Joueur emblématique du Fenix Toulouse Handball, le demi-centre Maxime Gilbert (31 ans) est aussi un homme sensible à la protection de l’environnement. Ecolosport s’est entretenu avec lui.

A quel point la protection de l’environnement et les considérations écologiques sont importantes pour vous ?

Maxime Gilbert : J’ai beaucoup d’affection et un lien particulier avec les milieux naturels. Je suis né dans la forêt des Landes, j’ai toujours vécu au grand air. Mes parents – et mon père notamment – sont kayakistes et m’ont toujours amené avec eux lors de voyages à la montagne ou à la mer. Je n’ai jamais vraiment été à la ville quand j’étais jeune. Petit à petit, les questions écologiques me sont arrivées. Aujourd’hui, j’habite à Toulouse, dans un environnement assez fertile pour pouvoir répondre à des questions ou des inquiétudes que l’on peut avoir. La protection de l’environnement est clairement quelque chose d’important dans ma vie.

Cette sensibilité est donc un héritage familial ?

Maxime Gilbert : Oui, mes parents sont très impliqués dans des associations et dans certains combats, sur des sujets différents, autour de notre village dans les Landes girondines. J’ai été bercé dans une sorte de militantisme associatif, social et surtout écologique. C’est mon héritage.

Il y a aussi eu un élément déclencheur. Il y a huit ans, je suis parti en Thaïlande avec ma copine. On a toujours aimé sortir des sentiers battus et aller dans des zones peu touristiques, voire pas touristiques. En étant sur le littoral, nous nous sommes aperçus qu’il y avait des plages complètement dévastées par la pollution, plastique notamment. Quand tu restes dans le circuit touristique, tout est parfait. Quand on regarde derrière la porte, il y a une réelle urgence. A ce moment-là, je me suis dit : « il faut vraiment agir ! »

Dans votre quotidien, qu’essayez-vous de mettre en place pour limiter votre impact ?

Maxime Gilbert : J’essaye de m’intéresser à tout et surtout sur ce que je peux faire dans mon quotidien. À Toulouse, on a la chance d’avoir le Palais des Sports en centre-ville, ce qui me permet de venir en vélo – que j’utilise beaucoup ! – ou en transports en commun, et de n’utiliser que très peu la voiture. J’essaye aussi de transiter vers le zéro déchet mais c’est vraiment très difficile. On a investi dans des bocaux, j’essaye d’aller le moins possible dans les supermarchés, de consommer local. Encore une fois, j’ai la chance d’habiter en centre-ville et de faire un certain nombre de choses plus difficiles à faire si j’étais excentré.

Le gros point noir, c’est l’avion, qu’on est amené à prendre avec le club, lors d’une dizaine de déplacements dans l’année. C’est un sujet très compliqué dans le sport de haut niveau…

Êtes-vous engagé auprès d’une association par exemple ?

Maxime Gilbert : Cela fait 3 ou 4 ans que je suis dans l’association Récup’ Occitanie. Ils font des composteurs d’appartement, qu’ils viennent collecter à vélo et dont le contenu est ensuite revaloriser auprès d’associations ou de partenaires, à qui il fournissent ce compost : acteurs agricoles, maraichers, jardins urbains… J’y suis simplement adhérent, c’est tout. Par contre, à l’avenir, je pense à m’engager plus profondément dans des associations, je ressens le besoin de faire quelque chose de mes mains.

C’est la première fois que vous prenez la parole sur le sujet ?

Maxime Gilbert : Absolument ! Je n’avais jamais ressenti le besoin d’en parler parce qu’il y avait quelque chose d’intime là-dedans. C’est de moins en moins le cas, parce que le sujet est davantage mis en avant. Je mettais ces sujets-là au même niveau que des opinions politiques par exemple, et c’est un peu tabou dans le sport je crois. Mais avec du recul, l’écologie n’est pas un sujet politique pour moi.

Clément Castets, ancien joueur du Stade Toulousain, nous évoquait les chambrages qu’il peut y avoir dans le vestiaire quand il parlait d’environnement…

Maxime Gilbert : Bien sûr ! Je me fais chambrer aussi quand je suis toujours avec ma gourde, quand je refuse des verres en plastique qu’on peut me tendre. Certains mecs n’ont pas du tout cette fibre ou cette sensibilité et il faut qu’ils entendent que c’est un sujet important. C’est difficile d’être un porte-parole parce qu’il faut maitriser le sujet !

Pouvez-vous nous dire un mot sur les engagements du Fenix Toulouse Handball, qui souhaite prendre ce virage environnemental ?

Maxime Gilbert : Le Fenix Toulouse Handball a signé la charte Zone Verte de la Ligue Nationale de Handball, qui vise notamment à bannir toutes les bouteilles en plastique. Nous avons tous des gourdes, par exemple, mais nous sommes dans l’incapacité de les remplir parce que les robinets ou les éviers ne sont pas adaptés au Palais des Sports. On est obligé de faire ça au jet, donc certains préfèrent prendre des bouteilles en plastique… Il faut que tout suive ! L’installation de fontaines n’est pas du ressort du club – puisqu’il n’est pas le seul résident des locaux – mais de la ville, donc le changement est plus long. Le club a aussi organisé l’année dernière, via cette charte de la LNH, un plogging. Il y a d’autres actions. Par exemple, au niveau des VIP, le club a demandé à ce que les prestataires et traiteurs soient dans une démarche éco-responsable : nourriture locale, zéro déchet plastique. Ça va dans le bon sens.

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