Clément Castets Stade Toulousain Ecolosport
Dans cette série, Ecolosport met en avant 5 clubs de rugby professionnels qui mêlent les valeurs de l’ovalie à celles de l’écologie.

Série “Rugby durable” 5/5 – Pour clore cette série ovale, nous nous sommes entretenus avec Clément Castets, pilier gauche au Stade Toulousain et écolo convaincu et impliqué !

Clément Castets, à quand remonte votre engagement écologique et comment agissez-vous au quotidien pour préserver la planète ?

Clément Castets : Je crois que c’est lorsque j’ai commencé à prendre mon indépendance, vers 15 ou 16 ans, quand je suis arrivé au Pôle Espoirs. Je n’étais plus avec mes parents et j’ai vu ce qu’il se passait en dehors du contexte familial. J’ai vite commencé à reprendre mes camarades quand ils jetaient des papiers par terre, ou quand je voyais des actes de ce type. Au fur et à mesure, ça s’est vite transformé en convictions…

Au quotidien, j’essaye de faire les gestes les plus simples : consommer le plus local possible, éviter le plastique, ne pas prendre la voiture autant que possible. J’ai déménagé récemment et c’est plus difficile de ne pas prendre la voiture, mais dès que je peux, je me déplace en trottinette. J’essaye d’agir grâce à d’autres gestes, comme l’utilisation de panneaux solaires et la diminution de la consommation de viande.

Je crois que la transition écologique doit se faire en même temps que le progrès, et que les solutions écologiques doivent être plus pratiques que les solutions polluantes. Nous avons encore du progrès à faire, notamment sur la mobilité.

Est-ce que vous êtes engagé auprès d’une association environnementale ou de votre club ?

Avec deux de mes coéquipiers au Stade Toulousain, Alban Placines et Louis-Benoit Madaule, nous avons créé un petit groupe qui mène une réflexion sur le renouvellement du Stade Toulousain d’un point de vue écologique. Dans cette logique, nous intégrons le volet RSE du club afin de déterminer quelles actions nous pouvons mener à bien sur une échelle bien plus importante que la notre.

Stade Toulousain Castets Ecolosport

Par exemple, le Stade Toulousain est un gros consommateur d’électricité. Sur le volet énergétique, nous allons rapprocher le club d’un fournisseur d’électricité la plus verte possible. Nous essayons aussi de travailler sur le recyclage et sur les déchets générés au stade, en essayant d’en produire le moins possible, ainsi que sur les produits ménagers, par exemple.

Il y a beaucoup d’actions à mener, mais encore une fois : il faut que l’écologie se développe en parallèle des aspects pratique et économique, car c’est ce qui compte pour les entreprises.

Le rugby en fait-il suffisamment, justement, pour l’environnement ? N’est-ce pas aussi le rôle des sportifs de faire bouger les lignes, de sensibiliser le public ?

Personne n’en fait assez aujourd’hui. En tant que joueurs, nous avons une certaine visibilité et nous avons cette chance d’être écouté lorsque l’on parle. L’écologie est un sujet – parmi tant d’autres  – qui mérite d’être mis en avant. Il est important pour tous les acteurs de ce sport, réputé pour ses valeurs, d’être en première ligne sur ces sujets-là.

Clément, Vous êtes un écolo convaincu, est-ce que vous êtes aussi un écolo convaincant, avec vos proches et vos coéquipiers ?

C’est peut-être difficile à croire, mais l’écologie reste un sujet un peu tabou. Parmi mes proches, évidemment que je le suis. Ma copine n’a d’ailleurs pas eu trop le choix (rires).

Au niveau de mes coéquipiers, quelques uns s’y intéressent mais sont peut-être gênés d’en parler en public. On se fait vite chambrer quand on dit qu’on est écolo, on passe parfois pour un hippie. Mais ça vient, ça vient, il y en a qui s’intéressent à l’écologie. Il faut rendre anormal le fait de ne pas être “écolo”. Il faut prendre la parole et passer à l’action !

En juin 2019, lors de la finale du TOP 14 avec le Stade Toulousain, vous avez interpellé le Président Emmanuel Macron au sujet de l’écologie, avant la rencontre. Quel était votre objectif ? Qu’aviez-vous en tête ?

J’y ai beaucoup réfléchi au préalable. Honnêtement, je ne savais pas si j’allais le faire ou pas. Je n’ai pas réfléchi aux conséquences… Je savais que nous serions filmés, mais pas du tout que l’on nous entendrait. J’étais loin d’imaginer tout le bruit que ça a provoqué.

Clément Castets Macron Rugby Ecolosport

Avant la finale de TOP 14, Clément Castets a parlé écologie avec le Président Macron.

Mon point de vue était le suivant : “si je ne le fais pas, je vais le regretter”. Je me suis dit que s’il voyait un rugbyman ou une personnalité plus ou moins publique s’intéresser à ces sujets, et qu’il voulait être réélu, peut-être qu’il penserait à ça ! Il faut que ça rentre dans la tête de chacun…

L’écologie est une option pour votre après-carrière ? Vous avez 24 ans et donc encore le temps d’y songer bien sûr, mais y pensez-vous ?

J’espère avoir un peu de temps devant moi, en effet (sourires) ! Je prépare en parallèle un diplôme en podologie, donc j’ai d’autres options. Mais, évidemment, j’y pense. J’ai investi dans Time For The Planet, une société à but non lucratif qui vise à créer 100 entreprises pour contrer le réchauffement climatique. Je m’investis aussi avec le Stade Toulousain. J’ai en tête un projet écologique, qui nécessite du temps et qui attendra sûrement la fin de ma carrière.


Cette série contient 5 épisodes :
Michaël Ferrisi
Fondateur d'Ecolosport, je souhaite encourager la transition écologique dans le monde du sport. Professionnel du digital dans le rugby, je connais l'environnement des organisations sportives, de ses acteurs et suis persuadé des opportunités que représente cette transition pour la planète et le sport.

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