Les Carnets de Route du GreeNicoTour, deuxième tome ! Nicolas Vandenelsken est reparti sur les routes de France, toujours en courant et toujours pour sensibiliser sur le sport, la santé et le climat. Objectif : 100 marathons en 100 jours ! Régulièrement, le Nordiste nous racontera son quotidien sur les routes françaises, son ressenti, ses expériences et ses difficultés dans ses Carnets de Route. Troisième chapitre.

« Je commence par une parenthèse : jusqu’à la 63ème étape où je me trouve, les conséquences du changement climatique ont été très présentes. Il a fait beau et chaud comme jamais à cette période, c’est assez hallucinant de le constater et d’en voir ses vraies conséquences. C’est pour cela que je cours, que je fais ce GreeNicoTour.

Revenons à l’étape 43, dans la belle ville de Carcassonne. J’ai été accueilli par leur club d’athlétisme qui fait face à de nombreuses problématiques, liées au développement du club de rugby à XV de la ville. Depuis la montée en PRO D2 de l’US Carcassonne, le club d’athlétisme a perdu des subventions, des pratiques et une partie de sa piste, sans vraie autre solution. Il est dommage de voir que l’on donne trop d’argent au haut-niveau et qu’on délaisse les autres structures. Quelle est la définition du sport ? C’est principalement de faire bouger les gens, surtout les jeunes qui sont de plus en plus sédentaires. Il faut financer ces clubs amateurs, pas uniquement le haut-niveau, car le sport-santé est important. Les villes et les élus doivent aussi développer l’éco-conditionnalité des subventions apportées à leurs clubs.

Le lendemain, je me suis rendu à Revel, au lac de Saint-Férreol. J’ai été très surpris du niveau du lac et en discutant avec les locaux, ils me disaient que c’était la première fois qu’il était aussi bas. Encore une fois, les conséquences du dérèglement climatique sont réelles et visibles. Direction Lavaur ensuite, où j’ai sensibilisé plus de 100 enfants, avec Béatrice, une bénévole d’Uni-Vert Sport. C’était génial de voir que l’on peut construire des liens intergénérationnels car Béatrice a 64 ans. C’est la richesse de notre association ! Cela me permet de souligner à quel point ce GreeNicoTour est collectif, car c’est un gros travail, et de faire un clin d’oeil à tous ces bénévoles sans qui je ne pourrai avancer.

Je suis ensuite passé par de petits villages, comme Saint-Urcisse et Mirabel. J’ai pu y rencontrer quelqu’un qui fabrique du jus de pomme de manière responsable. Je suis toujours ravi de découvrir les gens de ces territoires, qui font des produits locaux intelligemment et qui nous permettent de mieux consommer. Nous sommes ensuite arrivés dans la fameuse ville de Montcuq ! Il fallait que j’y passe, pour la blague. C’était super, notamment la sensibilisation dans leur école. Il y avait des jeunes d’un IME également, et le message autour de la force du collectif était magnifique. J’ai pu manger le soir-même avec le Maire, et au-delà du nom évocateur, je conseille vivement à tout le monde de s’y rendre, c’est un très bel endroit.

Changement de région, place à la Nouvelle-Aquitaine, par Fumel, puis Villeréal, une très belle ville où j’ai dormi dans une salle de danse, sur un tapis. Ça fait partie des anecdotes du GreeNicoTour ! Bergerac ensuite. J’ai pu y rencontrer des sportifs de haut-niveau, dont Yohan Durand, un marathonien qui vise les Jeux de Paris 2024. J’y ai fait la Fresque du sport quiz, ce qui a nourrit de gros débats et ça m’a permis de parler de Match For Green, car on a besoin de former les associations, leurs bénévoles et les élus. Sur la mobilité, par exemple, j’ai débattu avec un entraineur sur les déplacements des équipes. Il faut entendre l’appel de Nikola Karabatic sur la réduction du nombre de matchs et de compétitions. Je pense qu’il faut relocaliser le sport !

Place à la période de vacances, pas évidente à gérer, mais on a pu trouver des sensibilisations à faire. De Mussidan, je suis allé dans le magnifique village d’Aubeterre-sur-Dronne. La Charente est l’un des départements de France les plus pollués aux pesticides, car il y a beaucoup de vignobles. J’ai pu discuter avec les élus, dont ceux de Chateauneuf, à ce sujet. De nombreux agricultures sont malades mais le sujet est un peu passé sous silence au niveau national, alors qu’il est très présent en local. Ma traversée de cette région s’est poursuivie par Matha, Surgère puis Marans, où c’était plus difficile d’entrer.

Le dimanche qui suivait, à Luçon, a été incroyable, j’y ai rencontré des gens inspirants, comme ce couple qui s’est lancé dans le zéro déchet et la location de vélos. Ils ont travaillé les deux derniers mois pour créer l’événement lors de mon passage, avec un grand village, c’était assez dingue ! Tout le long de mon trajet, il y avait des coureurs et des cyclistes, on était systématiquement une trentaine. C’est le marathon du GreeNicoTour que j’ai fait le plus rapidement : l’esprit de groupe donne de l’entrain ! Le Maire veut faire perdurer ce type de rassemblement avec les acteurs locaux, je suis content d’avoir pu contribuer à créer du lien et je rêve que ce soit comme ça chaque week-end.

Nous avons ensuite traversé La Ferrière où, à l’occasion d’Halloween, les jeunes m’ont accueilli avec des masques de mon visage (rires). Ça montre que je commence à marquer les jeunes, c’est amusant. Ça montre aussi que l’on peut écrire de nouveaux récits, que les éco-aventuriers peuvent être des modèles, loin des Mbappé et consorts, ancrés dans un système de surconsommation ! Après Vieillevigne, nous sommes arrivés à Nantes, où Baptiste Romero avait tout organisé, c’était génial et je le remercie. Nous avons pris la direction de Blain ensuite, où je suis intervenu auprès de beaucoup de jeunes. J’y ai rencontré Charly, qui a fini un tour de France à vélo de 10 000km, et qui nous rejoindra bientôt sur le vélo d’accompagnement.

Arrivée du GreeNicoTour en Bretagne, et à Redon, avec une rencontre incroyable. Deux jours auparavant, Jérôme avait parlé avec un monsieur, qui est venu courir avec nous ensuite, jusqu’à Redon. Ce monsieur est le cousin de Mallaury, une jeune femme de 20 ans qui a une maladie orpheline. Elle est venue courir avec moi un petit peu sur les derniers mètres du parcours. Ce moment était très fort, je ne cours pas que pour l’environnement, mais aussi pour d’autres sujets comme la santé. Nous avons discuté et ces maladies peuvent être plus fréquentes à l’avenir, à cause de la malbouffe et de l’air qu’on respire de plus en plus. Le climat, l’alimentation et la santé ont un lien très étroit. Ce sera mon mot de la fin : les jeunes sont de plus en plus sédentaires, ils doivent se mettre davantage au sport. C’est ce que j’essaye de leur dire lors de mes sensibilisations. On doit tous se bouger et se (re)mettre au sport ! »

© Photo à la Une : Jérôme Habasque

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