faut voir d’un très bon œil la multiplication des initiatives écologiques. Toutes les actions sont bonnes. Avec l’aide de nos partenaires, de nos supporters, la structuration du projet… nous pouvons y arriver ! Nous faisons déjà plein de choses : on récupère les eaux de pluie, on a des panneaux photovoltaïques, on récupère les bouchons de bouteilles, on fait du tri sélectif au Moustoir et à Kerlir… D’ailleurs, j’ai une anecdote sympathique sur ça. Il y quelques semaines, Thomas Monconduit a signé chez nous en provenance d’Amiens. Il est très sensible à l’écologie. Je l’ai croisé chez notre partenaire BMW, au moment où il achetait son véhicule électrique. Il me dit : « je vais demander au président d’installer une borne de recharge au centre d’entrainement ». Je lui ai répondu qu’elle avait été installée il y a 5 ans, au moment de la construction de l’Espace FCL. Il était heureux et très surpris, car nous sommes un des premiers clubs à avoir installé ces bornes. Avec la ville et l’agglomération, nous avons cette réflexion car nous avons conscience de notre impact sur le territoire. Nous devons être un exemple de bonnes pratiques.

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Thomas Monconduit, très attaché à l’écologie, a rejoint les Merlus cet été en provenance d’Amiens. Photo : Bruno Perrel – FCL

Les considérations écologiques du club sont-elles devenues centrales depuis la crise du coronavirus ?

Je ne dirai pas que c’est devenu central, ça l’était déjà. Peut-être que cela a accentué les choses. On parle de la crise du coronavirus mais le réchauffement climatique doit nous faire réagir collectivement. Nous devons porter une réflexion sur les énergies vertes. Nous avons la chance d’être dans une région très agréable à vivre, qui a toujours eu une dimension de protection de son littoral et de ses atouts. Il y a quelques semaines, j’ai fait le déplacement à Reims, avec Marc Le Mercier justement. Nous avons rencontré un certain nombre de dirigeants de coopératives agricoles de la région rémoise. Pour eux, l’urgence d’investissement, c’est l’écologie. Je n’avais pas conscience de l’impact du réchauffement climatique dans ces régions céréalières et viticoles. J’ai senti une urgence. Le modèle agricole, et plus généralement le modèle économique doit évoluer rapidement pour préserver l’environnement. Nous vivons dans notre bocal et quand nous sommes amenés à voyager grâce au club, on prend conscience qu’on est tous concernés par ces enjeux.

Agir pour l’écologie, est-ce un levier pour attirer des partenaires et fidéliser les sponsors actuels, notamment en limitant l’aléa sportif avec le renforcement des valeurs ?

Nous avons toujours agi dans cette optique. Le FC Lorient est un lieu d’émotions, de plaisir, de partage autour d’une passion commune qui est le football. Mais c’est aussi un lieu de business, un lieu de rencontre. Nous avons créé le Club FCL Pro avec plusieurs activités proposées pour nos partenaires tout au long de l’année : des speed meeting, des workshops, des visites d’entreprises. Par exemple, il y a un an, nous avons organisé une visite d’entreprise chez KarrGreen. Nous avons eu une cinquantaine de dirigeants qui se sont déplacés à Locminé pour découvrir ce concept. C’est important dans la stratégie de Marc Le Mercier car il souhaite absolument que les acteurs territoriaux soient pleinement impliqués dans le développement. Les visites d’entreprises, ce n’est pas quelque chose que nous vendons à nos partenaires. Nous avons trouvé la dimension écologique et locale intéressante à faire découvrir à nos sponsors. C’est un moyen de les sensibiliser et de les inciter à prendre davantage en considération l’aspect environnemental dans leur activité.

Avoir des partenaires en local, que nous faisons grandir, que nous accompagnons dans leur développement, c’est très intéressant car ils seront reconnaissants dans les moments plus délicats. Nous œuvrons sur la satisfaction client, le club entreprise… Malgré tout, le sportif est la locomotive de notre activité. Nos engagements et nos valeurs nous ont permis de recruter de nouveaux partenaires en Ligue 2. La saison dernière, nous avions un taux de remplissage des espaces VIP supérieur en comparaison à notre dernière période en Ligue 1.

Ce partenariat ouvre-t-il la voie à d’autres entreprises écologiques ?

Nous suivons avec beaucoup d’attention l’actualité entrepreneuriale en Bretagne et en France. Quand nous découvrons des entreprises engagées pour l’avenir de notre région et de notre territoire, comme l’est KarrGreen, ça nous fait plaisir et nous avons envie de les faire connaître. Nous allons continuer le travail de veille et si d’autres concepts écologiques voient le jour, ce sera avec plaisir que nous les accueilleront au FCL. C’est dans l’ADN et la culture du club. Nous ne sommes pas là pour faire du chiffre d’affaires à tout prix. Nous travaillons essentiellement sur la satisfaction de nos clients et la relation que nous pouvons construire à long terme avec eux. Nous nous devons de préserver ces valeurs et potentiellement de refuser des partenariats financiers qui ne les respecteraient pas.

Avez-vous mis en place des opérations écologiques les soirs de match dans les espaces VIP ?

Le tri des déchets est présent dans tout le stade du Moustoir, y compris dans nos espaces hospitalités. Il y a quelques années, nous avons rompu le contrat avec un traiteur national qui officiait dans nos espaces VIP. Ce n’était pas forcément des produits de qualité. Pour des questions de circuits courts et de qualité, nous demandions d’utiliser des produits locaux, pour contribuer à l’emploi local aussi. Désormais, nous avons des traiteurs qui font du très bon boulot et qui sont des entreprises locales. C’est une très belle vitrine pour eux et un gage de qualité pour nous.

Comment imaginez-vous le FC Lorient d’un point de vue éco-responsable dans 10 ans ?

J’espère que nous serons exemplaires, que nous ferons partie des références et des clubs régulièrement cités en exemple. Nous avons encore beaucoup de choses à faire, nous n’allons pas nous arrêter là. Nous sommes dans la bonne direction et nous devons poursuivre nos initiatives. L’un des points intéressants à développer dans les années à venir, ce sera l’Armada du FCL, qui accueille les clubs de la région le mercredi après-midi. Nous voulons continuer à avoir ce lien avec les clubs amateurs, d’apporter des bases de citoyenneté aux enfants, en y ajoutant une sensibilisation écologique. Sans oublier la rénovation de la tribune honneur du stade du Moustoir. Mais nous n’allons pas nous limiter à cette seule tribune, tout le stade est concerné. Le projet est en discussion avec nos partenaires institutionnels (mairie, agglomération) pour penser la meilleure option. La rénovation du stade sera le fruit d’une réflexion conjointe et intégrera sûrement des considérations écologiques. C’est au cœur de notre cahier des charges.

Crédit photos : Bruno Perrel – FCL

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Antonin Delmas
Engagé auprès des clubs de football depuis plusieurs années, principalement autour des thématiques de communication, le sujet de la RSE est devenu central à la suite de la réalisation de mon mémoire de recherche de Master 2 sur ce thème. Devenu rédacteur pour Écolosport, j'espère vous informer au mieux des actualités RSE et écologiques du monde du sport pour que nous agissions ensemble en faveur de la planète.

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