Les Carnets de Route du GreeNicoTour, deuxième tome ! Nicolas Vandenelsken est reparti sur les routes de France, toujours en courant et toujours pour sensibiliser sur le sport, la santé et le climat. Objectif : 100 marathons en 100 jours ! Régulièrement, le Nordiste nous racontera son quotidien sur les routes françaises, son ressenti, ses expériences et ses difficultés dans ses Carnets de Route. Cinquième et dernier chapitre.

« Étape 80, le symbole est dévoilé. L’objectif du challenge des 20 dernières étapes a un nom : « Ramener Nico chez les ch’tis » ! Deux écoles ont proposé des parcours pour me faire rentrer à Valenciennes. Le 22 novembre, nous sommes donc repartis, direction Montcourt-Fromonville, où nous n’avons pas été bien accueilli par la ville. Nous sommes donc intervenus dans un collège d’une ville voisine. Ensuite, nous sommes allés vers Melun, où Adrien Piquera et sa maman nous ont hébergé, après un passage assez fort et touchant dans un centre aéré. Le lendemain, à Orly, une école primaire d’un quartier défavorisé nous a accueilli. C’est aussi la richesse de ce GreeNicoTour : nous allons de milieux favorisés en milieux défavorisés, et la vision des sujets environnementaux n’est pas la même, et le discours s’adapte. Dans les quartiers défavorisés par exemple, il est vrai qu’il y a plus de pollution visuelle, mais il y a moins de consommation, moins de loisirs parce que moins de moyens et donc une pollution globale moins importante.

L’étape 84 entre Orly et Saint-Denis était particulière, puisque je suis passé par Paris et le Ministère des Sports. Nous avons organisé une Fresque du Sport à une dizaine de salariés du Ministère et j’ai ensuite pu rencontrer et discuter avec Amélie Oudéa-Castera, la Ministre des Sports – ce qui n’était pas du tout prévu. C’est l’AFP, pour l’anecdote, qui a fortement encouragé cet échange. Si parfois il peut y avoir de la récupération politique, je l’ai vraiment senti touchée par cet exploit sportif, et nous nous sommes donnés rendez-vous pour une nouvelle rencontre. En marge de ce passage au Ministère, nous avons lancé une pétition « Adapter le sport au changement climatique en respectant l’intégrité de la nature » que j’invite toutes et tous à signer. Notre but est d’essayer de faire bouger les choses, d’éco-conditionner les pratiques ou l’événementiel sportif par exemple. Nous en avons besoin.

Le lendemain, après une nuit sur un matelas de gym dans une salle de classe à Saint-Denis, nous sommes partis vers Longperrier, puis vers Crépy-en-Valois, une ville labellisée Terre de Jeux, où la dynamique était super intéressante, avec plein de coureurs et cyclistes. Notre parcours nous a mené vers Belleu, puis vers Jonchery-sur-Vesle, où nous avons été super bien accueillis, avec une très bonne sensibilisation, et Pontfaverger-Moronvilliers. Les étapes 90, à Vouziers, et 91, à Signy-l’Abbaye, ont été hyper fortes. Beaucoup de jeunes nous ont accueilli, nous avons fait une grosse sensibilisation avec plus de 100 enfants. Un vrai super souvenir : merci à Julien pour l’organisation. À Signy-l’Abbaye, grâce à mon partenaire MAIF, nous avons été dans un très beau collège, où une fresque géante mettant en avant le symbole du coeur et où était écrit « Sport Planète » avait été créée.

Lille et Valenciennes pour un super week-end d’arrivée du GreeNicoTour

Le froid et l’humidité ont pointé le bout de leur nez au moment où nous allions vers Bogny-sur-Meuse et Signy-le-Petit, avec de superbes accueils à chaque fois. Sur cette étape, j’ai croisé ce fou d’Escargot Anglais, qui a créé l’association 1 déchet par jour. Il est cinglé, mais c’est un super mec et il est très fort, je le félicite pour tout ce qu’il fait ! Direction Marly-Gomont ensuite – dédicace à Kamini – sous la neige, pour la première fois. Je remercie la Mairie, par ailleurs, qui nous a beaucoup aidé. Ensuite, nous avons couru jusqu’à Saint-Quentin, nous sommes allés dans une école plutôt défavorisée et qui accueille aussi des déficients visuels. Nous y avons fait de supers rencontres avec les jeunes. En suivant, nous sommes passés par Péronne, puis Arras et Oignies – où Gulli était là ! -, avant d’arriver à Lille et Valenciennes pour les deux dernières étapes.

Je tiens à souligner, pour l’ensemble du tour comme pour ce week-end d’arrivée, le formidable travail de notre association Uni-Vert Sport. Un immense bravo à eux, je n’aurais pas pu réaliser ce projet sans eux, c’est certain ! Deux grands villages Sport Planète ont été réalisés à Lille et Valenciennes. Nous avons eu beaucoup de monde mais nous aurions pu en avoir davantage sans ce froid glacial. De nombreux ateliers et associations étaient en place sur le week-end, pour rendre le sujet cool et sensibiliser le plus de personnes en leur faisant passer un bon moment. Il a neigé sur la 100e et dernière étape mais j’ai été accompagné par de nombreuses personnes. J’espère qu’avec la Métropole de Valenciennes, partenaire de l’association, nous arriverons à aller encore plus loin à l’avenir, et à réaliser des villages qui interpellent un maximum de gens. L’arrivée a évidemment été très forte émotionnellement, j’ai retrouvé ma mère, ma famille et celle de mon frère. Ce sont les personnes qui me manquent le plus quand je pars aussi longtemps. J’ai pu me relâcher un peu, mais… ce n’était pas totalement terminé !

Le GreeNicoTour, c’est la course dont vous êtes les héros !

Nicolas Vandenelsken

108 marathons jusqu’à Bruxelles : le record du monde en ligne de mire

Cela me trottait dans la tête depuis un moment, et beaucoup m’en parlaient. Le record du monde au Guinness Book était de 106 marathons en 106 jours. Je me sentais bien donc j’ai décidé de prolonger pour faire 108 marathons. J’aurais pu aller vers la Normandie et rejoindre Axel Férard qui finissait également son tour. Finalement, sur l’idée de Jérôme Habasque, nous avons voulu battre ce record en allant symboliquement au Parlement européen à Bruxelles.

C’est une aventure dans l’aventure, possible grâce aux bénévoles, à la MAIF et à Adrien Piquera, qui ont tous travaillé au dernier moment pour cette prolongation du parcours. Sur ces 8 jours, je n’avais donc aucune sensibilisation, aucun hébergement prévu à l’avance, je partais plus tard le matin. Tout était bien différent des 100 premiers jours du GreeNicoTour, comme une forme de décompression, finalement. Je savais les Belges accueillants, ils me l’ont confirmé. Nous sommes ainsi passés par Maubray, Blaregnies, Mons, Nivelles, Wavre, Tervuren avant d’arriver à Bruxelles. J’ai fait durant ces quelques étapes de superbes rencontres : je salue Mélanie Guisset, Nathalie Everard et toutes les personnes qui nous ont accueilli via Warmshower.

Lundi 19 décembre, me voici donc arriver à Bruxelles. Comme tout a été organisé au dernier moment, nous n’avons pas pu faire une grosse mobilisation ou interpeller quelques députés européens. Nous étions plusieurs néanmoins et nous avons pris cette ultime photo souvenir, devant le Parlement européen, avant de discuter avec de nombreuses autres personnes autour d’un café.

Arrivée du GreeNicoTour à Bruxelles

Officiellement, j’aurai ainsi fait 110 marathons, en ajoutant les deux supplémentaires qui me permettaient de rentrer chez moi, à Vieux-Condé. Nous avons fait la demande officielle auprès du Guinness Book, le symbole est important ! Sur le dernier marathon, et pour montrer que mes jambes allaient très bien, j’ai même essayé de le faire en dessous de 4 heures, ce que j’ai réussi (3h52). Physiquement, tout roule, c’est assez dingue. C’est plus difficile psychologiquement, quand on y ajoute les sensibilisations au quotidien.

Le GreeNicoTour, c’est la course dont vous êtes les héros ! Nous avons sensibilisé plus de 3000 personnes, dont 2000 enfants. Je remercie toutes les personnes qui se sont relayées sur le vélo de matériel, dont Charly qui y est resté le plus longtemps. Je remercie celles et ceux de l’association Uni-Vert Sport qui ont contribué à l’organisation de ce tour, à Ecolosport pour ces Carnets de route, à nos partenaires et en particulier la MAIF. Une quarantaine de leur militant(e)s nous ont aidé, partout en France, pour trouver un logement, aller dans les écoles. L’aspect humain de ce partenariat est très important et le dispositif Sport Planète est une vraie force. Une grosse pensée et un grand coup de chapeau également à Jérôme Habasque, qui a vécu toute l’éco-aventure GreeNicoTour de l’intérieur, en vélo, pour faire des photos et filmer. Il y aura un héritage grâce à son travail. Merci pour tout !

Seul on va plus vite, ensemble on va plus loin ! »

Instagram

Inscrivez-vous à la newsletter Ecolosport