Nomads Surfing Nicolas Thyebaut Ecolosport

Sport nature de plus en plus en vogue, le surf possède pourtant un impact écologique important. Depuis 2018, la société Nomads Surfing souhaite améliorer cela en proposant des alternatives plus durables.

Ils sont trois. Trois amoureux du surf qui se sont croisés de par le monde durant leurs expatriations respectives en Asie du Sud-Est. De cette rencontre est née une volonté de fabriquer des équipements de surf éco-responsables. C’est ainsi qu’est né Nomads Surfing. Rencontre avec Nicolas Thyebaut, l’un des trois fondateurs.

A quel moment avez-vous eu l’idée de Nomads Surfing ?

Nicolas Thyebaut : Nous avons eu l’idée de créer Nomads Surfing en 2018. Cette idée vient de la prise de conscience de la pollution maritime plastique. On s’en rend compte en France mais dans une moindre mesure. En Malaisie, par exemple, on surfe littéralement sur du plastique. Nous aimons la nature et ça nous a vraiment choqué. Nous nous sommes demandés ce que l’on pouvait proposer. En fait, à l’époque, il y avait très peu d’alternatives éco-responsables dans le monde du surf. Donc, nous avons décidé de proposer ces alternatives. Avant, c’était un business à côté de notre vrai boulot. L’objectif en 2021 est de pouvoir se rémunérer grâce à notre entreprise.

Vous dites qu’il y avait très peu d’alternatives à cette époque. Vous avez donc dû partir de zéro ?

Nicolas Thyebaut : Dans un premier temps nous avons réalisé des collaborations avec deux entreprises au Portugal pour les pads et les dérives. Nos planches aussi sont réalisées au Portugal. Ce pays possède une grosse industrie dans le domaine du surf et est en avance dans l’utilisation de matières durables. Depuis l’année dernière, nous commençons à rapatrier la conception. Nous avons lancé nos premières dérives fabriquées en France à base de filets de pêche recyclés. Ce projet a été financé sur Ulule et a été lauréat de plusieurs concours. En tout, nous avons réussi à récolter plus de 16 000€.

En 2021, nous souhaitons lancer la fabrication d’un traction pad et d’un leash. Le pad sera produit à partir de liège partiellement recyclé dans le Sud-Ouest. En effet, le liège est une matière naturelle et il n’y a pas besoin de couper l’arbre pour en récupérer. De plus, nous aiderions la filière liège française. Pour le leash, nous souhaiterions utiliser des matières partiellement recyclées et l’assembler à Bordeaux.

Nomads Surfing Nicolas Thyebaut Ecolosport

Crédits : Nomads Surfing

Qu’est-ce qui rend vos produits éco-responsables ?

Nicolas Thyebaut : Initialement, les matériaux pour fabriquer une planche de surf proviennent majoritairement de l’industrie pétrochimique. Nous avons décidé de proposer des planches avec des matériaux en partie recyclés et des matières naturelles telles que le lin et le basalte. Nous souhaitons appliquer le plus possible les principes de l’économie circulaire. Et c’est notamment le cas avec nos produits lifestyle. Ainsi, le polyester utilisé dans nos T-shirts est recyclé. Nous avons aussi pu récupérer les bâches de l’évènement Lacanau Pro afin de fabriquer dans un atelier solidaire des sac à dos, housses de surf et autres pochettes. Et notre gamme s’étoffe de jour en jour.

Nous proposons des également des solutions à des structures sportives afin de valoriser leurs déchets tels que des bâches publicitaires ou des anciens drapeaux. Nous proposons également une offre de sensibilisation.  L’année dernière, c’était avec le Paris Volley avec qui nous avons organisé une action de dépollution. Aujourd’hui, les Girondins de Bordeaux ont fait appel à nous pour revaloriser une partie de leur stock. Grâce à cette solution, les clubs participent à nos côtés à la fois à la sensibilisation sur la pollution marine mais également à développer une démarcher circulaire et responsable au sein de leur organisation.

Mais votre impact ne se résume pas qu’à la fabrication…

Nicolas Thyebaut : En effet, notre activité éco-responsable ne se limite pas seulement à l’utilisation de matériaux recyclés et durables. De la phase de réflexion jusqu’à la vente, nous nous demandons comment limiter au maximum notre impact écologique. Ainsi, en utilisant des matériaux recyclés, on réduit notre impact. Pour la logistique aussi, nous essayons de réduire au maximum. Déjà, nous produisons en Europe et le plus possible en France. Seules les gourdes viennent d’Asie car toutes les réserves d’inox sont en Chine. Ensuite, nous choisissons des transporteurs qui respectent la charte transport mise en place par le Ministère de l’Ecologie.

Nous avons aussi réfléchi au packaging. Nous essayons de trouver des emballages qui ne soient pas à jeter. Pour les planches de surf, nous utilisons les emballages Flexi-hex qui sont 100% recyclables et biodégradables. Pour les plus petits colis, nous avons décidé de collaborer avec la société finlandaise RePack. Cette société propose des emballages réutilisables. Une fois le colis reçu, on peut renvoyer le carton vide qui retournera chez RePack. La société va alors le laver et le réutiliser. Même le papier de remerciement que nous glissons dans nos colis est du papier ensemencé que l’on peut ensuite planter. Nous essayons vraiment de réfléchir à tout ça. Nous avons même des réflexions sur l’utilisation de nos serveurs.

En parallèle, nous nous investissons auprès de trois associations : Project Rescue Ocean en France, Ecoknight en Malaisie et The Lifeboat Project aux Philippines. Nous reversons 5% de nos bénéfices à ces trois associations. Mais en plus de ça, nous nous y engageons concrètement. Par exemple, nous avons organisé deux fois une levée de fonds pour la Malaisie. En France, nous avons plusieurs fois réalisé une opération de nettoyage des plages avec Projet Rescue Ocean. Depuis 2018, nous avons reversés 10 000€ et participé à collecter plus de 3 tonnes de déchets.

Selon vous, est-ce que le monde sportif a un rôle à jouer dans la transition écologique ?

Nicolas Thyebaut : Carrément ! Qu’est-ce qui réunit le plus de monde ? Les événements sportifs ! Je suis persuadé qu’aujourd’hui, le sportif, les équipementiers et même les diffuseurs ont un rôle à jouer. Nous avons tous un rôle à jouer dans la transition. Les sportifs ont un devoir d’exemplarité. Ils ont le pouvoir de faire changer les choses rapidement et facilement. Les clubs aussi. Même des petites actions comme utiliser des gourdes réutilisables peuvent changer les choses.

Nous avons de la chance, chez Nomads Surfing, d’avoir des ambassadeurs sportifs de haut niveau. Renaud Lavillenie surfe sur nos planches. Il permet de montrer qu’il existe des alternatives plus durables. D’autres sportifs participent à nos nettoyages de plage.

Le but est de préserver au maximum les ressources et la planète afin d’envisager un futur durable. Il faut aider les générations futures à pouvoir profiter aussi de la nature. Il est encore temps de changer les choses mais il faut le faire maintenant.

Réagissez !

Bravo !
3
J'adore !
1
Wow !
0
Mouais...
0
Benjamin Dubourguier
Diplômé d'un Mastère Spécialisé en éco-ingénierie, je suis d'avis que le sport, de par ses valeurs et son impact sur la société peut agir afin de rendre le monde meilleur.

    Vous aimerez aussi

    Dans la même rubriqueEntretiens

    Laisser un commentaire

    Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *