Mois de l’innovation publique Sport Eco-responsabilité Ecolosport Paris 2024

Le mois de l’innovation publique, initiative portée par le Ministère de la transformation et de la fonction publiques en novembre 2021, a accordé une attention particulière à l’éco-responsabilité dans les politiques publiques du sport.

En novembre dernier s’est tenue la huitième édition du mois de l’innovation publique. La rencontre, en vidéo ci-dessus et animée par Audrey Moisan, cheffe de projet innovation de la Direction Interministérielle de la Transformation, a permis à quatre acteurs du monde de la culture et du sport français d’échanger sur la pertinence des partenariats de mutualisation de bonnes pratiques. En effet, ces deux secteurs regroupent de nombreux acteurs publics capables de mettre en place des postures éco-responsables susceptibles de limiter l’impact écologique d’événements de grande ampleur.

Ainsi, François Laurent, délégué ministériel aux Jeux Olympiques et Paralympiques du ministère de la Culture, Amandine Singla, Cheffe de la mission sports et développement durable du ministère des Sports, Maryline Lair, directrice du collectif des festivals et Viviane Fraisse Grou-Radenez, responsable RSE de la Fédération Française de Tennis, étaient présents autour de la table lors de ce Mois de l’innovation publique.

Avec des publics parfois similaires, les secteurs du sport et de la culture peuvent mutualiser leurs efforts et leurs méthodologies en termes de bonnes pratiques, d’idées, d’innovation et de sensibilisation du grand public à la transition écologique.

Le partenariat « sport-culture »breton gagnant

En Bretagne, une région pionnière et innovante en faveur des événements éco-responsables, le collectif des festivals et Comité Régional Olympique et Sportif Bretagne ont signé une Convention de partenariat. Maryline Lair, directrice du collectif, a expliqué comment ces deux entités peuvent avoir une complémentarité d’action sur plusieurs problématiques, notamment l’impact environnemental de leurs évènements.

Les 18 et 19 novembre 2021, le premier colloque sur l’organisation des événements sportifs et culturels engagés dans la transition a été organisé. Ce fut l’occasion pour les organisateurs d’événements, les collectivités territoriales, les services de l’État, les partenaires et les parties prenantes de ces événements d’échanger et de co-construire l’éco-responsabilité des événements de demain. A plus long terme, ce partenariat permet de créer des synergies et de mutualiser les moyens en matière de gestion des déchets ou d’achats responsables, notamment lorsqu’il est prévu à la même date deux évènements sportif et culturel.

CROS Bretagne Mouvement Sportif Développement Durable Ecolosport

Un partage de bonnes pratiques concrètes

Lors de ce Mois de l’innovation publique, Viviane Fraisse Grou-Radenez, a rappelé que les échanges croissants entre les différentes parties prenantes du mouvement sportif français (fédérations, organisateurs, collectivités, ministère, etc) favorisent l’émergence de bonnes pratiques communes à différentes échelles.

Rappelons également l’existence de la plateforme RSO ou « d’excellence environnementale par le sport » qui offre un accompagnement à l’ensemble des acteurs du mouvement sportif dans leur responsabilisation sociétale.

En France, on retrouve une volonté commune de tous les acteurs « d’utiliser les pratiques, de les partager et de faire des retours d’expérience », remarque la responsable RSE de la FFT.

La mutualisation des espaces et innovation technique : une vision de long terme

De manière générale, les erreurs du passé ne sont plus reproduites. On ne construit plus un équipement uniquement pour un méga-événement à l’instant T. Lorsque des équipements nouveaux voient le jour, c’est dans le but qu’ils soient (ré)utilisés à long terme, explique notamment François Laurent. Les Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024 en sont l’exemple parfait : ils se dérouleront à 95% sur des sites existants ou temporaires, et une attention particulière est accordée à l’héritage des équipements expressément construits. Les habitants de Saint-Denis, ville la plus jeune de France et également l’une des plus carencée en équipements sportifs, pourront bénéficier du nouveau centre aquatique, et les villages olympiques seront convertis en logements post méga-événement.

Projet villages olympiques – Paris 2024

De plus, la salle multisports du quotidien est de plus en plus pensée pour faire de la culture, du co-working ou encore de la formation. À titre d’exemple, le stade Roland Garros a récemment été entièrement rénové. Le plan de gestion écologique établi à cette occasion oblige l’utilisation des bâtiments à l’année. De fait, le lieu dispose d’un auditorium et d’un terrain inclusif, permettant des séances de sport-santé ainsi que l’accueil d’expositions et de publics pour tout type de manifestations.

D’ailleurs, en 2015, le Stade Roland Garros avait accueilli l’exposition « Secondes Vies. Métamorphoses du matériel sportif «  visant à sensibiliser le plus grand nombre aux enjeux de l’économie circulaire. Cette expérience inédite avait traité les sujets du réemploi, du recyclage et de l’éco-conception par le détournement de l’art, l’artisanat, la mode et le design.

Les challenges de l’avenir

Un certain nombre de problématiques environnementales n’ont pas encore trouvé leur pleine solution. Même si les mobilités douces sont encouragées pour rejoindre un événement, les spectateurs venant de loin représentent parfois, à eux-mêmes, jusqu’à 85% de l’impact environnemental de l’évènement dans son ensemble. Il est avant tout nécessaire que les équipements soient correctement desservis par les transports en commun. Des tarifs avantageux pour les personnes voyageant en train pourraient changer la donne.

L’évènementiel, qu’il soit culturel ou sportif, est évidemment vecteur d’émotion et de partage. Comment sera t-il demain ? Sera-t-il toujours possible d’imaginer la rencontre de milliers de personnes à un endroit du globe pour quelques jours ?

Naturellement passionnée par le sport en tant que sportive de haut niveau, je suis convaincue qu'il est un outil de développement majeur de nos sociétés. Il est désormais nécessaire de rendre sa pratique soutenable et durable afin de pérenniser ce rôle.

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